Il était éliminé avant même le début du tableau principal. Dix jours plus tard, Arthur Gea a touché du doigt une qualification historique pour les quarts de finale de l’US Open.
Sur le Grandstand, le dernier Français encore en lice a longtemps semblé en mesure de poursuivre son conte de fées, avant de voir Botic van de Zandschulp renverser une rencontre au scénario insensé.
Deux sets d’avance et une balle de match
Arthur Gea avait pourtant parfaitement lancé son huitième de finale. Face au 70e mondial, le Français a profité des nombreuses fautes adverses pour remporter la première manche 6-3.
Dans le deuxième set, il a dû effacer un retard de 4-1 avant de survoler le jeu décisif, remporté 7 points à 0. À deux manches à rien, le Vauclusien se retrouvait à un set d’un premier quart de finale en Grand Chelem.
Le troisième acte a offert un nouveau scénario renversant. Après avoir été mené, Gea est revenu dans la manche et a pris les devants dans le tie-break. À 6-5, il s’est procuré une balle de match, mais son revers à la volée est resté dans le filet. Van de Zandschulp a finalement remporté le jeu décisif 9-7 pour relancer complètement la rencontre.
Malgré cette opportunité manquée, Gea n’a pas baissé les bras. Il a continué de rivaliser physiquement et mentalement avec le Néerlandais, pourtant bien plus expérimenté.
À 4-4 dans le quatrième set, le Français est allé chercher un break au filet et s’est retrouvé à servir pour le match à 5-4. Mais Van de Zandschulp a immédiatement débreaké avant de remporter un nouveau tie-break, 7-3.
Le match basculait alors dans une cinquième manche, la troisième disputée par Gea depuis le début du tableau principal.
5h13 de combat et une fin déchirante
Le dernier set a encore été marqué par de nombreux rebondissements. Breaké d’entrée sur une double faute, Gea a immédiatement réagi pour revenir dans la partie.
À 3-3, Van de Zandschulp a finalement fait la différence au terme d’un jeu interminable, convertissant sa cinquième balle de break. Le Français a continué de se battre et s’est même procuré une occasion de débreak lorsque son adversaire servait pour le match.
Son dernier coup droit a toutefois terminé dans le filet, mettant fin à la rencontre après 5h13 de jeu, le match le plus long de cette édition 2026 de l’US Open.
Le score final, du point de vue du Français : 6-3, 7-6(0), 6-7(7), 6-7(3), 4-6.
One for the books!
Botic Van de Zandschulp outlasts Arthur Gea in five sets on Grandstand. pic.twitter.com/Tv5UNM0dmk
— US Open Tennis (@usopen) September 8, 2026
La statistique résume à elle seule la cruauté de cette rencontre : Arthur Gea a remporté 208 points contre 201 pour Botic van de Zandschulp, soit sept de plus que le vainqueur.
Le Français a également vu s’écouler 2h29 entre sa balle de match dans le troisième set et celle convertie par le Néerlandais. Une durée qui illustre l’ampleur du combat et les multiples occasions qu’il a eues de conclure.
Gea était tout proche de devenir le premier lucky loser de l’histoire à atteindre les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem. Il faudra finalement attendre encore pour voir un Français rejoindre les huit derniers d’un Majeur : Gaël Monfils, à l’Open d’Australie 2022, reste le dernier homme tricolore à avoir atteint ce stade.
Du repêchage à une nouvelle dimension
La déception est immense, mais elle ne doit pas effacer le parcours réalisé par Arthur Gea à New York.
Éliminé au dernier tour des qualifications, le Français avait été repêché grâce au forfait de Casper Ruud. Il a ensuite battu Juan Manuel Cerundolo, Zachary Svajda et Michael Zheng pour atteindre les huitièmes de finale de son premier US Open.
À 21 ans, il a découvert la deuxième semaine d’un Grand Chelem et démontré une capacité remarquable à enchaîner les longs combats. Ce huitième de finale était son septième match de la quinzaine, et il a tenu physiquement pendant plus de cinq heures.
Parti de la 241e place mondiale en début de saison, Gea va réaliser une progression importante au classement ATP grâce à ce parcours. Virtuellement 63e mondial, il s’installe désormais à un tout autre niveau sur le circuit.
L’aventure new-yorkaise s’achève donc avec des regrets considérables. Elle restera néanmoins comme le tournoi où Arthur Gea, repêché alors qu’il pensait être éliminé, a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs et rêver d’un quart de finale en Grand Chelem.