Longtemps considéré comme l’un des joueurs les moins à l’aise sur terre battue parmi les membres du top mondial, Daniil Medvedev arrive pourtant à Roland-Garros dans une dynamique différente cette année.
Revenu dans le top 10 il y a deux mois après une période plus compliquée, le Russe reste sur deux belles semaines, à Madrid et surtout à Rome, où il a été le joueur ayant le plus poussé Jannik Sinner dans ses retranchements sur cette tournée européenne.
« J’essaierai toujours de le battre »
À Rome, Medvedev est passé tout proche de faire tomber un Sinner pourtant invaincu depuis des semaines. Une bataille intense remportée finalement par l’Italien en trois sets, après plus de deux jours de combat.
Pour le Russe, il n’existe aujourd’hui aucune recette miracle face au patron du circuit : « Pour battre Jannik, tout doit être parfait. Il faut très bien servir, très bien retourner, courir partout… Tout doit être au plus haut niveau parce que son jeu, lui, est au plus haut niveau partout. »
Le Moscovite explique notamment pourquoi les échanges de revers contre Sinner sont devenus l’un des plus grands défis du tennis mondial actuel : « Il peut accélérer long de ligne à n’importe quel moment et presque à chaque fois faire le point gagnant. Peu de joueurs sont capables de faire ça pendant trois sets entiers. »
Même lorsqu’il semble pris de vitesse, le n°1 mondial parvient constamment à se replacer : « Quand vous essayez de le prendre à contre-pied, il est quand même là. »
Malgré ses nombreuses défaites récentes face à l’Italien, Medvedev affirme paradoxalement prendre énormément de plaisir dans cette rivalité : « Même les matchs que je perds contre lui, je les apprécie. C’est un énorme défi et j’essaierai toujours de le battre. Certains matchs ont été très serrés. Je me dis simplement qu’au prochain, je devrai encore faire un peu mieux. »
L’absence d’Alcaraz ne change « rien » pour lui
Forfait pour Roland-Garros et Wimbledon, Carlos Alcaraz laisse forcément un vide immense dans ce tournoi. Avec Jannik Sinner, l’Espagnol dominait largement le circuit, au point que beaucoup considéraient que le trophée parisien semblait destiné à l’un des deux hommes.
Pourtant, Daniil Medvedev refuse totalement de se projeter aussi loin : « Honnêtement, pour moi, ça ne change rien, parce que c’est Roland-Garros. Je n’ai jamais atteint les demi-finales ici. »
Roland-Garros reste historiquement son tournoi le plus compliqué, comme il l’a rappelé avec humour : « Je prends les matchs un par un. J’ai perdu six fois au premier tour ici. Je veux juste faire de mon mieux et essayer d’aller plus loin dans le tableau. »
Medvedev reconnaît néanmoins qu’à partir des derniers tours, l’absence d’Alcaraz pourrait forcément changer la donne pour tous les prétendants au titre : « Si je suis en demi-finales face à Jannik et que Carlos n’est pas de l’autre côté du tableau, alors oui, peut-être qu’on peut se dire que c’est un peu plus facile d’essayer de gagner le tournoi. Pour le moment, ça ne change pas vraiment mon approche du tournoi. »
Un calendrier devenu trop lourd ?
Interrogé également sur les blessures de plus en plus fréquentes parmi les stars du circuit, notamment celle de Carlos Alcaraz, forfait pour Roland-Garros et Wimbledon, Medvedev estime que le calendrier actuel devient problématique : « Aujourd’hui, si vous prenez trois semaines de repos après Turin, vous sacrifiez quasiment l’Open d’Australie. »
Le Russe rêve d’un circuit plus léger à l’avenir : « Si un jour on arrive à raccourcir la saison, même de quelques semaines, cela aiderait énormément les joueurs. »
Et selon lui, beaucoup seraient même prêts à gagner un peu moins d’argent en échange d’un calendrier plus humain : « Je suis convaincu que la majorité des joueurs accepterait cela. »