Lorsque Simone Vagnozzi rejoint l’équipe de Jannik Sinner en 2022, l’Italien est déjà installé dans le Top 10 mondial. Beaucoup de joueurs auraient été satisfaits d’un tel classement à seulement 20 ans. Pas lui.
Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, son entraîneur raconte les coulisses de leur première rencontre et explique pourquoi il a immédiatement compris que Sinner avait l’étoffe d’un futur n°1 mondial.
Une rencontre rendue possible par son manager
L’histoire entre Simone Vagnozzi et Jannik Sinner commence grâce à une connaissance de longue date.
Le manager de Sinner, Alex Vittur, est même le témoin de mariage du technicien italien : « Son manager est le témoin de mon mariage. Avec Alex Vittur, nous nous connaissons depuis toujours. »
Les deux hommes se croisent à plusieurs reprises sur le circuit avant que Sinner ne décide de mettre fin à sa collaboration avec Riccardo Piatti.
À ce moment-là, Vittur appelle Vagnozzi : « Lorsque Sinner a décidé de se séparer de Piatti, Vittur m’a appelé pour entraîner Jannik. C’était en 2022. Ils m’ont mis à l’essai, mais visiblement, cela a fonctionné. »
Un talent rare… mais surtout une immense envie de progresser
Dès les premiers entraînements, Vagnozzi comprend qu’il n’a pas affaire à un joueur comme les autres.
Bien sûr, le talent saute immédiatement aux yeux.
Mais ce qui le marque le plus est ailleurs : « On voyait tout de suite qu’il avait un talent rare, mais aussi une énorme envie de bien faire. »
Selon lui, Sinner possède déjà une maturité peu commune pour son âge : « Il était déjà concentré sur ce qu’il faisait. À 20 ans, il était numéro 10 mondial. »
Le potentiel est immense. Mais pour son futur entraîneur, ce n’est qu’un point de départ : « C’était déjà un phénomène, mais on voyait qu’il était prêt à aller encore plus loin. »
La question qui allait tout changer
Avant d’accepter définitivement le poste, Simone Vagnozzi n’a qu’une seule inquiétude.
Il veut savoir si Jannik Sinner est satisfait de sa situation.
Et notamment de son classement : « J’espérais simplement qu’il ne me dise pas qu’il était heureux d’être numéro 10 mondial. »
La réponse du jeune Italien le rassure immédiatement : « Et c’est exactement ce qui s’est passé. »
Car Sinner n’a qu’une idée en tête : « Il voulait devenir numéro un mondial. »
Pour Vagnozzi, cette réponse vaut tous les discours. Elle montre que son futur joueur refuse de se fixer des limites.
À cette époque, Sinner souffre encore face aux meilleurs joueurs du monde. Vagnozzi cite notamment Rafael Nadal, Novak Djokovic et Stefanos Tsitsipas parmi ses principales difficultés : « Il avait du mal contre Nadal, Djokovic ou Tsitsipas. Pour devenir le leader, il fallait améliorer énormément de choses. »
Le travail à accomplir est immense. Renforcement physique, développement musculaire, progrès tactiques, évolution mentale… Tout doit être revu pour permettre à Sinner de franchir un nouveau cap.
Le pari a été gagné
Avec le recul, cette première discussion apparaît presque comme un moment fondateur.
Là où beaucoup auraient considéré le Top 10 comme une réussite exceptionnelle, Jannik Sinner n’y voyait qu’une étape.
Trois ans plus tard, ce rêve est devenu réalité.
L’Italien est devenu n°1 mondial, quintuple vainqueur en Grand Chelem et référence absolue du circuit ATP.
Pour Simone Vagnozzi, tout était déjà écrit lors de cette première conversation.
Parce que dès leur première rencontre, Jannik Sinner ne voulait déjà qu’une seule chose : atteindre le sommet du tennis mondial.