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De retour à Miami après six ans d’absence, Novak Djokovic s’est longuement exprimé en conférence de presse sur la bataille judiciaire menée par la PTPA envers les instances du tennis.
Novak Djokovic lors de la conférence de presse habituelle précédant le Miami Open 2025. (The New Indian Express)

Lors de la traditionnelle conférence de presse précédant le Miami Open, Novak Djokovic a pris la parole devant les médias. Visiblement détendu mais déterminé, le Serbe a répondu aux questions concernant l’action en justice lancée par la PTPA (Professional Tennis Players Association), association qu’il a cofondée.

« On n’est que 400 à vivre du tennis dans le monde, ce n’est pas assez. »

Une distribution des revenus inégale

Novak Djokovic a dénoncé une situation alarmante : « On n’est que 400 à pouvoir vivre du tennis dans le monde. Ce n’est pas assez. Le tennis génère des milliards de dollars, mais une grande majorité des joueurs galèrent financièrement. »

Le Serbe a précisé que, contrairement à des sports comme le football ou le basket, le tennis ne permet pas à suffisamment de joueurs de vivre décemment. « Si vous n’êtes pas dans le Top 100, vous devez souvent payer vos propres frais de déplacement, d’entraînement, d’hébergement. Certains joueurs doivent même cumuler des emplois à côté pour continuer à jouer. C’est inacceptable. »

La PTPA plaide pour une répartition plus juste des gains lors des tournois. En particulier pour les joueurs au-delà du Top 100, qui, selon l’association, reçoivent une part infime des revenus générés par les tournois du Grand Chelem et le circuit ATP.

Le bras de fer juridique contre l’ATP et la WTA

Récemment, la PTPA a déposé une plainte contre l’ATP et la WTA, les accusant de pratiques abusives et injustes envers les joueurs. Djokovic a clarifié sa position : « Je soutiens la cause à 100 %, mais je ne suis pas directement impliqué dans cette action en justice. Je pense que la plainte est nécessaire, même si j’aurais préféré une approche plus diplomatique. »

L’homme aux 24 titres du Grand Chelem a également souligné les défis pour donner la parole aux joueurs face aux institutions en place. « L’ATP et la WTA existent depuis des décennies. Elles ont le pouvoir, les ressources et le soutien des sponsors. Se dresser contre elles n’est pas facile, mais c’est nécessaire pour l’avenir du tennis. »

Novak Djokovic a précisé que la PTPA ne cherche pas à s’opposer aux circuits existants, mais à avoir une voix dans les décisions prises. « Nous voulons plus de transparence et que les joueurs aient un vrai pouvoir de négociation. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. »

Le manque d’implication des autres joueurs

L’un des obstacles majeurs rencontrés par la PTPA est le manque d’unité parmi les joueurs. Le Serbe a exprimé sa frustration sur ce point : « Beaucoup de joueurs sont d’accord avec nous en privé, mais ils n’osent pas s’exprimer publiquement. Ils ont peur des répercussions sur leur carrière ou de perdre des opportunités avec l’ATP. »

Il a souligné que d’autres joueurs de premier plan devraient s’engager davantage pour donner plus de poids au mouvement : « Si nous étions plus nombreux à parler ouvertement, les choses avanceraient plus vite. Nous avons besoin de l’unité du vestiaire. »

« L’ATP et la WTA prennent des décisions pour nous sans nous consulter. Ce n’est plus acceptable. Nous devons avoir notre mot à dire. »

Un impact potentiel sur l’avenir de la PTPA et du tennis

Djokovic reste convaincu que la PTPA peut faire évoluer le tennis : « Cette lutte ne concerne pas uniquement notre génération. Nous voulons un meilleur système pour les générations futures. Si nous ne faisons rien aujourd’hui, le problème restera le même dans 10 ou 20 ans. »

Il a également évoqué l’impact que peut avoir une réforme réussie : « Si la répartition des revenus était plus juste, on verrait plus de jeunes talents émerger. Aujourd’hui, beaucoup abandonnent faute de moyens. C’est une énorme perte pour le tennis. »

Le combat de la PTPA est loin d’être fini, mais le Serbe espère que les discussions mèneront à des changements concrets dans les années à venir.

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