Quelques mois plus tôt, c’était lui qui évoluait au-delà de la 100e place mondiale et qui bataillait face aux têtes de série. Valentin Vacherot n’avait encore jamais remporté le moindre match dans le tableau principal d’un Grand Chelem.
Ce lundi, c’est chose faite pour le Monégasque, qui a assumé son statut en dominant assez nettement l’Américain Martin Damm, 177e mondial, en trois sets (6-4, 6-4, 6-4).
Vacherot va continuer de découvrir le circuit principal
On a parfois tendance à l’oublier, mais Vacherot a intégré le top 100 pour la première fois à l’occasion du tournoi de Shanghai, qu’il a ensuite remporté. « On a l’impression que ça fait trois ans que je suis 30e mondial. Alors que non, ça fait deux mois », s’est amusé Vacherot après sa victoire.
Il est en effet difficile d’imaginer qu’il y a tout juste un an, le Monégasque sortait dès le deuxième tour des qualifications face à un joueur classé au-delà de la 300e place mondiale.
Mais il n’a disputé que le dernier mois de la saison dans la peau d’un joueur du top 50. Il lui reste donc de nombreux tournois à découvrir, qu’il ne pouvait pas disputer auparavant en raison de son classement. « Cette année, je vais découvrir les tableaux finaux de plein de tournois, a détaillé le 31e mondial. Et j’aurai toujours mes yeux d’enfant. J’ai joué les qualifications ici l’an dernier, mais entrer directement dans le tableau final, arriver sur le court pour jouer un match en trois sets gagnants, c’est un truc dont j’ai toujours rêvé. »
Un niveau moyen en progression
Dans la même logique, on peut également souligner la rapide adaptation de Vacherot au plus haut niveau mondial. Réussir un tournoi parfait, certains en sont capables. Mais enchaîner, gagner plus de 150 places au classement puis disputer chaque semaine des tournois du circuit principal comme s’il le faisait depuis des années, c’est forcément plus compliqué. Sauf pour lui. Face à Martin Damm, le Monégasque a prouvé qu’il méritait pleinement son classement, en se montrant solide dans les points importants et en sachant précisément quand accélérer le jeu.
Logiquement, et après moins de deux heures de jeu, Vacherot s’est offert sa première victoire dans le tableau principal d’un Grand Chelem. Le début d’une longue et belle aventure à 27 ans. « Oui, je me dis : ça y est, c’est fait, maintenant c’est parti. Même s’il y a un écart de classement sur le papier, il y a quelques mois, c’est moi qui étais dans sa peau face à des joueurs autour de la 30e place mondiale. »
Malgré sa progression, Vacherot ne souhaite pas changer sa manière d’aborder les rencontres : « Je sais que quand je rentre sur ce court, à n’importe quel moment, je peux me faire battre. Parce que c’est le tennis, et moi je l’ai fait il n’y a pas longtemps, battre des mecs comme ça en étant moins bien classé. Donc j’étais concentré à 120 % sur ce match. À 95 %, ça aurait pu faire 6-4, 6-4, 6-4 pour lui. Donc je suis super heureux. »