Le mouvement lancé par les meilleurs joueurs du circuit continue de prendre de l’ampleur.
Après Aryna Sabalenka, Jannik Sinner, Coco Gauff ou encore Novak Djokovic ces derniers jours, c’est désormais Alexander Zverev qui a pris publiquement position concernant le conflit grandissant entre les joueurs et les Grands Chelems autour de la répartition des revenus.
Présent au Masters 1000 de Rome, l’Allemand a réagi après sa victoire contre Daniel Altmaier (7-5, 6-3) et a tenu un discours particulièrement clair sur le sujet.
« Quinze pour cent, ce n’est pas juste »
Zverev fait partie des joueurs ayant signé la lettre collective envoyée aux organisateurs des Grands Chelems pour réclamer une meilleure redistribution des revenus.
Et pour le n°3 mondial, le problème dépasse largement les stars du circuit : « Quand on regarde la répartition des revenus dans d’autres sports, on est très proche du 50/50 dans beaucoup de disciplines. Alors qu’au tennis, hommes et femmes réunis, nous sommes à environ 15 %. »
Avant de lâcher une phrase forte : « Quinze pour cent, ce n’est tout simplement pas juste pour les joueurs. »
Selon les chiffres évoqués ces dernières semaines, les joueurs estiment que leur part des revenus à Roland-Garros serait passée de 15,5 % en 2024 à environ 14,9 % en 2026, malgré des revenus globaux toujours en hausse et dépassant les 400 millions d’euros.
« Ce n’est pas une question pour les meilleurs joueurs »
Comme plusieurs membres du collectif, Zverev a insisté sur le fait que ce combat ne concernait pas uniquement les stars du circuit : « Jannik gagne bien sa vie. Carlos gagne bien sa vie. Moi aussi. »
Mais selon lui, la réalité économique du tennis reste extrêmement difficile pour une immense partie des joueurs : « Aujourd’hui, je pense qu’environ 150 joueurs seulement peuvent vivre du tennis côté masculin, et probablement encore moins côté féminin. »
L’Allemand estime qu’une redistribution plus proche des standards observés dans les autres sports permettrait d’améliorer considérablement la situation : « Si nous obtenions une répartition plus juste, beaucoup plus de joueurs pourraient vivre du tennis. »
Contrairement à Aryna Sabalenka ou Coco Gauff, qui ont ouvertement évoqué la possibilité d’un boycott des Grands Chelems, Zverev a toutefois temporisé : « Nous n’avons pas parlé de boycott. »
Mais même sans employer ce mot, la pression continue clairement de monter entre les meilleurs joueurs du monde et les organisateurs des tournois majeurs.
« Ce genre de matchs vaut plus que 15 % »
Ces dernières semaines, le collectif de joueurs réclame notamment :
- une redistribution des revenus plus proche des 22 % appliqués dans les Masters 1000 ATP/WTA ;
- une meilleure prise en compte du bien-être des joueurs ;
- et davantage de poids dans les discussions autour de la gouvernance du tennis.
Pour illustrer son propos, Zverev a également pris l’exemple de la finale de Roland-Garros 2025 disputée face à Carlos Alcaraz : « La finale de l’an dernier, avec Carlos, a duré cinq heures et demie, presque six heures. Je pense que ce genre de matchs vaut plus que 15 %. »
À quelques semaines de Roland-Garros, le bras de fer semble loin d’être terminé.