Le tennis mondial pourrait-il un jour connaître un cinquième tournoi du Grand Chelem ? L’idée semblait encore totalement irréaliste il y a quelques années. Pourtant, Angelo Binaghi, président de la fédération italienne de tennis depuis 2001, pousse désormais cette ambition au grand jour.
Dans un entretien accordé à l’AFP et à AP, le dirigeant italien a clairement affiché ses intentions : remettre en cause la domination historique des quatre Grands Chelems et installer l’Italie au centre du tennis mondial.
« J’essaie de faire exploser ce monopole »
À la tête du tennis italien depuis 2001, Angelo Binaghi estime que le système actuel avantage excessivement les quatre Grands Chelems historiques : « Ce monopole est quelque chose de scandaleux et un lourd handicap pour le tennis. »
Le dirigeant de 65 ans critique un modèle qu’il juge verrouillé : « Il n’existe pas un système méritocratique alors que le système actuel protège ceux qui ne font pas le maximum pour le tennis. »
Le patron du tennis italien a également soutenu les revendications récentes des joueurs concernant une meilleure redistribution des revenus générés par les tournois du Grand Chelem.
« Les revendications des joueurs et des joueuses sont absolument légitimes. Il y a quatre pays dans le monde qui ont une montagne d’argent à investir dans leur tennis que les autres nations n’ont pas. J’essaie de faire exploser ce monopole », a-t-il déclaré.
Un Grand Chelem en Italie ?
Binaghi affirme désormais ouvertement vouloir organiser un cinquième Grand Chelem en Italie. Même si le projet reste encore flou, il assure que plusieurs options sont déjà envisagées : « Il est évident que nous avons nos idées mais nous sommes clairement disposés à l’organiser n’importe où en Italie et sur n’importe quelle surface. »
Le dirigeant italien appelle toutefois à la discrétion pour le moment : « Soyez patients, laissez-nous travailler dans la discrétion pour trouver les meilleures solutions possibles. »
Le président de la fédération italienne estime que le contexte actuel rend ce projet crédible, notamment grâce à l’explosion du tennis italien ces dernières années : « Ce que vit le tennis actuellement en Italie sera difficilement réplicable à l’avenir. »
Une dynamique évidemment portée par Jannik Sinner, actuel n°1 mondial et véritable phénomène national.
Angelo Binaghi semble en tout cas déterminé à mener ce combat jusqu’au bout : « Tant que je serai dirigeant, j’essaierai de l’obtenir. »
Avant de conclure avec une phrase forte : « Si nous n’y arrivons pas, le tennis perdra une occasion unique car personne n’y arrivera dans les cent prochaines années. »