Alexander Zverev va découvrir un statut qu’il poursuit depuis de nombreuses années. Vainqueur de Tallon Griekspoor (6-4, 7-5) en huitièmes de finale de l’ATP 500 de Vienne, jeudi 29 octobre, l’Allemand est assuré de devenir numéro 1 mondial le lundi 2 novembre 2026.
À 29 ans, le double champion en Grand Chelem deviendra le 30e joueur de l’histoire à atteindre le sommet du classement ATP, succédant à Jannik Sinner.
En conférence de presse, Zverev a exprimé sa fierté, tout en répondant aux interrogations sur la légitimité de sa première place mondiale, acquise au terme d’une saison marquée par les blessures de ses principaux rivaux.
« Certains peuvent dire que je suis numéro 1 uniquement à cause des blessures »
Alexander Zverev sait que son accession à la première place mondiale suscite des discussions.
Jannik Sinner a notamment été contraint de mettre un terme à sa saison en raison d’une blessure au genou, tandis que Carlos Alcaraz a également connu une longue interruption cette année.
L’Allemand ne cherche pas à nier ces circonstances, mais refuse qu’elles occultent l’importance de la condition physique dans la réussite sportive.
« Beaucoup peuvent dire : « Il est assis ici et il est devenu numéro 1 mondial uniquement grâce aux blessures. » Mais la condition physique et le fait de rester en bonne santé font partie intégrante du sport. C’est même une partie immense du sport. »
Pour Zverev, cette dimension explique notamment l’importance qu’il accorde à sa préparation pendant l’intersaison.
« Quand je fais ma préparation en décembre, pendant quatre semaines, je fais environ cinq à six heures de préparation physique par jour et je joue une heure à une heure et demie au tennis. »
Un investissement destiné à lui permettre de rester performant tout au long de la saison.
« C’est précisément pour rester en forme, éviter les blessures et avoir le sentiment qu’au cinquième set, je suis encore aussi frais qu’au premier. »
« Quand Sinner était en forme, c’était le meilleur joueur du monde »
Malgré son nouveau statut, Alexander Zverev a reconnu la supériorité de Jannik Sinner dans leurs confrontations cette saison.
L’Allemand, qui a perdu quatre ou cinq rencontres consécutives contre l’Italien selon ses propres souvenirs, estime qu’il lui était difficile de rivaliser avec lui pendant une grande partie de l’année.
« Quand il était en forme, Jannik Sinner était le meilleur joueur de tennis du monde, il n’y a aucun doute là-dessus. »
Zverev reconnaît même avoir longtemps été incapable de trouver une solution face à son rival.
« Jusqu’à Wimbledon, j’avais le sentiment de n’avoir aucune idée de la manière dont je pouvais le battre. »
Il assure toutefois avoir commencé à mieux comprendre comment l’affronter à partir du tournoi londonien.
S’il admet la supériorité de Sinner dans leurs duels, Zverev distingue néanmoins le niveau de jeu pur des performances réalisées sur l’ensemble de la saison.
« Je trouve que j’ai réalisé la meilleure saison. Et je ne l’ai pas battu une seule fois. »
Pour l’Allemand, les résultats obtenus sur toute l’année et la capacité à rester disponible physiquement constituent des critères essentiels pour départager les meilleurs joueurs.
« J’ai toujours continué à y croire »
Au-delà des débats, cette première place mondiale représente une consécration particulièrement émouvante pour Alexander Zverev.
« C’est un sentiment très particulier. C’est différent de gagner un tournoi ou un Grand Chelem, parce que demain, je dois retourner sur le court. Mais c’est incroyablement spécial. »
L’Allemand rappelle qu’il a travaillé pendant de nombreuses années pour atteindre cet objectif.
« C’est quelque chose pour lequel j’ai vraiment travaillé pendant des années. Il faut jouer un tennis exceptionnel pendant toute une saison pour être à cette position. Je suis heureux d’y être parvenu. »
Interrogé sur les moments déterminants de sa carrière, Zverev a notamment évoqué le soutien de sa famille, ses finales perdues en Grand Chelem et sa grave blessure à la cheville en 2022.
« Il y a eu beaucoup de moments difficiles, mais j’ai toujours continué à y croire. J’ai toujours continué à avancer. »
Il a également souligné avoir pris un risque important cette saison en modifiant son jeu à 29 ans.
« Cette année encore, j’ai osé franchir le pas de changer un peu mon jeu et de le reconstruire à 29 ans. C’est évidemment un rêve de voir comment cette saison s’est déroulée. »
« Je suis prêt à assumer ce statut »
Alexander Zverev ne considère pas sa première place mondiale comme un aboutissement définitif.
Après plusieurs années parmi les meilleurs joueurs du circuit, l’Allemand estime posséder l’expérience nécessaire pour assumer les responsabilités qui accompagnent ce nouveau statut.
« Je pense que je suis assez âgé et que j’ai passé suffisamment de temps sur le circuit pour savoir comment gérer cette situation. »
Pour lui, être numéro 1 mondial implique également de montrer l’exemple.
« La place de numéro 1 apporte énormément de responsabilités. Il faut être un bon modèle et faire beaucoup de choses correctement sur le court, au-delà du simple fait d’avoir un bon coup droit et un bon revers. »
Zverev espère désormais poursuivre sa rivalité avec Carlos Alcaraz et Jannik Sinner pendant plusieurs années.
« C’est magnifique d’être numéro 1 mondial, mais quand tu entres dans un tournoi, tu dois battre tout le monde. Peu importe ton classement, c’est toujours la même chose. »