Dimanche, Sarah Rakotomanga a battu l’Indonésienne Janice Tjen (6-3, 6-4) pour soulever le plus grand trophée de sa jeune carrière. Interrogée juste après son sacre, elle n’a pas caché son incrédulité.
« C’est incroyable. C’est incroyable. Je n’étais pas la favorite dans ce tournoi », a-t-elle confié à CLAY.
Avec un classement modeste et seulement son troisième tournoi WTA après Rouen et Roland-Garros, la gauchère a vécu une semaine de rêve : « J’ai joué match par match, point par point. J’aurais pu perdre au premier tour. Mais j’ai tout donné, et je crois que je mérite ce qui est arrivé ici. »
UN MOMENT GRAVÉ DANS SA MÉMOIRE 🌟
L’instant où Sarah Rakotomanga décroche le premier titre de sa carrière à 19 ans en remportant le WTA 250 de Sao Paulo. 🔥🇫🇷
La Française était menée 5-0 dans le troisième set de son premier tour. C’EST FOU. 😭pic.twitter.com/51X4tOXZ1b
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« Je ne réalise pas » : la victoire d’une outsider
Avec ce premier trophée, Rakotomanga a aussi effacé la frustration de plusieurs finales perdues sur le circuit secondaire cette saison.
« La pression redescend un peu. Je m’étais dit qu’il m’en fallait un avant la fin de l’année. C’est chose faite, c’est génial », a expliqué la protégée de Thomas Delgado à L’ÉQUIPE. En juin dernier, après sa défaite à Biarritz, elle écrivait encore sur Instagram qu’elle « cherchait toujours ce titre ». À São Paulo, elle a enfin soulevé une coupe, et pas n’importe laquelle : un WTA 250.
Le relâchement comme force
Nerveuse au réveil le jour de la finale, la Française a su trouver le bon état d’esprit une fois sur le court. « J’ai fait abstraction de l’enjeu et j’ai pensé à moi, à ce que je devais faire. Je n’ai pas eu de pensées parasites », raconte-t-elle.
Son tennis instinctif, décrit comme « facile », a de nouveau fait merveille : « Je joue beaucoup à l’instinct. J’essaye désormais d’être plus consistante, mais c’est ma nature », expliquait-elle encore dans CLAY. Gauchère, elle estime aussi que cette singularité lui donne « un vrai avantage », qu’elle apprend progressivement à exploiter.
La route jusqu’au titre n’a pas été linéaire. Dès le deuxième tour, Rakotomanga s’est retrouvée au bord de l’élimination, menée 5-0 dans le troisième set contre la Mexicaine Ana Sofia Sanchez, avant de sauver trois balles de match.
SARAH RAKOTOMANGA 🇫🇷 A REMPORTÉ CE TOURNOI.
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« J’étais vraiment mal barrée, mais je me suis accrochée. Ça m’a donné la force pour aller jusqu’au bout », a-t-elle reconnu dans L’ÉQUIPE. Une victoire qui a transformé la peur de perdre en moteur pour le reste du tournoi.
Originaire de Madagascar, mais française de naissance, Rakotomanga revendique ses deux cultures : « Mes ancêtres sont de Madagascar, mais j’ai toujours eu la double nationalité. Mon prénom, Tiantsoa, est typiquement malgache et signifie « la bien-aimée ». » Elle admet toutefois avoir choisi d’être appelée Sarah dans le milieu du tennis dès l’enfance.
Neymar, Mbappé et une touche de légèreté
Très à l’aise dans ses références culturelles, la jeune Française n’a pas hésité à conclure son discours de remise des prix par un clin d’œil à Kylian Mbappé : « Le tennis, il a changé », en référence au fameux « le football, il a changé ».
Une dédicace pour son meilleur ami, fan du PSG. Et lorsqu’on lui demande pourquoi elle associe le Brésil à Neymar, elle répond avec spontanéité : « Je suis supportrice, je le trouve trop beau. Ma mère aussi ! »
Sarah Rakotomanga 🇫🇷 après son titre à Sao Paulo :
🗣️ « Brésil, tu as un cœur spécial… une place spéciale dans mon cœur ! Neymar aussi. » 🇧🇷
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Avec ce titre, Rakotomanga bondit de la 214e à la 131e place mondiale. La Française s’envole désormais vers le Portugal pour un WTA 125, avec un trophée dans ses bagages et un nouveau statut à défendre.