Le directeur de Tennis Australia ouvre la porte à une réduction des matchs au meilleur des cinq sets

Fraîchement nommé à la tête de Tennis Australia, Andrew Abdo a ouvert la porte à une évolution majeure du format des Grands Chelems. Lors du sommet SportNXT à Melbourne, le dirigeant australien a notamment évoqué la possibilité de ne plus jouer tous les matchs masculins au meilleur des cinq sets et de modifier le système de comptage des points.
Andrew Abdo et Craig Tiley à l'Open d'Australie (Daniel Pockett/Getty Images) Andrew Abdo et Craig Tiley à l'Open d'Australie (Daniel Pockett/Getty Images)
Andrew Abdo et Craig Tiley à l'Open d'Australie (Daniel Pockett/Getty Images)

Le débat sur le format des matchs masculins en Grand Chelem pourrait revenir au centre de l’actualité. Andrew Abdo, qui a définitivement succédé à Craig Tiley à la tête de Tennis Australia et en tant que responsable de l’organisation de l’Open d’Australie au mois d’août, estime que le tennis doit accepter de réfléchir à des changements profonds s’il veut continuer à séduire les nouvelles générations.

« Les règles, le format et le produit doivent évoluer »

Interrogé sur l’avenir du tennis lors du sommet SportNXT à Melbourne, Andrew Abdo a directement évoqué la possibilité de faire évoluer le format actuellement utilisé dans les quatre tournois du Grand Chelem.

« Peut-être qu’à l’avenir, dans les Grands Chelems, selon les tours ou la durée des matchs, nous ne jouerons peut-être plus au meilleur des cinq sets tout au long du tournoi. Peut-être que le système de comptage des points changera », a-t-il déclaré.

Une déclaration importante puisque les matchs masculins de simple sont aujourd’hui disputés au meilleur des cinq manches pendant l’intégralité des quatre tournois majeurs.

Le nouveau patron de Tennis Australia ne cache pas sa volonté de moderniser le tennis : « Il existe peut-être différentes façons d’impliquer et de divertir le public sans perdre l’essence de ce qui rend ce sport vraiment spécial. »

Selon lui, le tennis ne peut pas uniquement raisonner en fonction de ses traditions historiques.

Le sport doit également prendre en compte les habitudes de consommation du public et la concurrence avec les autres disciplines : « Si vous voulez maximiser vos résultats commerciaux, nous sommes dans le secteur du divertissement, n’est-ce pas ? Le sport est un divertissement, et il y a évidemment un athlétisme incroyable à ce niveau, mais les règles, le format et le produit doivent évoluer. »

Le risque de « rester derrière » les autres sports

Andrew Abdo reconnaît que toute modification des règles historiques du tennis provoquerait inévitablement des résistances : « Je pense que ce sont les questions que nous devons explorer et approfondir, et je pense qu’il y a une place pour cette évolution. Si vous écoutez les puristes, ils diront : ‘Ne touchez pas à ça.’ »

Mais pour le dirigeant australien, le risque serait justement de refuser toute réflexion : « Mais en réalité, si vous regardez les sports dans le monde, si vous ne réfléchissez pas à votre produit d’une manière contemporaine, d’une manière qui permette de toucher les jeunes, je pense que vous allez être laissés derrière. »

Une réflexion qui dépasse donc largement la seule question des matchs en cinq sets. Abdo souhaite que le tennis cherche continuellement de nouvelles manières d’attirer et de fidéliser son public : « Nous devons être constamment en mouvement, être curieux et trouver de nouvelles façons de toucher les publics. »

Arrivé à la tête de Tennis Australia après le départ de Craig Tiley, Andrew Abdo affiche également des objectifs très élevés pour les prochaines années.

Il souhaite notamment faire du tennis le sport le plus pratiqué et le plus populaire en Australie dans les cinq ans à venir : « Nous avons beaucoup de raisons d’être fiers, mais nous ne pouvons pas rester immobiles. Nous sommes actuellement troisièmes en Australie en matière de pratique, et je pense que nous pouvons devenir premiers au cours des cinq prochaines années. »

Le dirigeant ambitionne également de continuer à faire grandir l’Open d’Australie afin d’en faire le Grand Chelem le plus important et le plus performant au monde.

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