Valentin Royer a quitté le court Philippe-Chatrier frustré… mais fier. Opposé à Novak Djokovic au deuxième tour de Roland-Garros, le Français s’est incliné en quatre sets (6-3, 6-2, 6-7, 6-3) après 3h43 d’un immense combat face au joueur aux 24 titres du Grand Chelem.
Pour sa toute première apparition sur le central parisien, le Français de 24 ans a longtemps tenu tête au Serbe, arrachant même la troisième manche dans une ambiance électrique. En conférence de presse, Royer est revenu avec sur ce gros duel.
« J’ai pris un kiff de dingue »
Malgré la déception de la défaite, Valentin Royer retenait surtout l’expérience vécue sur le Philippe-Chatrier face à l’une des plus grandes légendes de l’histoire du sport : « Au-delà de la déception, j’ai pris un kiff de dingue avec cette communion du public qui a été complètement dingue. »
Le Français a particulièrement apprécié sa capacité à gérer émotionnellement l’événement : « C’était une première pour moi sur le Chatrier contre une des légendes du tennis. J’étais super content de la manière dont j’ai géré l’événement. »
Royer estime d’ailleurs ne pas avoir été paralysé par l’enjeu : « Je n’ai pas forcément stressé ou fait des choses incongrues aujourd’hui. »
« Il faut jouer la balle, pas la légende »
Avant le match, le clan Royer avait insisté sur un point essentiel : ne surtout pas entrer sur le court en affrontant “Novak Djokovic”, mais simplement un joueur de tennis.
Une approche mentale que le Français a parfaitement appliquée : « On avait fait un bon briefing avant le match sur le fait de ne surtout pas jouer la légende. »
Une philosophie qu’il a répétée avec force : « Si tu te dis que tu joues la légende, tu as perdu avant même de rentrer sur le court. »
Royer a même révélé avoir totalement ignoré le palmarès du Serbe lorsque celui-ci a été annoncé dans le stade avant la rencontre : « Quand ils ont annoncé le palmarès de Novak pendant l’échauffement, je n’ai même pas écouté. »
Le Français voulait uniquement rester concentré sur son plan de jeu : « Le but, c’est de jouer la balle et pas la légende. »
Pendant près de quatre heures, Royer a tenté de pousser Djokovic dans ses retranchements physiques, notamment sous la chaleur étouffante parisienne.
Et même si le Serbe a parfois semblé gêné physiquement, le Français ne s’est jamais laissé perturber : « Je l’ai vu se plaindre un peu, s’étirer… mais bon, c’est du Novak. Il fait ça en général pour voir comment l’adversaire réagit. »
Mais le Français assure être resté totalement focalisé sur son propre tennis : « Ça ne m’a pas impacté. »
Il a même reconnu qu’il aurait aimé pousser le match jusqu’au cinquième set afin de vraiment tester Djokovic physiquement : « J’aurais bien aimé aller en cinq sets pour voir comment il aurait tenu. »
Royer impressionné par le niveau tactique de Djokovic
Dès les premiers jeux, Valentin Royer a senti toute la maîtrise tactique du Serbe, notamment dans les conditions rapides du début de rencontre : « Il me prenait énormément à contre-pied. »
Le Français a également salué la qualité de service de Djokovic dans les deux premières manches : « Il a particulièrement très bien servi dans les deux premiers sets. »
Malgré cela, Royer a progressivement réussi à installer son propre jeu lorsque les conditions sont devenues plus lentes : « Quand la balle a commencé à ralentir, j’ai eu plus de temps pour utiliser ma puissance. »
Une adaptation qui lui a permis d’arracher le troisième set après avoir sauvé une balle de match dans un tie-break complètement incandescent.
Mais même dans les moments où le Chatrier semblait totalement basculer derrière le Français, Djokovic est resté imperturbable : « Quand je sauve la balle de match et que je m’enflamme avec le public, lui il reste calme… puis il me met un ace. Typique Novak. »
Malgré la défaite, Valentin Royer repart avec l’une des plus belles expériences de sa jeune carrière à 24 ans… et la confirmation qu’il possède le niveau pour rivaliser avec les meilleurs sur la plus grande scène du tennis mondial.