Trente-quatre matchs, trente-quatre victoires et désormais sept titres. Novak Djokovic a retrouvé Pékin onze ans après sa dernière participation sans perdre la moindre parcelle de son invincibilité dans la capitale chinoise.
La finale contre Alex De Minaur n’est pas allée à son terme. Après avoir remporté une première manche disputée au tie-break, Djokovic a vu l’Australien abandonner en début de deuxième set en raison d’une blessure à l’aine.
Une conclusion particulière à une semaine qui l’a néanmoins vu battre successivement trois membres du Top 10 : Alexander Zverev, Daniil Medvedev et De Minaur. Avec un 102e trophée en carrière, Djokovic quitte surtout Pékin avec des certitudes qu’il recherchait depuis plusieurs mois.
« La preuve que je peux encore jouer au plus haut niveau »
Djokovic ne cachait pas ses interrogations avant le début du tournoi. Sa saison avait été marquée par plusieurs problèmes physiques et le Serbe restait notamment sur une tournée américaine particulièrement difficile en termes de sensations.
« Je ne savais pas comment j’allais me sentir parce que la tournée américaine avait été terrible en termes de sensations sur le court, au niveau de la santé et physiquement. »
Tout n’a pas été simple à Pékin non plus. Djokovic a connu plusieurs passages difficiles et a notamment dû renverser Zverev après avoir perdu la première manche en quarts de finale.
« Je dois dire que j’ai également souffert dans certains matchs ici. J’ai réussi à passer au travers, à vraiment puiser profondément en moi et à renverser certains matchs. »
C’est précisément ce qui donne une valeur particulière à ce nouveau titre.
« Bien sûr, je suis très fier de ce que j’ai accompli ici. Cela arrive au meilleur moment possible pour renforcer ma confiance, comme une preuve que je peux encore jouer au plus haut niveau. »
Et Djokovic insiste particulièrement sur la qualité des adversaires qu’il vient d’affronter.
« Battre trois joueurs du Top 10 en l’espace de trois jours consécutifs est une grande réussite. Je suis évidemment rempli de joie. »
Une saison difficile avant le déclic de Pékin
Le contraste est important avec les derniers mois vécus par Djokovic. Le Serbe reconnaît lui-même ne pas avoir obtenu les résultats qu’il espérait et avoir traversé une année remplie de difficultés.
« Je n’étais pas venu ici depuis onze ans. J’ai eu une année remplie de difficultés et de défis, avec peu de très bons résultats après la finale de l’Open d’Australie. »
Son retour dans un tournoi où il n’avait jamais perdu représentait donc une occasion particulière de retrouver de la confiance.
« Pékin a toujours été mon endroit heureux. Cela continue de l’être. J’ai toujours des attentes élevées envers moi-même. Mes objectifs et mes ambitions sont toujours élevés, particulièrement dans un endroit où je n’avais jamais perdu auparavant. »
Onze ans après son sixième sacre, son bilan reste parfait : 34-0.
NOVAK DJOKOVIC RESTE INVAINCU À PÉKIN 🤯
▫️ 34 matchs
▫️ 34 victoires
▫️ 7 titresLa plus grande invincibilité de l’histoire dans un tournoi masculin à l’Ère Open. 😳
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) October 6, 2026
« Le cran n’est pas quelque chose avec lequel on naît »
Interrogé sur sa capacité à continuer de se battre dans les moments les plus difficiles après plus de vingt ans au plus haut niveau, Djokovic a développé une longue réflexion sur l’une des principales caractéristiques de sa carrière : sa résistance mentale.
« Le cran n’est pas quelque chose avec lequel on naît. C’est quelque chose qui doit vraiment se construire. Cela doit se développer. Et cela se développe pendant ces semaines ou ces journées où personne ne regarde »
À 39 ans, Djokovic assure ne pas avoir perdu cette volonté qui l’accompagne depuis le début de sa carrière.
« Je pense que la réponse longue à cette question, c’est vraiment le cran, le dévouement et cette sorte d’esprit de ne jamais mourir qui est toujours avec moi. »
Une mentalité qu’il conserve indépendamment de l’identité de son adversaire.
« Quand je suis sur le court, peu importe qui se trouve de l’autre côté du filet, je ne donne vraiment rien. Je me pousse vraiment jusqu’à mes limites, particulièrement lorsque vous disputez les finales de grands tournois devant un stade plein. »
Cette semaine à Pékin en a offert plusieurs exemples. Mené d’un set par Zverev, Djokovic a sauvé une balle de break cruciale à 4-4 dans la deuxième manche avant de renverser le n°2 mondial.
Le lendemain, il a résisté à 16 balles de break contre Medvedev avant que la rencontre ne se termine sur la disqualification du Russe.
Le poids de son statut après plus de vingt ans
Djokovic reconnaît également que son immense carrière a modifié la manière dont il aborde chaque apparition publique. Les attentes qui l’entourent sont désormais permanentes.
« Il y a quelque chose de très spécial dans le fait d’entrer sur un court en étant qui vous êtes. Les gens s’attendent à ce que vous soyez à votre meilleur niveau. Cela ajoute aussi une responsabilité. »
Cette pression peut devenir une source de motivation, mais également un poids supplémentaire lorsque les sensations ne sont pas bonnes. Djokovic préfère cependant regarder son statut comme un privilège.
« Je crois vraiment que Dieu m’a donné cette opportunité et ce talent pour être qui je suis et être là où je suis. Je suis reconnaissant. J’essaie d’accomplir ma mission et d’exploiter mon potentiel autant que possible. »
Il a notamment cité Kobe Bryant et l’idée qu’un sportif doit garder à l’esprit qu’un spectateur peut avoir effectué le déplacement pour le voir jouer pour la seule fois de sa vie.
« Vous ne jouez pas seulement pour vous-même ; vous jouez pour les gens, pour le sport. Il y a beaucoup plus de choses que vous portez lorsque vous êtes un joueur star. »
Le Serbe ne s’attendait notamment pas à retrouver des tribunes pleines dès son entrée en lice après onze années d’absence.
« C’est tout simplement le meilleur soutien que je reçois en dehors de la Serbie, c’est certain, ici en Chine. »
Djokovic reviendra-t-il défendre son 34-0 ?
Reste désormais une question : cette septième campagne victorieuse sera-t-elle également sa dernière à Pékin ? À 39 ans, Djokovic refuse désormais de planifier son calendrier aussi longtemps à l’avance qu’auparavant.
« Nous verrons. Je reviendrai à Pékin, c’est certain. Dans quel rôle et de quelle manière, je ne le sais pas encore. »
Le Serbe reconnaît fonctionner davantage en fonction de son état physique, de son niveau de jeu et de sa capacité de récupération.
« Je ne fais pas de plans aussi longtemps à l’avance actuellement. Je suis davantage la manière dont je me sens, la qualité de mon jeu et la vitesse à laquelle je suis capable de récupérer. »
Sa présence au China Open 2027 est donc loin d’être garantie. Mais son envie, elle, existe.
« Je serai de retour en Chine, c’est certain. Nous verrons. Je ne sais pas si je jouerai un tournoi. J’aimerais le faire. J’aimerais aussi que cette série d’invincibilité reste intacte. Ce serait bien. »