Comme on se retrouve. À croire que Daniil Medvedev et Learner Tien sont de vieux copains, avec des dizaines de batailles au compteur. Pourtant, leur premier affrontement remonte à tout juste un an, au deuxième tour de l’Open d’Australie.
Le jeune Américain, alors âgé de 19 ans, s’était offert le scalp du finaliste en titre après un combat de près de cinq heures de jeu. Dimanche, les deux hommes vont remettre ça, cette fois en huitième de finale. Et les dynamiques ont bien changé, notamment du côté du Russe.
Medvedev a tout changé et s’est remis à gagner
À la sortie du mois d’août, après une saison très éloignée des standards de l’ex-numéro 1 mondial, Medvedev a décidé d’activer les grandes manœuvres. Après huit ans de collaboration, il a dit au revoir à Gilles Cervara. Tombé à la 18e place mondiale et incapable de dépasser deux tours en Grand Chelem, son élimination dès le premier tour à New York a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
« Ça faisait trois ou quatre ans qu’il n’y avait pas d’évolution dans son jeu, estime Jean-René Lisnard, l’un de ses anciens formateurs à Cannes. Il restait sur ses acquis. Daniil, c’est un joueur au niveau très sûr : il ne descend jamais en dessous d’un certain seuil parce qu’il l’a en lui et qu’il se bat tout le temps. Quand vous avez ça, c’est de l’or dans les mains. »
Pour l’accompagner, Medvedev a choisi de s’entourer de Rohan Goetzke et de Thomas Johansson. « Au départ, je les ai engagés à l’essai jusqu’à la fin de la saison 2025, expliquait le n°12 mondial quelques jours avant le début du tournoi. Mais j’adore travailler avec eux, et je pense que c’est réciproque, donc on a décidé de continuer en 2026. »
Le trio, formé en septembre, a immédiatement trouvé ses repères. En fin d’année, Medvedev, qui n’avait plus remporté de titre depuis mai 2023, s’est adjugé le tournoi d’Almaty, avant de commencer 2026 par un nouveau titre à Brisbane. Des performances qui le rapprochent d’un retour dans le top 10.
Bataille de styles avec Tien
À 29 ans, Medvedev retrouve donc son « ancien nouveau copain », qui a lui aussi pris du galon. Hors du top 100 lors de leur premier duel, l’Américain pointe désormais aux portes du top 20, avec deux titres à son palmarès (ATP 250 de Metz et Masters Next Gen).
Dès qu’il a connu l’identité de son adversaire, Medvedev n’a pas caché que ces confrontations avec le joueur de 20 ans ne figuraient pas parmi ses préférées : « Le truc, c’est que je n’aime pas trop jouer contre lui, mais lui doit me détester aussi, parce que dans tous nos duels, je servais pour le match ou quelque chose comme ça. Ce sont de longs échanges, très physiques… »
Pour Jean-René Lisnard, le jeu de Tien a tout pour perturber le vainqueur de l’US Open 2021 : « Tien est un joueur assez patient, qui joue à plat, qui joue un peu avec l’adversaire. C’est exactement ce que Daniil n’aime pas. Il préfère quand le joueur en face s’excite, parce que lui est trois mètres derrière la ligne, il remet tout et force l’autre à prendre des risques. Sur la durée, il fait la différence. Là, l’Américain se déplace beaucoup, c’est un petit gabarit capable de le faire jouer, de slicer, et donc Daniil est obligé de créer davantage. »
Dans sa quête de retour vers les sommets, Medvedev aura fort à faire ce dimanche, d’autant qu’il a déjà laissé des plumes au troisième tour face à Fabian Marozsan, après avoir été mené deux manches à zéro avant de s’imposer en cinq sets. À lui de prouver qu’il a encore les ressources pour inquiéter ce duo infernal… auquel il manque peut-être encore un troisième larron.