Andrea Gaudenzi : « Le modèle élargi des Masters 1000 est une transformation pour le tennis »

Le président de l’ATP, Andrea Gaudenzi, s’est exprimé sur les réformes en cours dans le tennis masculin, avec l’introduction des Masters 1000 sur 12 jours et les investissements massifs dans les infrastructures. L’Italien revient sur les enjeux de ce tournant et sur les débats qu’il suscite.
Andrea Gaudenzi et Jannik Sinner lors du Masters 2024 (Valerio Pennicino/Getty Images) Andrea Gaudenzi et Jannik Sinner lors du Masters 2024 (Valerio Pennicino/Getty Images)
Andrea Gaudenzi et Jannik Sinner lors du Masters 2024 (Valerio Pennicino/Getty Images)

Interrogé sur le nouveau système des Masters 1000 sur deux semaines, Andrea Gaudenzi se réjouit : « Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est la marge de croissance future. Nous ne faisons qu’effleurer la surface. Avec les bonnes bases en place – des formats élargis, des infrastructures plus solides – nous débloquons de nouveaux niveaux d’investissement, comme Cincinnati l’a montré cette année. »

Cincinnati en exemple

Pour illustrer ce changement de modèle, Gaudenzi prend l’exemple de Cincinnati, passé cette année à un format de 12 jours et accompagné d’un projet de rénovation majeur : « Le passage à un format de 12 jours a donné aux tournois le temps, la stabilité et la confiance dont ils avaient besoin pour voir plus grand – et ce qui se passe à Cincinnati en est l’exemple parfait. »

Il décrit l’ampleur des transformations en cours : « Ils ont entrepris une rénovation à 260 millions de dollars, en plusieurs phases, qui va rehausser chaque aspect de l’événement. Pour les fans, cela signifie plus de billets disponibles et une capacité accrue des stades, ainsi qu’une expérience améliorée sur site, à la hauteur d’un événement mondial de premier plan. En ce qui concerne les joueurs, ce sont de nouveaux vestiaires, des espaces de récupération améliorés et de meilleures conditions dans tous les domaines. Pour les médias, ce sont des infrastructures de diffusion de classe mondiale qui aident à élever la manière dont l’événement est vu à travers le monde. »

Un calendrier sous tension

« Donnez cinq ou dix ans à ce modèle » – Andrea Gaudenzi

Concernant l’impact de l’élargissement des Masters 1000 sur le calendrier des joueurs, le président de l’ATP reconnaît les contraintes mais insiste sur la vision à long terme : « Le format élargi augmente le temps passé sur place, et c’est une vraie considération. Mais il libère aussi le potentiel de revenus nécessaire pour élever l’ensemble du circuit. Des réformes comme celles-ci ont été longuement débattues – avec le conseil des joueurs – pendant plusieurs années. Donnez cinq ou dix ans à ce modèle, et je pense que les Masters 1000 connaîtront une croissance exponentielle sur tous les indicateurs, et nous considérerons cette évolution comme le fondement de ce changement. »

Gaudenzi précise également l’un des objectifs prioritaires : « L’un de nos objectifs stratégiques clairs est de donner plus d’argent à plus de joueurs. Nous l’avons fait avec la pension des joueurs, qui est passée de 165 à 300 bénéficiaires, en doublant les prize money au niveau Challenger depuis 2022. Et nous le faisons grâce aux grands événements, avec de grandes scènes et des tableaux plus larges, qui font tourner le moteur commercial du sport. »

Retraits et participation

Face aux débats suscités par les absences de certains joueurs majeurs, comme Sinner et Alcaraz à Toronto, Gaudenzi met les choses en perspective : « Les forfaits font partie du sport professionnel, surtout dans un sport aussi exigeant physiquement que le tennis. Dans ce cas, Jannik et Carlos ont tous deux atteint les finales de Roland-Garros et de Wimbledon – un accomplissement incroyable. Avec seulement deux semaines entre Wimbledon et Toronto cette année, le calendrier était particulièrement serré. Bien sûr, j’ai de la peine pour le tournoi. C’était malheureux mais ce n’était pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière fois qu’un Masters 1000 fera face à des forfaits. »

Le président de l’ATP revient enfin sur le statut particulier des joueurs : « En tant qu’indépendant, vous n’êtes pas lié au circuit comme un joueur NBA ou NFL l’est par un accord collectif, ou comme un employé dans une équipe. Si vous ne voulez pas jouer un tournoi, vous n’avez pas à le faire – les règles du zéro-point et les primes incitent à la participation, mais elles ne l’imposent pas. »

Ajouter un commentaire Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article précédent
À l'US Open, Jannik Sinner tentera de défendre son titre - US OPEN

Jannik Sinner avant l'US Open : "Je suis presque remis, mais pas encore à 100%"

Article suivant
Alexander Zverev tentera, à l'US Open, de remporter son premier titre du Grand Chelem. (Getty Images)

Alexander Zverev : "J’ai reçu une aide professionnelle, et tout se passe bien"