À seulement 17 ans, Moise Kouame continue de faire vibrer Roland-Garros. Le Français, qualifié pour le troisième tour après un combat monumental de 4h56 face à Daniel Vallejo, a livré une conférence de presse pleine de maturité, d’émotion et d’ambition.
« Je me suis découvert aujourd’hui »
Au terme d’un marathon complètement fou, remporté après avoir été mené 5-2 dans le cinquième set, Moise Kouame a expliqué avoir découvert de nouvelles choses sur lui-même, notamment sur le plan physique : « Je jouais 4h56, c’était ma première. Même à l’entraînement, je n’ai jamais fait cinq heures. Donc je me suis un peu découvert aujourd’hui. »
Le Français a surtout insisté sur sa capacité à maintenir une très grosse intensité malgré la chaleur, le stress et la pression d’un court plein : « Aujourd’hui, il y avait le facteur stress, le facteur public et le facteur chaleur. Les trois étaient réunis et j’ai vu que j’étais capable de me pousser dans mes retranchements et repartir avec la victoire. »
Lucide, Kouame sait aussi que ce type de match représente une étape importante dans son développement : « Si un jour je veux gagner des Grands Chelems, il faut être capable de faire ça sept fois. Là, je l’ai fait une fois. Comme on dit, les plus grands voyages commencent toujours par un pas. »
Le public de Roland-Garros, moteur de son exploit
Porté par un court incandescent pendant près de cinq heures, le Français n’a cessé de remercier le public parisien, qu’il considère comme un acteur majeur de sa victoire : « Le public m’a donné énormément d’énergie physiquement et mentalement. Sans eux, ça aurait peut-être été une autre histoire. »
Très démonstratif sur le court, Moise Kouame a même expliqué qu’il travaillait cet aspect avec son coach : « En entraînement, je pratique ce genre de choses. Faire lever le public, créer un show sur le court, c’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé. »
Face à plus de 10 000 personnes scandant son nom, le Français assure avoir pris un plaisir immense : « J’aime ce sport pour ce genre d’atmosphère et ce genre de pression. Franchement, je prends beaucoup plus de plaisir devant 10 000 personnes que devant 10. »
« Il faut toujours croire en soi » : la leçon d’Alcaraz
Mené dans le super tie-break du cinquième set, Kouame s’est accroché mentalement grâce à une pensée bien précise : la célèbre finale remportée par Carlos Alcaraz après avoir sauvé trois balles de match en 2025 : « Ce que j’ai appris de cette finale de Carlos Alcaraz, c’est qu’il faut toujours croire en soi. Même si tu es à un point de perdre, il faut continuer d’y croire. Aujourd’hui, c’est ce que j’ai fait. »
Le Français reconnaît avoir traversé des moments extrêmement compliqués mentalement lorsque son avance a fondu dans le tie-break décisif : « Passer de 6-1 à 6-7, mentalement c’était très dur. J’ai vraiment dû rester calme et penser uniquement au point suivant. »
Une ascension fulgurante qu’il n’avait pas imaginée
Il y a encore quelques mois, Moise Kouame évoluait sur le circuit ITF devant quelques centaines de spectateurs. Désormais, il est au troisième tour de Roland-Garros et son nom explose partout : « Si quelqu’un m’avait dit avant Roland que j’allais faire troisième tour, battre un ancien vainqueur de Grand Chelem et gagner un match de presque cinq heures… je ne sais pas si je l’aurais cru. »
Concernant sa popularité grandissante, le Français préfère garder du recul : « Ce n’est pas à moi qu’il faut dire bravo pour les réseaux, c’est à mes sœurs, c’est elles qui gèrent. Moi, je regarde très peu les réseaux sociaux. »
Mais une chose est sûre : Moise Kouame vit pleinement son rêve parisien : « Je n’ai pas le temps de me reposer sur ce que je viens de faire. J’ai déjà la tête au prochain match. »