Depuis 2005, il n’avait manqué qu’un seul rendez-vous Porte d’Auteuil, lors de l’édition 2023. Cette fois, c’est sûr : Rafael Nadal ne reviendra pas, et Roland-Garros s’apprête à vivre une nouvelle édition, orpheline de sa plus grande légende.
Et alors que les souvenirs affluent, nous fêtons ce vendredi la 20e bougie du tout premier match joué par Nadal à Roland-Garros, lançant une première épopée et un premier sacre parisien pour l’Espagnol.
Cette édition 2005 des Internationaux de France est la première à laquelle participe le Majorquain. Des blessures au coude et à la cheville gauche l’avaient contraint à faire l’impasse sur les éditions 2003 et 2004.
Tout juste majeur, Nadal arrive sur la terre battue parisienne en tant que tête de série numéro 4. De quoi se sentir confiant, d’autant plus que « Rafa » est l’auteur d’un printemps irréel, titré à Monte-Carlo, Barcelone et Rome. Rien que ça. Pourtant, le principal intéressé affirmait ne pas être le favori.
Une campagne parisienne qui donne le ton
Les premiers tours se déroulent logiquement sans encombre face à Lars Burgsmüller (6-1, 7-6, 6-1) puis face à Xavier Malisse (6-2, 6-2, 6-3). Les choses auraient pu se compliquer au troisième tour face à un certain Richard Gasquet, demi-finaliste à Monte-Carlo puis finaliste à Hambourg, mais il n’en sera rien. L’Espagnol prend l’ascendant (6/4, 6/3, 6/2) et atteint la deuxième semaine de Roland-Garros sans avoir perdu le moindre set.
En huitièmes de finale, c’est le Français, tête de série numéro 23, Sébastien Grosjean, qui se dresse sur la route de Rafael Nadal. Un match à rallonge puisque la pluie s’était invitée sur le court Philippe Chatrier et avait contraint une reprise du match au lendemain.
Le Majorquin s’imposera sans difficulté malgré la perte du second set et va même coller une bulle à Grosjean sur le set suivant (6-4, 3-6, 6-0, 6-3).
En quarts de finale, son compatriote David Ferrer ne fera pas le poids face à l’impact du lift adverse. L’Espagnol est en totale démonstration et se qualifie logiquement pour le dernier carré (7-5, 6-2, 6-0). Il y retrouvera le numéro 1 mondial, Roger Federer.
Pourtant, l’énorme duel qu’on était en droit d’attendre n’aura pas lieu. L’Helvète s’empare, toutefois, de la seconde manche grâce à un double break réalisé en 20 minutes. Mais, le Taureau de Manacor réagit rapidement et remet progressivement la mainmise sur le match. Le rythme effréné du fond du court qu’impose Nadal fait craquer Federer. L’Espagnol finit par s’imposer en quatre sets (6-3, 4-6, 6-4, 6-3).

Une finale pour la légende
Place désormais à la finale où Nadal retrouvera un adversaire surprise avec l’Argentin Mariano Puerta qui n’était alors que 37e joueur mondial. Qui aurait cru retrouver en finale Porte d’Auteuil, celui qui avait été suspendu 9 mois en 2003 après avoir été testé positif au clenbuterol, un stéroïde anabolisant ?
Pourtant, Puerta pousse Nadal dans ses retranchements et s’adjuge le premier set au bout d’un indécis tie-break. Dans la continuité, l’Espagnol ne se laisse pas abattre et survole les deux sets qui suivent. La quatrième manche est bien plus disputée, à tel point que l’Argentin s’offre 3 balles de set, qu’il ne convertira pas. À 5-5, Nadal prend enfin le service adverse et sur un ultime coup droit de Puerta s’échappant dans le couloir, le Taureau de Manacor s’écroule par terre.
Une 24e victoire consécutive sur terre battue pour Nadal mais surtout un premier titre en Grand Chelem qui marque le début d’une hégémonie sans pareil à Roland-Garros (6-7, 6-3, 6-1, 7-5).
Qui aurait cru, en 2005, que ce premier Graal parisien en appellerait 13 autres ? Personne, et pas même Rafael Nadal lui-même.
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