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Gilles Simon, voix libre du tennis français : “Chez nous, un joueur capable de gagner un Grand Chelem finit 10e mondial”

Cinq ans après son livre coup de poing, Gilles Simon dresse un constat sans fard : la France forme des joueurs, mais elle ne fabrique plus de champions. Dans un entretien sans filtre, l’ex-Top 10 explique pourquoi un potentiel vainqueur de Grand Chelem termine chez nous joueur du Top 10, et pourquoi il veut désormais agir sur le terrain, là où tout se joue réellement.
Gilles Simon estime qu'il est très compliqué d'avoir des français atteindre le Graal du tennis (Alamy)

Depuis sa retraite, Gilles Simon a troqué le short pour la parole libre. Et loin de s’adoucir avec le temps, son regard sur le tennis français s’est encore affûté. Cinq ans après Ce sport qui rend fou, son livre devenu référence sur les failles structurelles du tennis hexagonal, l’ancien Top 10 continue de poser un diagnostic sans détour lors d’une interview avec Eurosport : la France sait produire des joueurs… mais ne sait pas créer des champions.

La nuance est fine, mais essentielle. Et Simon la répète aujourd’hui avec la même conviction.

“On détecte très bien, mais on développe mal le très haut niveau”

Pour Simon, le problème n’a jamais résidé dans le vivier, riche, dense et homogène, mais dans la capacité à transformer un talent brut en machine gagnante : “Un joueur qui pourrait gagner un Grand Chelem, chez nous, finit 10ᵉ mondial. Un joueur avec un potentiel Top 10 termine 30ᵉ.”

Ce glissement de niveau est au cœur de sa critique. La France, dit-il, possède tout ce qu’il faut pour amener un jeune joueur au seuil du Top 100. Mais l’étape suivante, celle où se fabriquent les monstres, est moins maîtrisée.

Le contre-modèle italien : l’écosystème qui accélère tout

Lorsqu’on l’interroge sur l’explosion italienne, Simon n’y voit pas du hasard, mais de la méthode. Des tournois en pagaille, des structures modernisées, des collaborations fortes entre fédération et académies, un environnement qui, selon lui, crée un effet boule de neige vertueux :

  • plus d’opportunités de jouer

  • plus de joueurs en progrès simultané

  • plus de confrontations entre talents

  • plus de chances d’émergence d’un Sinner

La France, selon Simon, dispose d’un vivier comparable, mais perd des points lorsqu’il s’agit de pousser un joueur vers l’extraordinaire.

Le grand problème : le “logiciel” du haut niveau

Ce qui manque, selon lui, c’est un changement profond de culture. Pas dans les clubs, ni dans la détection, qu’il juge excellente. Mais au niveau du haut niveau, du moment où un jeune joueur entre au CNE, entre 15 et 16 ans, et où il faut le propulser dans la stratosphère.

Ce moment, crucial, nécessite selon Simon des entraîneurs ultra-compétents, déjà connectés aux exigences du top mondial : “À cet âge-là, il faut quelqu’un qui sait déjà ce qu’est le très haut niveau. Qui peut anticiper ce que demande le tennis moderne, pas juste accompagner.”

Il cite Ivan Ljubicic, aujourd’hui impliqué dans la haute performance française, mais souligne que le Croate ne peut pas tout superviser. Et que le terrain, selon lui, n’est pas encore assez maîtrisé par ceux qui doivent accompagner les plus prometteurs.

Son ambition : être sur le terrain, pas derrière un bureau

Simon ne veut pas être un homme politique du tennis français. Il ne veut pas présider, ni siéger, ni diriger. Il veut entraîner, façonner, orienter : “Je veux aider sur le terrain. C’est là où je suis bon, et c’est là que je veux être.”

Il s’imagine volontiers au CNE, auprès de la génération 15-20 ans, dans un rôle de coach-référent, capable d’amener un jeune talent vers la bonne direction. Il se voit aussi apporter son expertise comme deuxième coach auprès d’un joueur déjà établi.

Il aurait aimé être capitaine de Coupe Davis après sa retraite, par envie d’être utile. Il s’est proposé. Rien ne s’est fait. Il attend encore, mais pas indéfiniment.

Gilles Simon, futur capitaine de la Coupe Davis ? (Alamy)
Gilles Simon, futur capitaine de la Coupe Davis ? (Alamy)

Un désir d’aider… sans garantie d’être entendu

Simon conclut avec lucidité : Il a fait savoir qu’il voulait aider. Il l’a dit, répété : “La balle n’est pas dans mon camp.”

Il sait que le temps joue un rôle. Et que si une opportunité ailleurs apparaît, il la saisira.

Mais sa priorité reste la même : transmettre ce qu’il sait du très haut niveau, pour éviter que la France, encore une fois, transforme un diamant brut en joueur “seulement” excellent.

C’est peut-être cela, finalement, la grande leçon de Gilles Simon : en France, le problème n’est pas le talent. C’est ce qu’on en fait.

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