Alors que le score penchait largement en sa faveur, Lorenzo Musetti a dû abandonner en pleine bataille, laissant Novak Djokovic filer en demi-finales de l’Open d’Australie.
En conférence de presse, le Serbe a détaillé ce qu’il avait ressenti sur le court, la manière dont il avait perçu la difficulté de son adversaire, et les ajustements qu’il devra envisager pour affronter les prochains favoris du tournoi.
Novak, à quel moment avez-vous compris que Lorenzo avait des difficultés, ou que sa blessure l’handicapait ?
Novak Djokovic : Honnêtement, la première fois que je l’ai vu un peu en difficulté, c’était lors du troisième jeu du troisième set quand j’ai breaké son service. Mais j’ai parlé à certains membres de son équipe, comme mon ancien agent Eduardo, et il m’a dit qu’il se plaignait déjà au début du deuxième set. Je ne sentais pas que ça affectait trop son jeu à ce moment-là, mais ça a probablement empiré, et voilà ce qui s’est passé.
🗣️🇷🇸 Novak Djokovic : « Je ne sais même pas quoi dire. Il était bien meilleur que moi. J'étais sur le chemin de la maison. Je ne sais pas quoi dire… il avait la situation en main, c'est vraiment dommage. Je lui souhaite un bon rétablissement. »pic.twitter.com/E4nFdKEH5W
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) January 28, 2026
Pour vous, qu’est-ce qui rend Jannik si dangereux et comment comptez-vous contrer ses forces ?
Novak Djokovic : J’ai perdu contre lui quatre ou cinq fois d’affilée. Ils jouent tous les deux à un très haut niveau actuellement avec Carlos, les deux meilleurs joueurs du monde. Ce sont les favoris absolus, mais on ne sait jamais. Je vais devoir élever mon niveau pour espérer les battre, et aujourd’hui je n’étais pas proche de mon meilleur tennis, donc je dois changer ça.
Pouvez-vous nous mettre à jour sur votre condition physique et sur l’exigence physique à ce niveau de compétition ?
Novak Djokovic : J’avais une ampoule qui devait être soignée et retapée, c’est ce que j’ai fait au dernier match. C’est ma plus grande préoccupation pour le moment, je n’ai pas d’autres problèmes majeurs. Le tennis est un sport très physique, individuel. L’exemple d’aujourd’hui avec Musetti montre bien combien c’est exigeant : il était proche de gagner et tout à coup, sa blessure l’empêche de continuer. Dans notre sport, on ne peut pas remplacer un joueur comme dans un sport d’équipe, il faut toujours être au meilleur niveau.
Après un match comme celui-ci, le sentiment de confiance est-il toujours là ou pensez-vous que vous êtes arrivé à votre limite ?
Novak Djokovic : Je ne veux rien enlever à la qualité de jeu de Musetti, mais j’ai sous-performé par rapport au niveau que j’avais montré jusqu’ici dans le tournoi. Je dois mieux jouer. Si mon corps tient et si je joue bien, j’ai toujours une chance, surtout en demi-finales d’un Grand Chelem. Ma motivation et ma confiance sont intactes, sinon il n’y aurait aucun intérêt à jouer.
Certains joueurs ont exprimé leur frustration face aux caméras installées dans les coulisses. Que pensez-vous de cette tendance à transformer le tournoi en sorte de « reality show » ?
Novak Djokovic : Je comprends la frustration de Coco [Gauff] et d’autres. C’est difficile de ne pas pouvoir exprimer sa frustration à l’abri des caméras. On vit dans une société où le contenu est roi, donc cette tendance va probablement continuer, voire s’intensifier. Il faudrait des limites, mais je doute que la situation revienne en arrière. Je suis surpris qu’il n’y ait pas de caméras sous la douche. C’est probablement la prochaine étape (rires).
Au début de votre carrière, vous poursuiviez Roger et Rafa. Aujourd’hui, vous suivez Jannik et Carlos. Ressentez-vous la même chose ?
Novak Djokovic : Je trouve un peu irrespectueux d’omettre les 15 années où j’ai dominé les Grands Chelems. Je ne me sens pas en train de « chasser » qui que ce soit. Roger et Rafa resteront mes plus grands rivaux. J’ai beaucoup de respect pour Jannik et Carlos, ils sont jeunes et cela fait partie du cycle naturel du sport. Je ne me considère pas en train de chasser, je crée ma propre histoire et je continue de me battre pour chaque point et chaque match.