Alexander Zverev n’a rien oublié de 2020. Malgré son nouveau statut de vainqueur en Grand Chelem, l’Allemand considère toujours sa finale perdue à l’US Open cette année-là comme une occasion qu’il aurait dû convertir.
Remporter enfin un Majeur n’a d’ailleurs pas diminué ses ambitions. Bien au contraire : Zverev assure que décrocher un premier titre lui a surtout donné envie d’en gagner davantage.
Zverev : « Je pense toujours que j’aurais dû gagner en 2020 »
Interrogé sur la manière dont son premier sacre en Grand Chelem avait éventuellement changé son regard sur sa finale de l’US Open 2020, Alexander Zverev n’a pas cherché à masquer ses regrets.
« Je pense toujours que j’aurais dû gagner en 2020. Cela ne change pas. »
L’Allemand ressent évidemment une certaine satisfaction d’avoir depuis réussi à franchir cette immense étape dans sa carrière.
« De manière générale, évidemment, il y a une certaine satisfaction pour moi d’en avoir enfin gagné un. Je pense l’avoir dit un million de fois. »
Mais atteindre cet objectif a immédiatement fait naître de nouvelles ambitions.
« On réalise aussi une chose lorsqu’on en gagne un : on veut en gagner davantage, on veut continuer et on veut jouer son meilleur tennis à chaque fois que l’on entre sur un court. »
Après une période où il estime avoir retrouvé son meilleur niveau, Zverev reste néanmoins sur deux tournois moins convaincants.
« J’ai l’impression d’avoir réussi à jouer mon meilleur tennis après Roland-Garros, puis je ne l’ai pas fait lors des deux derniers tournois. Mais j’ai vraiment le sentiment que mon jeu revient. Il s’est amélioré à chaque séance d’entraînement que j’ai faite et j’espère pouvoir de nouveau montrer mon meilleur tennis ici. »
Zverev prévient concernant Alcaraz : « Il sera clairement un candidat au titre »
Zverev a également été interrogé sur le retour à la compétition de Carlos Alcaraz après sa blessure au poignet.
L’Allemand possède lui-même une expérience particulièrement douloureuse des longues absences, mais refuse de comparer directement leurs situations.
« Je comprends ce que vous voulez dire, mais c’est très différent. Je pense que c’est une blessure différente. Une blessure au poignet n’est jamais facile, c’est certain. Je le sais parce que mon frère a également été blessé au poignet et il faut du temps pour revenir après une blessure au poignet. »
Sa propre blessure avait été beaucoup plus lourde.
« Pour moi, c’était différent parce que j’avais rompu sept ligaments, fracturé deux os, j’avais été opéré et il m’avait fallu un an pour revenir. »
Contrairement à Zverev à l’époque, Alcaraz a probablement pu profiter de son absence pour énormément travailler physiquement.
« J’ai l’impression qu’il est probablement au même niveau physique, voire à un meilleur niveau actuellement, parce qu’au cours des quatre ou cinq derniers mois, il a probablement effectué beaucoup de travail physique, ce que je ne pouvais pas faire parce que je n’étais pas capable de marcher. »
Zverev s’attend donc surtout à ce que l’Espagnol ait besoin de quelques matchs pour retrouver totalement ses repères.
« Je m’attends peut-être à ce qu’il manque un peu de rythme lors du premier ou du deuxième match, mais une fois qu’il aura passé cela, je pense qu’il sera clairement un candidat au titre ici. »
Lorsqu’on lui demande ensuite s’il se considère comme l’un des grands favoris en l’absence de Jannik Sinner et avec Carlos Alcaraz de retour de blessure, l’Allemand préfère manier l’ironie :
« J’ai l’impression d’être l’un des 128 joueurs favoris dans le tableau. »
« Personne ne pouvait savoir » : Zverev revient sur sa terrible blessure
En évoquant Alcaraz, Zverev est également revenu sur les incertitudes qui entouraient son propre avenir après sa grave blessure de 2022.
« En 2022, il y avait beaucoup d’incertitudes et je suis sûr, à 100 %, que ma famille avait également des incertitudes sur le fait que je puisse un jour retrouver ce niveau. Personne ne pouvait le savoir avec certitude. »
Ses proches ont pourtant volontairement choisi de ne jamais lui faire ressentir ces doutes.
« Ils ne me l’ont jamais montré. Ils ne m’en ont jamais parlé. Les conversations étaient toujours davantage : ‘Quand tu reviendras, nous pourrons améliorer ceci et cela, tu vas être le meilleur’, ou : ‘Tu peux retrouver ce niveau, tu peux gagner ce genre de tournois.’ »
Zverev décrit même cette méthode comme une forme de mensonge nécessaire pour continuer à croire en son retour.
« C’était un peu cette fausse confiance, cette manière de se mentir à soi-même en se disant que tout va bien se passer et que vous allez être le meilleur. Ils ont beaucoup fait cela avec moi lorsque j’étais au plus bas. Donc je pense que cela m’a beaucoup aidé il y a quelques années. »