Alexander Zverev avance sans faire de bruit mais avec une remarquable efficacité. Vainqueur de Rafael Jódar en trois sets (7-6, 6-1, 6-3), l’Allemand s’est qualifié pour les demi-finales de Roland-Garros pour la cinquième fois de sa carrière.
S’il a connu quelques difficultés dans le premier set, notamment lorsqu’il était mené 5-2, le n°3 mondial a rapidement pris le contrôle de la rencontre. Une fois son rythme trouvé, il n’a plus laissé la moindre ouverture à son jeune adversaire espagnol.
« Les conditions étaient très différentes aujourd’hui. J’ai eu besoin d’un peu de temps pour trouver mon rythme. Il l’a trouvé beaucoup plus vite que moi au début. Une fois que j’ai réussi à le faire, je me suis senti très bien sur le court », a-t-il déclaré.
« Nous avons une génération exceptionnelle »
Après avoir battu le jeune Rafael Jódar, Zverev affrontera en demi-finale João Fonseca ou Jakub Menšík, deux autres représentants de la nouvelle vague du tennis mondial.
Pour autant, l’Allemand refuse d’en faire un sujet particulier : « Cela montre simplement que nous avons une génération de jeunes joueurs exceptionnelle. Ils jouent un tennis fantastique. »
À ses yeux, l’écart d’âge n’a aucune importance au moment d’entrer sur le court : « Pour moi, cela ne change rien. Je me concentre sur le prochain match, sur ce que je peux contrôler. Je dois faire confiance à mon jeu et à moi-même. »
Interrogé sur son futur adversaire, Zverev n’a laissé aucune place au doute : « Je m’en fiche complètement, honnêtement. »
Alors que le tableau s’est considérablement ouvert avec les éliminations de Jannik Sinner et Novak Djokovic, l’Allemand refuse de se projeter : « Je me concentre uniquement sur le prochain match et sur le joueur qui sera de l’autre côté du filet. C’est la seule chose que je peux contrôler. »
Le plus grand accomplissement de sa carrière ?
Au cours de la conférence, la discussion a également dérivé vers sa médaille d’or remportée aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021.
Questionné sur un éventuel échange entre ce titre olympique et un trophée du Grand Chelem, Zverev a répondu sans hésiter : « Aucune chance. »
Pour lui, l’or olympique possède une valeur incomparable : « C’est la chose la plus difficile à gagner. Vous n’avez une opportunité que tous les quatre ans. Vous le faites pour votre pays, pour les gens chez vous. »
Avant d’ajouter avec le sourire : « Je n’échangerais jamais ma médaille d’or contre quoi que ce soit. Mais ça ne me dérangerait pas d’ajouter quelques trophées à ma collection. »
L’expérience comme principal atout
Interrogé sur la progression des jeunes joueurs et leur prise de décision sur le court, Zverev a insisté sur un point : le temps.
Selon lui, l’expérience reste irremplaçable : « Quand vous êtes jeune et que vous devenez physiquement plus fort, vous découvrez de nouvelles armes. Vous pouvez soudainement servir à 225 km/h ou frapper beaucoup plus fort. »
Mais apprendre quand utiliser ces armes est une autre histoire : « Il faut simplement du temps sur le circuit. Des années. Comprendre que vous n’avez pas besoin d’utiliser votre puissance à chaque point. »
Pour illustrer son propos, l’Allemand a cité Roger Federer : « Roger était probablement le meilleur de tous pour varier son jeu. Un point il frappait un coup droit énorme, le suivant il jouait un amorti. Il rendait les choses extrêmement difficiles pour ses adversaires. »
À deux victoires d’un premier titre du Grand Chelem, Alexander Zverev apparaît plus que jamais comme le favori du tournoi.
Pourtant, il ne veut pas entendre parler des pronostics : « Je ne fais pas particulièrement attention à ça. Pour moi, tout dépend de mon niveau de jeu. Je dois faire confiance à mon tennis et à moi-même. Si je joue bien, alors c’est 99 % du travail qui est déjà fait. »