Il y a des tournois qui marquent une carrière. Pour Gaël Monfils, Montréal en fait incontestablement partie. À quelques semaines de fêter ses 40 ans et de mettre un terme à sa carrière à l’issue du Rolex Paris Masters, le Français dispute cette semaine son dernier Masters 1000 canadien.
Avant son entrée en lice contre le Polonais Kamil Majchrzak, l’ancien n°6 mondial est revenu avec émotion sur son lien particulier avec Montréal, son après-Roland-Garros et ses derniers objectifs sur le circuit.
« Montréal est devenu comme une deuxième maison »
À chacune de ses venues au Canada, Gaël Monfils retrouve une atmosphère qu’il ne retrouve nulle part ailleurs.
Pour lui, tout a commencé avec la langue française : « La première fois que je suis venu ici, c’était un pays francophone. L’appréciation est différente. On peut échanger avec les gens et cela crée un lien particulier. »
Au fil des années, cette relation n’a cessé de grandir : « Les gens ici ont toujours été incroyablement gentils avec moi. Tous les deux ans, ce lien est devenu de plus en plus fort. »
Montréal lui rappelle également une période importante de sa formation : « Mes entraîneurs entre mes 14 et 18 ans sont tous passés par Tennis Canada. C’était toujours spécial de revenir ici, d’utiliser les installations. »
Au point de s’y sentir presque chez lui : « Je me suis toujours senti comme dans une deuxième maison. Le public s’implique énormément, il vous fait sentir spécial. Ce tournoi est devenu vraiment très particulier pour moi. »
« Paris m’a vidé émotionnellement »
L’émotion vécue à Roland-Garros lors de ses adieux au public parisien a laissé des traces : « C’était très émotionnel à Paris. »
Le Français reconnaît avoir eu besoin de couper complètement : « J’avais vraiment besoin de repos. J’ai pu rentrer à la maison, prendre du recul sur tout ce qu’il s’était passé. »
Roland-Garros restera le moment fort de sa saison : « Paris, c’est mon tournoi de cœur. Ce qui s’est passé là-bas était phénoménal. »
Mais cette aventure l’a aussi profondément épuisé : « J’étais vraiment vidé émotionnellement. »
Quelques semaines passées auprès de sa famille lui ont permis de recharger les batteries : « J’ai pu passer du temps avec ma famille, me reposer, puis revenir progressivement dans ma routine d’entraînement. »
Recevoir une invitation pour disputer une dernière fois le Masters 1000 de Montréal représentait beaucoup pour Gaël Monfils : « Quand Montréal a confirmé ma wild-card, cela m’a donné encore plus de motivation pour arriver ici prêt physiquement. »
Aujourd’hui, il aborde cette tournée nord-américaine avec sérénité : « Je suis dans un état d’esprit très zen et je suis vraiment très heureux d’être ici. »
« Je veux toujours être compétitif à 40 ans »
Après l’émotion de Roland-Garros, certains se sont demandé si Gaël Monfils allait finalement avancer sa retraite.
L’intéressé assure que cette idée ne lui a jamais traversé l’esprit : « Deux choses m’ont poussé à continuer après Paris. J’ai toujours dit que je voulais jouer jusqu’à 40 ans. Dans un mois, j’aurai 40 ans. »
Surtout, il tenait absolument à disputer une dernière tournée américaine : « L’US Open représente aussi un grand moment pour moi. J’adore Montréal, Cincinnati et évidemment New York. »
Mais rester compétitif à cet âge demande énormément de travail : « Si je veux être compétitif à 40 ans, je dois vraiment travailler très dur. »
À bientôt 40 ans, Gaël Monfils garde les pieds sur terre. Il reconnaît que son tennis n’est plus celui de ses plus belles années : « Je me mets parfois un peu trop de pression parce que je veux vraiment bien faire. Peut-être que je devrais avoir moins d’attentes. »
Le Français sait parfaitement où il en est : « Il faut rester lucide. Je ne suis plus dans mes meilleures années. Je joue moins bien qu’avant. »
Pour autant, il refuse de venir simplement faire de la figuration : « Mon objectif est de profiter, mais aussi de rendre la vie difficile à mes adversaires. Et si je peux aller chercher quelques victoires, je donnerai tout pour y parvenir. »
« Si j’ai fait rêver des gens, c’est un immense honneur »
En fin de discussion, Gaël Monfils a été interrogé sur son héritage. Le journaliste de l’ATP lui a lu une phrase résumant sa carrière : celle d’un joueur qui n’a pas seulement fait lever les foules, mais qui a aussi fait rêver toute une génération.
Une réflexion qui l’a beaucoup touché : « C’est un immense honneur. Si j’ai réussi à faire ça, alors je suis vraiment très heureux. »
Le Français explique n’avoir jamais cherché à jouer un personnage : « J’ai toujours essayé d’être moi-même. J’ai toujours essayé de rêver le plus grand possible. »
Savoir qu’il a pu inspirer d’autres joueurs représente sans doute sa plus grande victoire : « Si j’ai pu donner envie à d’autres de rêver eux aussi, c’est encore plus beau. »
Avant de conclure avec émotion : « Quand des gens vous disent cela, vous mesurez le privilège que vous avez eu. C’est une immense bénédiction. J’espère avoir aidé, et continuer à aider, des personnes à garder cet état d’esprit. »
Pour l’une de ses dernières apparitions à Montréal, Gaël Monfils tentera désormais de prolonger encore un peu l’aventure. Son premier obstacle se nomme Kamil Majchrzak, face à qui il disputera son tout dernier Masters 1000 canadien.