De retour sur le circuit ATP après plusieurs mois d’absence, Novak Djokovic n’a pas seulement parlé tennis lors de sa conférence de presse avant son entrée en lice au Masters 1000 de Rome.
Le Serbe, qui disputera vendredi son premier match de la saison sur terre battue face à Dino Prizmic, a surtout pris position avec force sur le conflit grandissant entre les joueurs et les Grands Chelems.
Et comme souvent lorsqu’il s’agit de politique du tennis, Djokovic n’a pas esquivé le sujet.
« Les joueurs auront toujours mon soutien »
Interrogé sur les récentes déclarations d’Aryna Sabalenka, qui a évoqué l’éventualité d’un boycott des Grands Chelems dans le conflit autour des revenus redistribués aux joueurs, Djokovic a immédiatement affiché son soutien : « Les joueurs savent qu’ils auront toujours mon soutien. »
Un positionnement logique pour celui qui fut président du Conseil des joueurs ATP et surtout cofondateur de la Professional Tennis Players Association (PTPA), créée en 2020 afin de défendre les intérêts des joueurs face aux instances du tennis.
Le Serbe a également salué publiquement l’implication de Sabalenka dans ce combat : « Je suis heureux de voir qu’il y a une volonté de la part des leaders de notre sport, comme Sabalenka, de vraiment comprendre comment fonctionne la politique du tennis et ce qui doit être fait non seulement pour elle, mais pour tout le monde. Pour moi, c’est du vrai leadership. »
Depuis plusieurs semaines, les tensions augmentent entre les meilleurs joueurs du monde et les Grands Chelems, notamment autour de Roland-Garros. Les joueurs dénoncent une redistribution des revenus jugée insuffisante, un manque de consultation et l’absence de véritables protections sociales pour les joueurs hors du Top mondial.
Djokovic estime que le problème dépasse largement la simple question du prize money : « La position des joueurs n’est pas là où elle devrait être avec les Grands Chelems et les circuits. »
Une situation qu’il dénonce depuis de nombreuses années déjà.
« Le système ne bénéficie pas aux joueurs »
Dans une prise de parole particulièrement forte, Djokovic a expliqué pourquoi il avait créé la PTPA : « Le système est construit d’une manière qui ne bénéficie pas aux joueurs dans tous les domaines. »
Le Serbe a ensuite développé un sujet qu’il évoque régulièrement depuis plusieurs années, la précarité d’une immense partie du circuit professionnel : « Nous sommes probablement le seul sport mondial où les joueurs les moins bien classés n’ont pas de sécurité financière réelle. »
Selon lui, une grande majorité des joueurs professionnels ne parvient même pas à réellement vivre du tennis une fois les frais de déplacement, d’encadrement et d’entraînement payés : « Quand on parle de vivre du tennis, c’est avoir quelque chose à économiser à la fin de l’année après avoir couvert tous les coûts. Et ce nombre de joueurs est très faible. »
Djokovic a également livré une critique extrêmement directe de la gouvernance actuelle du tennis : « Les joueurs au sein du Conseil des joueurs n’ont absolument aucun pouvoir. »
Une phrase lourde venant d’un homme qui a occupé lui-même ce rôle pendant plusieurs années. Le Serbe estime que la structure même du tennis empêche les joueurs d’obtenir de véritables avancées : « La structure est pensée d’une manière où les joueurs ne peuvent simplement pas obtenir ce qu’ils veulent. »
Selon lui, c’est précisément pour cette raison que les meilleurs joueurs tentent désormais de négocier directement avec les Grands Chelems.
Retour sur le court… avec des attentes mesurées
Sur le plan sportif, Djokovic effectuera à Rome son retour officiel à la compétition après ses différents forfaits depuis sa défaite à Indian Wells.
Touché physiquement ces dernières semaines, le Serbe a expliqué avoir dû retarder son retour : « Je voulais revenir plus tôt sur le circuit, mais la blessure m’en a empêché. »
Même s’il reste l’un des plus grands joueurs de l’histoire sur terre battue, Djokovic arrive cette fois avec prudence : « Mon objectif ultime sur cette surface reste Roland-Garros et essayer d’y jouer mon meilleur tennis. »
Le Serbe reconnaît d’ailleurs aborder ce tournoi avec des attentes plus basses que d’habitude : « Je veux bien faire ici, mais j’ai des attentes plus faibles. »