On ne l’avait plus revu en France sur le circuit principal depuis son extraordinaire parcours à Roland-Garros, où il avait atteint, à la surprise générale, le troisième tour de la compétition à seulement 17 ans.
Cinq mois plus tard, et grâce à une invitation de la Fédération française de tennis, le gamin de Sarcelles a de nouveau foulé les courts français de la LDLC Arena, à l’occasion du tout nouveau tournoi ATP 250 de Lyon.
Et la France, ça lui sourit puisque Moïse Kouame a décroché lundi soir sa première victoire sur le circuit principal depuis ses succès sur l’ocre de la Porte d’Auteuil.
Une victoire pleine d’autorité face au 89e mondial Lorenzo Sonego (7-6, 6-4) avant de s’incliner contre un ancien membre du top 5 mondial, un autre joueur italien, Lorenzo Musetti, en huitièmes de finale du tournoi lyonnais.
Il était important pour nous de savoir comment se passait sa saison et comment le prodige français traversait sa première année sur le circuit principal. Le rendez-vous était alors donné dimanche dernier, un jour avant son entrée en lice dans le Rhône.
Aux côtés de son agent Daryl Monfils, le frère de Gaël, Moïse Kouame s’installe dans l’un des canapés disposés un peu partout dans la grande pièce dédiée aux entretiens donnés à la presse. Il est prêt, et nous aussi.
Raconte-nous tes premiers mois sur le circuit.
Ils étaient intenses, on va dire, assez intenses, riches en émotions, en expérience aussi. C’est quelque chose dont j’ai rêvé et que j’ai eu en début d’année, donc c’était vraiment très cool pour moi.
Maintenant, il est temps de s’adapter à cette nouvelle posture en tant que joueur de tennis, d’assumer et de rêver encore plus grand.
Est-ce que tu ressens une certaine pression désormais ?
Il y a une pression assez constante depuis que j’ai commencé à bien jouer au tennis. C’est une pression que je me mets un peu moi-même, tout seul, parce que j’ai envie d’avoir des résultats, j’ai envie d’être meilleur que les autres.
Bien sûr, il y a aussi la pression un peu médiatique et extérieure. Je dirais que la pression est là et qu’il faut apprendre à la gérer et à l’encaisser.
La plupart des gens t’ont découvert lors de ton parcours à Roland-Garros (défaite au 3e tour contre Alejandro Tabilo, 4-6, 6-3, 6-4, 7-6). Comment as-tu vécu cet élan populaire ?
Je ne m’attendais pas à ce qu’autant de gens viennent me supporter. Je suis Français et jouer à la maison, c’est toujours plaisant. Bien sûr, j’attendais de l’énergie de leur part et ils m’en ont vraiment donné beaucoup. Ça m’a beaucoup aidé durant mes trois matches. J’espère qu’ici, à Lyon, ce sera pareil et je vais tout donner pour repartir avec la victoire.
Quels sont tes objectifs pour la fin de la saison 2026 et celle à venir ?
Déjà, la santé, parce que c’est toujours très important de ne pas se blesser. Rester très en forme et disponible pour jouer des tournois, pour avoir de belles semaines d’entraînement. Après, bien sûr, en termes de résultats, gagner le plus de matches possible, continuer de grimper au classement de la Next Gen (il est actuellement 9e à la Race de la Next Gen, NDLR) et au classement ATP (194e mondial).
Mais ça reste secondaire pour l’instant. Le plus important reste de progresser au service, physiquement, mentalement et dans mon jeu pour que, dans quelques années, je puisse aspirer au Graal.
Le Graal, c’est quoi pour toi ?
Mon plus grand rêve, c’est d’avoir le record de Grands Chelems. Aujourd’hui, le record, c’est 24, il faut que j’en aie 25. Ce ne sont pas les résultats actuels qui comptent le plus pour moi, mais plutôt la progression à long terme.
Bien sûr, il faut des résultats pour progresser et je ne vais pas gagner 25 Grands Chelems en étant 300e mondial, c’est évident. Une progression constante et qui dure, c’est le plus important pour moi.