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En conférence de presse à Brisbane, Nick Kyrgios raconte un retour construit dans la douleur, assume son statut de phénomène médiatique et s’interroge sur une wildcard pour l’Open d’Australie : « si je ne peux pas offrir l’expérience Kyrgios, je préfère laisser la place ».
En conférence de presse, Nick Kyrgios revient sur ses derniers mois et ses attentes pour 2026. (Alamy)

Nick Kyrgios a un talent rare : même quand il disparaît du circuit, il reste omniprésent dans la conversation. Au media day de l’ATP Brisbane 2026, où il a reçu une wildcard pour effectuer son retour, l’Australien a livré un mélange typiquement kyrgiosien de lucidité, de provocation douce et d’honnêteté presque désarmante.

Il sort d’un mois chargé en visibilité après sa “Battle of the Sexes” face à Aryna Sabalenka, et s’apprête maintenant à revenir dans le vrai monde : celui des points, des corps qui lâchent, des tours de service sous pression. Et c’est là que son constat frappe : l’absence, en réalité, n’a rien d’un repos.

« Quand tu n’es pas sain, tu joues plus au tennis et tu travailles plus », explique-t-il. « Quand tu es sain, tu joues un match, tu vas au physio et tu retournes à l’hôtel. C’est simple. Mais quand tu gères la charge, que tu rééduques, que tu vas à la salle, que tu fais du conditionnement et que tu es sur le court… tu te fatigues encore plus. C’est plus stressant et tu es plus concentré mentalement sur ce que tu dois faire quand tu n’es pas à 100 %. »

Kyrgios décrit presque une vie parallèle : celle d’un joueur “en tournée” sans être sur les tableaux : « J’ai l’impression d’avoir été en tournée tout le temps, mais je ne l’ai pas été, d’une certaine manière », dit-il.

Et puis, il lâche la phrase qui résume parfaitement son paradoxe médiatique : « C’est drôle, parce que je suis toujours l’un des joueurs dont on parle le plus, mais je n’ai presque pas joué un match. »

La wildcard pour l’Open d’Australie ? Kyrgios hésite… et surprend

La question de son “mérite” pour une invitation à l’Open d’Australie 2026 est déjà un mini-feuilleton. Kyrgios, lui, refuse le discours facile. Il dit vouloir revenir pour lui, pas pour le chèque, pas pour l’image :

« Je veux me prouver que je n’ai pas besoin de jouer pour l’argent, ni pour quoi que ce soit. Je joue ce tournoi parce que je veux me battre. »

Kyrgios se dit prêt pour la saison 2026 (Alamy)
Kyrgios se dit prêt pour la saison 2026 (Alamy)

Mais c’est surtout la suite qui tranche avec le personnage qu’on caricature souvent : Kyrgios dit clairement qu’il ne veut pas prendre la place d’un jeune si son corps ne suit pas.

« Je ne veux pas être ce joueur qui enlève des opportunités aux jeunes qui se sont préparés pour avoir une wildcard. Si je me sens super bien, que je passe cette semaine et que je sens que je peux jouer l’Open d’Australie et vraiment en profiter, alors oui. Mais si je ne peux pas offrir “l’expérience Kyrgios”, je préférerais la donner à quelqu’un qui l’a méritée et qui est à 100 % pour commencer quelque chose de spécial dans sa carrière. »

Le mot est lâché : “expérience”. Kyrgios sait qu’il est devenu un produit autant qu’un joueur et il ne veut pas débarquer à Melbourne à moitié cassé, comme une version édulcorée de lui-même.

“Le bruit” continue, même loin des courts

Kyrgios parle aussi de cette dernière période, où son nom s’est retrouvé partout. Il s’amuse presque de l’absurde, mais on entend aussi une forme de fierté réelle : « Le dernier mois a été assez scandaleux. Je remplis les salles… un gars de Canberra qui remplit le Madison Square Garden, Dubaï… c’est dingue. »

Et il conclut avec une phrase qui ressemble à un aveu : à ce stade de sa carrière, revenir sur un vrai circuit n’est plus une évidence, c’est une chance.

« Je suis très fier de moi sur ce dernier mois et j’ai hâte de ressortir et de rivaliser au plus haut niveau. C’est une bénédiction à ce stade. »

Brisbane n’est pas juste un tournoi de reprise : c’est un test. Pas seulement de niveau. Mais de corps, de patience, et d’un joueur qui veut vérifier si le mythe Kyrgios peut redevenir un joueur ATP à temps plein, au-delà du spectacle.

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