La première campagne de Rafael Jodar à l’US Open a tourné court. Et de manière particulièrement brutale. Tête de série n°12 à New York, le jeune Espagnol s’est incliné 6-2, 6-1, 6-1 face au lucky loser chinois Buyunchaokete, qui n’avait encore jamais remporté le moindre match en Grand Chelem.
Une immense surprise au regard de la saison réalisée par Jodar. Champion à Marrakech, finaliste à Washington, demi-finaliste à Montréal et quart-de-finaliste à Roland-Garros, le joueur de 19 ans était passé de l’extérieur du top 100 au 13e rang mondial en quelques mois.
Mais mercredi, rien n’a véritablement fonctionné.
BU JUST DID THAT 🙌
He takes out the in-form Jodar, dropping just FOUR game! pic.twitter.com/fwLZ7MNGrQ
— US Open Tennis (@usopen) September 2, 2026
Jodar n’a jamais trouvé la solution
Initialement programmée mardi avant d’être reportée en raison de la pluie, la rencontre a une nouvelle fois été interrompue par les conditions météorologiques. Cela n’a pas empêché Buyunchaokete de conserver son emprise sur le match.
En 1h48, Rafael Jodar n’a remporté que quatre jeux. L’Espagnol a terminé la rencontre avec 37 fautes directes pour seulement 15 coups gagnants et n’a surtout obtenu aucune balle de break sur le service de son adversaire.
Sa plus lourde défaite de la saison. Mais lorsqu’il lui a été demandé d’expliquer pourquoi il n’avait pas réussi à montrer son meilleur niveau, Jodar a refusé de chercher des circonstances atténuantes.
« Il a mieux joué que moi et c’est la raison pour laquelle il a gagné aujourd’hui. »
Relancé sur son état physique, sa réponse a été tout aussi claire.
« Physiquement, ça allait. C’est tout. C’est comme ça que le match s’est déroulé. Il a mieux joué que moi, donc il méritait de gagner aujourd’hui. »
« J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même »
Même lorsque la question lui a été posée sur ses sensations avec la balle et un niveau de jeu inhabituellement faible, Jodar n’a pas souhaité chercher d’excuse.
« J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même aujourd’hui. Ce n’était simplement pas mon jour. »
Le jeune Espagnol préfère replacer cette contre-performance dans le contexte beaucoup plus large de sa première véritable saison au plus haut niveau.
« J’ai réalisé une bonne saison dans l’ensemble. Maintenant, je vais avoir un peu de temps pour récupérer, réfléchir à ce tournoi et à ce que je peux en apprendre. »
L’attente provoquée par la pluie n’a pas davantage servi d’explication à sa défaite. Jodar avait déjà attendu une bonne partie de la journée mardi avant le report de son match et a encore dû composer avec une interruption mercredi.
« J’ai géré ça de la meilleure manière possible. Je savais que ça n’allait pas être facile parce que j’avais beaucoup attendu hier et aujourd’hui également. Mais c’est comme ça. Nous ne pouvons pas contrôler la pluie et c’est difficile pour les deux joueurs. »
Ni blessure, ni fatigue pour Jodar
Après les nombreux matchs disputés depuis le début de l’année et une tournée nord-américaine particulièrement chargée, la question de la fatigue pouvait également se poser.
Jodar venait notamment d’atteindre la finale à Washington puis les demi-finales du Masters 1000 de Montréal. Il termine cette tournée estivale sur dur avec un bilan de 10 victoires pour quatre défaites.
Mais là encore, l’Espagnol a été catégorique lorsqu’il lui a été demandé si l’accumulation des matchs commençait à peser.
« Non, non. Ce n’est pas de la fatigue pour moi. »
Jodar n’a donc voulu associer son élimination ni à un problème physique, ni aux conditions météorologiques, ni à l’enchaînement des rencontres.
Un discours cohérent avec celui tenu dès les premières minutes de sa conférence : Buyunchaokete a simplement été meilleur que lui.
« La première fois peut arriver à n’importe qui »
Quelques minutes seulement après une défaite aussi brutale, Rafael Jodar reconnaissait ne pas encore avoir toutes les réponses.
« Le match vient juste de se terminer, donc je ne sais pas vraiment encore ce que je peux améliorer et ce que je devrai faire la prochaine fois. »
À seulement 19 ans et pour sa première saison complète parmi l’élite, l’Espagnol sait surtout que ce type de déconvenue fera partie de son apprentissage.
« Je suis nouveau sur le circuit. Des choses comme celle-ci vont arriver parce que je suis nouveau. Je dois simplement essayer d’en tirer des leçons pour que cela ne se reproduise pas. »
Et Jodar a terminé avec une réflexion qui résume parfaitement son état d’esprit après cette immense désillusion :
« La première fois, ça peut arriver à n’importe qui. Nous sommes humains. La deuxième fois, ce serait mauvais si je n’avais rien appris de celle-ci. »