Après plusieurs années de domination presque totale sur la terre battue parisienne, Iga Swiatek a quitté Roland-Garros prématurément. Battue en deux sets par Marta Kostyuk, elle n’a jamais réussi à trouver son rythme sur le court Philippe-Chatrier.
La Polonaise n’avait plus quitté Roland-Garros dès les huitièmes de finale depuis 2019. Sur le plan du classement, Swiatek occupe désormais la 11e place à la Race 2026 et n’a, pour l’instant, disputé aucune finale cette saison.
Face aux médias, l’ancienne n°1 a reconnu que son niveau de jeu était insuffisant pour rivaliser avec une adversaire qui a parfaitement saisi sa chance.
« Ce n’était clairement pas une bonne journée au bureau. Il y a beaucoup de choses que j’aurais pu mieux gérer. C’était très difficile pour moi de maintenir le niveau que je voulais avoir aujourd’hui », a-t-elle déclaré.
La sextuple championne en Grand Chelem e a également tenu à saluer la performance de son adversaire : « À ce stade du tournoi, chaque joueuse a déjà gagné plusieurs matchs et sait profiter des opportunités. Félicitations à Marta. »
Après un premier set accroché perdu 7-5, Swiatek a complètement sombré dans la deuxième manche, laissant notamment Kostyuk enchaîner six jeux consécutifs pour terminer la partie.
« J’ai perdu parce que j’étais très tendue »
Interrogée sur sa manière de gérer les défaites aujourd’hui comparée au début de sa carrière, la quadruple lauréate de Roland-Garros a expliqué que l’impact émotionnel restait intact : « Je crois même que j’y tiens davantage aujourd’hui. J’ai toujours énormément tenu à gagner. »
Elle estime néanmoins que chaque défaite possède sa propre histoire : « Certaines défaites sont plus faciles à accepter parce que vous savez que ce n’était simplement pas votre jour ou que votre adversaire était meilleure. »
Dans son cas, la frustration provient surtout du fait qu’elle sait être capable de beaucoup mieux : « Je sais que je peux jouer à un meilleur niveau, mais aujourd’hui je n’ai pas réussi à le faire. J’ai tout essayé pour gérer la situation mais c’était compliqué. Maintenant, il ne me reste qu’à apprendre de cette défaite. »
Au fil de la conférence de presse, un thème est revenu à plusieurs reprises : la tension. Selon Swiatek, ce facteur a progressivement détruit son tennis au cours du match : « J’ai perdu le contrôle du match et je n’ai jamais trouvé le moyen de revenir. Je me sentais de plus en plus mal. »
Contrairement à certaines défaites récentes où elle estimait avoir été simplement dominée dans le jeu, celle-ci possède une origine différente : « Je sais que j’ai perdu aujourd’hui parce que j’étais très tendue et que mon corps ne faisait plus ce que je voulais qu’il fasse. »
La Polonaise ne considère toutefois pas ce problème comme une fatalité : « Je peux travailler là-dessus. Il y a une raison et probablement une solution. Peut-être que cela prendra une saison entière, mais je dois croire que je peux résoudre ce problème. »
Un stress qui affecte directement son jeu
Questionnée sur les raisons de cette tension inhabituelle, Swiatek n’a pas souhaité entrer dans les détails. « Nous ne sommes pas dans une séance de thérapie », a-t-elle lancé avec un sourire.
Elle a néanmoins reconnu que ce sentiment n’était pas nouveau : « Il est devenu plus difficile pour moi de gérer le stress ces derniers temps. J’ai déjà ressenti cela cette année. »
Les conséquences ont été visibles sur le terrain : « Je voulais jouer avec sécurité mais les balles partaient dans tous les sens. J’ai essayé de corriger cela avec mon dialogue intérieur, mais c’était très difficile aujourd’hui. »
Résultat : son niveau de jeu a progressivement chuté : « Tout est allé de plus en plus mal et j’ai joué de moins en moins bien. »
Le service a également été identifié comme l’un des secteurs les plus fragiles sous pression.
Alors qu’elle n’a plus conservé son engagement après avoir mené 4-3 dans le premier set, Swiatek a reconnu que les ajustements techniques entrepris ces derniers mois demandaient encore du temps : « Je ne place toujours pas mon coude exactement comme je le voudrais. Quand nous aurons davantage de temps pour travailler, je vais devoir répéter encore et encore. »
Elle considère d’ailleurs le service comme le coup le plus sensible lorsque la confiance disparaît : « Si quelque chose doit se désagréger sous pression, c’est généralement le service en premier, puis les déplacements, puis les frappes. »
Cap sur le gazon
Cette élimination précoce lui offre un calendrier inhabituel. Pourtant, la Polonaise refuse d’y voir un quelconque avantage : « Il n’y a aucun bonus à être éliminée du tournoi. »
Avant de penser au gazon, où elle avait réalisé la meilleure saison de sa carrière l’an dernier en remportant Wimbledon, Swiatek souhaite surtout récupérer : « D’abord du repos, puis de l’entraînement. Je n’ai encore rien planifié. »
Elle devrait ensuite rejoindre un centre d’entraînement hors de Pologne afin de préparer le Grand Chelem londonien dans les meilleures conditions.