Coco Gauff soutient l’idée d’un boycott : « Certains des 200 meilleurs joueurs vivent encore au jour le jour »

Finaliste à Rome l’an dernier, Coco Gauff revient avec des ambitions… mais aussi une parole sur la crise du prize money dans les Grands Chelems. L’Américaine soutient l’idée d’un boycott collectif et appelle à une véritable union des joueurs.
Coco Gauff s'est exprimée au sujet d'un potentiel boycott en Grand Chelem (Getty Images) Coco Gauff s'est exprimée au sujet d'un potentiel boycott en Grand Chelem (Getty Images)
Coco Gauff s'est exprimée au sujet d'un potentiel boycott en Grand Chelem (Getty Images)

De retour au WTA 1000 de Rome, Coco Gauff retrouve un tournoi où elle avait atteint la finale en 2025. Une expérience qui reste marquante malgré la défaite : « L’année dernière a été un très bon tournoi pour moi. C’était difficile de perdre la finale, mais c’était une belle expérience. »

Comme plusieurs joueuses du circuit, Gauff avait quitté Madrid diminuée physiquement par la maladie. Mais la n°4 mondiale assure avoir rapidement retrouvé toutes ses sensations : « J’ai pris trois jours de repos après mon dernier match. Dès mon premier entraînement, je me sentais à 100 %. »

Elle garde même du positif de cette période compliquée : « Je n’étais pas à 100 % dans mon dernier match et pourtant j’ai eu des opportunités. Il y a quand même des choses positives à retenir. »

Le sujet brûlant : vers un boycott des Grands Chelems ?

Mais comme Aryna Sabalenka quelques heures plus tôt, Coco Gauff a surtout marqué cette conférence de presse par ses déclarations sur la crise du prize money.

Depuis plusieurs semaines, le collectif de joueurs emmené notamment par Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Aryna Sabalenka ou encore Iga Swiatek dénonce notamment une baisse du pourcentage des revenus redistribués aux joueurs à Roland-Garros, estimé à 14,9 % en 2026, malgré l’augmentation continue des recettes du tournoi.

Interrogée sur l’idée d’un boycott évoquée par Sabalenka, Gauff n’a pas hésité à afficher son soutien : « Oui, honnêtement, je suis plutôt d’accord avec ça. »

“Il faut une union des joueurs”

La championne américaine estime que le tennis doit désormais évoluer vers un modèle plus structuré, proche des grandes ligues nord-américaines : « Pour faire avancer massivement les choses, il faut une union. »

Elle prend notamment l’exemple de la WNBA, où les joueuses ont réussi à obtenir des avancées importantes grâce à une action collective : « Si tous les joueurs avancent ensemble et collaborent, alors oui, je peux totalement imaginer un boycott. »

Un point essentiel selon elle : agir collectivement : « Je ne veux pas être la seule à ne pas jouer pendant que les autres jouent normalement (sourire). »

“Les joueurs classés autour de la 200e place vivent au jour le jour”

Gauff insiste surtout sur une idée : ce combat dépasse largement les stars du circuit : « Les gens pensent parfois qu’on veut toujours plus. Mais ce n’est pas seulement pour nous. »

La joueuse de 22 ans met en avant la situation financière de nombreux joueurs moins bien classés : « Quand on voit combien les Grands Chelems gagnent, c’est malheureux de voir que des joueurs faisant partie des 200 meilleurs vivent encore au jour le jour. »

Un contraste qu’elle juge difficilement acceptable dans un sport mondialement rentable : « Dans d’autres sports, ce débat n’existe même pas. »

Gauff explique avoir progressivement pris conscience de ces problématiques en discutant avec d’autres joueurs et en étudiant les chiffres du circuit : « Quand tu regardes les faits et les chiffres, tu comprends que c’est important. »

Elle voit aussi cette mobilisation comme une responsabilité pour sa génération : « Je veux laisser ce sport dans un meilleur état que celui dans lequel je l’ai trouvé. »

Pour Gauff, le simple fait que les meilleurs joueurs et joueuses du monde parlent d’une seule voix constitue déjà une avancée majeure : « Voir tous les top 10 d’accord sur quelque chose, je pense que c’est une première depuis très longtemps dans notre sport. »

Et même si aucun boycott concret n’est encore décidé, le rapport de force semble évoluer rapidement à l’approche de Roland-Garros.

À Rome, la n°3 mondiale fera son entrée en lice contre Yulia Putintseva ou Tereza Valentova ce week-end.

Ajouter un commentaire Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article précédent
Arthur Rinderknech ne participera pas au Masters 1000 de Rome (Image d'illustration - Mateo Villalba/Getty Images)

Masters 1000 Rome : Arthur Rinderknech déclare forfait à quelques semaines de Roland-Garros

Article suivant
Adrian Mannarino peine à retrouver le chemin de la victoire en 2026. (Getty Images)

Masters 1000 Rome : Adrian Mannarino concède sa 13e défaite consécutive sur terre battue