Dix jours après avoir remporté le premier Grand Chelem de sa carrière à Roland-Garros, Alexander Zverev a vu sa série de dix victoires consécutives prendre fin face à Taylor Fritz en demi-finales du tournoi ATP 500 de Halle.
Battu en trois sets (6-7, 6-4, 7-5), l’Allemand a surtout révélé, après la rencontre, avoir disputé une grande partie du match dans des conditions physiques extrêmement compliquées. En cause : un dysfonctionnement de son capteur de glycémie, lui qui souffre de diabète de type 1.
« Mon capteur a indiqué une mauvaise valeur avant le match »
Zverev a expliqué que son problème avait commencé avant même d’entrer sur le court.
Son capteur de glycémie, qu’il utilise depuis plusieurs années, lui a transmis une information erronée quelques minutes avant le début de la rencontre : « Mon dos s’est bloqué, mais ce n’était pas la raison principale. J’ai eu énormément de problèmes avec ma glycémie aujourd’hui. »
L’Allemand détaille ensuite ce qui s’est produit : « Malheureusement, avant le match, le capteur que j’utilise a indiqué une mauvaise valeur. J’ai donc injecté beaucoup trop d’insuline. »
Très rapidement, Zverev a compris que quelque chose n’allait pas : « Pendant les quarante-cinq premières minutes du match, j’ai dû absorber près de 350 grammes de sucre. »
Une quantité énorme destinée à éviter une hypoglycémie.
Mais cette solution d’urgence a eu d’importantes conséquences sur son état physique : « Je me suis senti affreusement mal. Je n’étais plus là dans le deuxième set. Même dans le troisième, c’était très compliqué physiquement. »
Malgré tout, il refuse de chercher des excuses : « Je me suis battu, j’ai tout donné. Au final, il mérite sa victoire. Il a mieux joué que moi aujourd’hui. Il était plus frais, il s’est mieux déplacé. »
Une première en 10 ans
Le champion de Roland-Garros assure n’avoir jamais vécu une telle situation depuis qu’il utilise ce type de technologie : « C’est la première fois depuis 2016 que ce capteur se trompe autant. »
Une anomalie exceptionnelle qui l’a immédiatement inquiété : « Juste avant le match, le capteur indiquait un taux de sucre très élevé. Mais je sentais déjà que ma glycémie était basse. »
Il décide alors d’effectuer une vérification manuelle : « J’ai contrôlé et j’ai constaté que mon taux de sucre était effectivement déjà très bas. Je me suis dit que ça allait être une journée compliquée. »
Pendant toute la rencontre, les téléspectateurs ont pu apercevoir Zverev boire régulièrement des gels glucidiques.
Il confirme qu’il n’avait pas d’autre choix : « Si vous regardez le match, j’ai bu un gel de glucose après l’autre. »
Il compare même cette sensation à une consommation excessive de soda : « C’est comme si vous buviez trois litres et demi de Coca pendant un match. Vous ne vous sentiriez pas très bien non plus. »
Mais dans son cas, cette stratégie était indispensable : « Je devais le faire, sinon j’aurais été en hypoglycémie tout le match. »
Wimbledon désormais dans le viseur
Malgré cette défaite, Zverev ressort rassuré de sa semaine allemande.
Contrairement à ses dernières confrontations contre Taylor Fritz, où il estimait avoir été dominé dans le jeu, cette fois, il est convaincu que le niveau tennistique était bien présent : « Lors des dernières fois où j’ai joué Taylor Fritz, il était simplement meilleur que moi. Aujourd’hui, je pense que mon tennis était là. »
Selon lui, c’est uniquement son état physique qui l’a empêché d’exprimer pleinement son potentiel : « Je n’étais simplement pas en état physiquement de le montrer. »
Un constat qui nourrit son optimisme avant Wimbledon : « Cela me donne aussi des signaux positifs pour Wimbledon, parce que je trouve que j’ai retrouvé un très bon niveau sur gazon. »
Fraîchement sacré à Roland-Garros, Zverev ne souhaite pas s’attarder sur cette défaite : « Au tennis, même quand les choses vont bien, il faut avoir la mémoire courte. »
Son regard est déjà tourné vers Londres : « Le prochain tournoi est déjà Wimbledon. Je vais tout faire pour bien me préparer et y montrer un bon niveau. »
Interrogé sur le retour imminent de Jannik Sinner, absent des tournois de préparation sur gazon, l’Allemand estime que chacun fonctionne différemment : « Personnellement, j’ai toujours besoin d’un tournoi de préparation. »
Selon lui, le numéro un mondial appartient à une autre catégorie : « Jannik est différent. Il l’a déjà montré en remportant l’Open d’Australie sans tournoi de préparation. Roger Federer était aussi comme ça. »
Enfin, malgré cette élimination frustrante devant son public, Zverev retient le positif de sa semaine à Halle : « C’était une très belle semaine pour moi, même si la fin est un peu décevante. »