Le n°3 mondial Carlos Alcaraz continue d’impressionner pour son retour à la compétition. Après quatre mois d’absence, l’Espagnol a dominé Tommy Paul en trois manches (6-4, 6-3, 6-4) pour rejoindre les quarts de finale de l’US Open.
À l’issue de la rencontre, l’Américain n’a pas cherché à minimiser l’écart entre les deux joueurs. Au contraire, il a livré une analyse particulièrement lucide de la performance d’Alcaraz et de l’évolution de son jeu.
« Il jouait à un niveau différent du mien »
Dès les premières minutes de sa conférence de presse, Tommy Paul a reconnu avoir été surclassé.
« Il jouait très vite, frappait très bien son coup droit. J’ai eu l’impression qu’il m’a simplement dominé, qu’il jouait à un niveau différent du mien. »
L’Américain estime qu’il aurait pu mieux faire dans plusieurs domaines, sans pour autant être certain que cela aurait changé le résultat.
« J’aurais pu faire beaucoup de choses mieux, mais j’aurais aussi pu beaucoup mieux jouer et quand même perdre ce match. »
Une impression d’impuissance qu’il a ensuite résumée de manière encore plus directe.
« L’écart entre nos niveaux aujourd’hui était énorme. C’est une sensation terrible quand on est sur le court. »
« Oui, ça devient de pire en pire »
Interrogé sur ses nombreuses confrontations avec Alcaraz au fil des années, Paul a d’abord répondu avec humour.
« Oui, ça devient de pire en pire. »
Derrière la plaisanterie, l’Américain a surtout expliqué pourquoi l’Espagnol est devenu de plus en plus difficile à manœuvrer.
« Plus tôt dans sa carrière, on pouvait jouer un revers slicé croisé et il répondait généralement avec son revers. Maintenant, si tu joues ce même coup, il se décale et frappe un coup droit. »
Une évolution qui oblige désormais ses adversaires à repenser leur plan de jeu.
« Avant le match, on s’était dit qu’il fallait essayer de ne pas trop slicer, parce que ce n’est presque plus efficace. Il va trouver un coup droit et te faire courir. »
Et les progrès d’Alcaraz ne se limitent pas à cette capacité à se décaler.
« Son retour et sa deuxième balle se sont aussi énormément améliorés ces dernières années. Honnêtement, il a progressé dans presque tous les domaines de son jeu. »
Un coup droit qui laisse peu de solutions
Paul a également insisté sur la difficulté de défendre face au coup droit de l’Espagnol, particulièrement lorsqu’il parvient à prendre l’initiative depuis le côté revers.
« Il n’y a pas grand-chose à défendre, surtout quand il le frappe comme il le souhaite. »
Pour éviter de subir, l’Américain estime qu’il doit lui-même être beaucoup plus performant dans certaines zones du court.
« Je dois beaucoup mieux jouer mon revers pour ne pas lui permettre de frapper des coups droits depuis ce coin du court. C’est là que son coup droit est mortel. »
L’objectif est simple : empêcher Alcaraz d’installer son jeu offensif.
« Je ne veux pas devoir courir après les balles pendant tout le match. S’il est constamment à l’attaque avec son coup droit, il va probablement gagner le match. »
« Moi, je ne serais pas capable de le faire »
Au-delà du niveau affiché pendant leur huitième de finale, Tommy Paul s’est également montré admiratif de la manière dont Alcaraz a retrouvé la compétition après quatre mois d’absence.
« Carlos est différent, je suppose. Pour moi, il faut quelques tournois pour revenir et me sentir vraiment bien, ou au moins quelques matchs serrés. »
L’Espagnol, lui, semble avoir retrouvé immédiatement un niveau capable de faire la différence en Grand Chelem.
« C’est impressionnant de prendre autant de temps d’arrêt et de revenir en jouant aussi bien qu’il le fait. »
Avant de conclure avec une forme d’admiration assumée :
« Moi, je ne serais pas capable de le faire, c’est certain. »