Quelques jours après avoir remporté l’ATP 250 de Gstaad, Stefanos Tsitsipas poursuit sa quête du renouveau. Issu des qualifications, le Grec s’est imposé face à Martin Damm (6-4, 6-4) pour décrocher sa première victoire au Masters 1000 du Canada depuis 2021.
Après la rencontre, l’ancien n°3 mondial est revenu sur sa nouvelle collaboration avec son entraîneur, sa séparation avec son père, les changements qu’il a opérés dans sa vie quotidienne et son retour progressif au plus haut niveau.
« Ce changement aurait dû arriver bien plus tôt »
Stefanos Tsitsipas n’a pas caché ses regrets lorsqu’il a été interrogé sur son nouveau chapitre, désormais loin de son père Apostolos Tsitsipas. Pour le Grec, cette décision aurait dû être prise depuis longtemps : « C’est un chapitre qui aurait dû commencer il y a bien longtemps. »
L’ancien finaliste de Roland-Garros estime avoir attendu trop longtemps avant de franchir le pas : « Je pense que j’ai été trop patient et trop gentil dans ma manière de gérer certaines choses. J’ai mis beaucoup trop de temps à effectuer ce changement. »
Aujourd’hui, il affirme avoir retrouvé un environnement qui lui correspond : « Maintenant, nous faisons les choses comme j’en ai envie. Je veux travailler avec un entraîneur avec qui je suis heureux aujourd’hui. C’est quelqu’un en qui j’ai confiance. »
Il rappelle également que Patrick Mouratoglou continue de superviser son projet : « Patrick supervise aussi tout cela. Ce sont des personnes qui sont avec moi depuis le premier jour, qui croient en cette académie et qui veulent le meilleur pour moi. »
Avant de conclure avec une phrase forte : « Le plus important est de travailler avec des personnes qui seraient prêtes à saigner pour vous. »
« J’aimerais parfois que ma relation avec mon père ressemble à celle de Ben Shelton »
Interrogé sur les joueurs toujours entraînés par leur père, Stefanos Tsitsipas a tenu à rappeler qu’ils sont finalement très peu nombreux sur le circuit : « Il n’y en a pas beaucoup aujourd’hui. »
Puis il a spontanément pris Ben Shelton comme exemple : « Parfois, je vois le père de Ben Shelton et je me dis que c’est exactement comme un père devrait accompagner son enfant dans le tennis de haut niveau. »
Une relation qu’il admire énormément : « C’est l’exemple parfait. »
Le Grec n’a d’ailleurs pas caché une certaine forme de regret : « Parfois, j’aimerais que les choses aient été comme ça pour moi. Malheureusement, ce n’est pas le cas. »
Il a ensuite rendu un vibrant hommage à la famille américaine : « Je suis un grand admirateur de Ben Shelton. Je suis aussi un grand admirateur de son père et de leur relation. Je trouve que c’est un excellent exemple. »
« J’ai complètement changé ma manière de vivre »
Après plusieurs mois compliqués, Stefanos Tsitsipas explique que son retour en forme ne doit rien au hasard. Selon lui, tout commence en dehors du court : « Je m’entraîne bien, je mange bien. »
Il insiste sur la discipline qu’il s’impose désormais au quotidien : « Chaque aspect de ma vie est désormais organisé de manière très disciplinée. »
Le Grec raconte avoir multiplié les heures d’entraînement à la Mouratoglou Tennis Academy : « Beaucoup d’heures d’entraînement, encore et encore, pour construire quelque chose et continuer à progresser. »
Il a même changé une habitude qui lui posait problème : « J’ai aussi essayé d’améliorer mes horaires de sommeil, parce que c’était un petit problème auparavant. »
Une confidence amusante a suivi : « Je ne suis pas quelqu’un qui fait la fête. En revanche, j’aime bien rester éveillé très tard, parce que c’est la nuit que j’ai le plus d’inspiration. »
Mais il reconnaît avoir dû modifier cette routine : « Me coucher un peu plus tôt m’aide énormément. »
Face à Martin Damm, Stefanos Tsitsipas s’est montré très satisfait de son niveau de jeu : « J’ai très bien commencé le match. »
Il estime avoir parfaitement exécuté son plan tactique : « Il cherchait à écourter les échanges. Moi, j’ai essayé de le faire jouer et de le faire travailler sur chaque point. »
Son service a également parfaitement répondu présent : « Ma première balle a été excellente aujourd’hui. »
Tout au long de la rencontre, le Grec a cherché à rester totalement concentré : « Je voulais rester verrouillé mentalement et ne laisser aucune distraction m’atteindre. »
Il rappelle que tout se joue sur des détails : « Au tennis, tout se joue en quelques millisecondes. Il faut être parfaitement placé derrière la balle et respecter ses routines. »
Mais il refuse de s’en contenter : « Évidemment, j’en veux davantage. Je ne suis pas satisfait avec une seule victoire. »
Un retour par les qualifications
La présence même de Stefanos Tsitsipas à Montréal a longtemps été incertaine. Le Grec pensait d’abord ne pas pouvoir participer au tournoi : « Il y avait environ 75 % de chances que je ne joue pas. »
Il gardait malgré tout un mince espoir : « Il restait peut-être 25 % d’espoir de pouvoir entrer dans les qualifications en tant qu’alternate. »
Une opportunité qui s’est finalement présentée : « Tout a finalement fonctionné. »
N’ayant plus disputé les qualifications d’un Masters 1000 depuis très longtemps, il reconnaît même ne plus connaître toutes les procédures : « Je ne savais même plus vraiment comment fonctionnait le système des qualifications. »
Au troisième tour, un défi plus relevé l’attend avec le 27e joueur mondial : Joao Fonseca.