Entre Toni Nadal et le tennis moderne, ce n’est pas le grand amour.
L’ancien entraîneur et oncle de Rafael Nadal s’est exprimé au sujet de l’évolution du jeu au niveau professionnel, qu’il considère aujourd’hui comme étant stéréotypé et de plus en plus pauvre d’un point de vue technique.
« Aujourd’hui, c’est : je frappe aussi fort que possible et je cours »
Ayant formé Rafa dès l’enfance et coaché la légende espagnole jusqu’à la fin de la saison 2017, Toni Nadal est réputé pour son exigence et sa rigueur dans le travail acharné.
Interrogé par le média américain ESPN en fin de semaine dernière, le Majorquain s’est alors permis d’évoquer sans détour l’état actuel du circuit ATP. Et une chose est certaine : il n’est pas fan du style de jeu qui se développe depuis plusieurs années. Il a notamment mis l’accent sur le manque de variation induit par l’évolution d’un tennis plus métronomique qu’auparavant.
« Aujourd’hui, la balle va très vite. Il est très difficile d’élaborer une stratégie comme avant. Personnellement, je n’aime pas beaucoup le tennis moderne. J’aime les longs échanges, les points où l’on combine une amortie avec un lob, où un joueur essaie, grâce à son jeu, de créer quelque chose pour ne pas se faire agresser. Aujourd’hui, c’est : je frappe aussi fort que possible et je cours », a-t-il d’abord déclaré.
Toni Nadal n’a pas non plus été tendre avec la génération actuelle. Il reproche en effet aux joueurs les mieux classés de manquer de régularité dans leurs performances, à l’exception de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Selon l’Espagnol, il y a quelques années encore, les membres du top 10 ne perdaient pas aussi fréquemment et, surtout, aussi tôt dans les tournois.
« [Carlos] Alcaraz est un joueur extrêmement complet, très brillant, et [Jannik] Sinner aussi. Il a un contrôle et une maîtrise totale de la balle. Mais avant, j’adorais aussi regarder jouer Del Potro, Murray, Ferrer ou Berdych… Ils ne perdaient pas contre un adversaire inférieur ; ils s’inclinaient à partir des quarts de finale. Aujourd’hui, un top 10 peut perdre contre un 90e mondial. Je n’aime pas ça », a-t-il confié.
Toni Nadal nostalgique de Juan Martín Del Potro
L’ancien coach de Rafa Nadal a ensuite mentionné à plusieurs reprises Juan Martín Del Potro. L’Argentin incarnait, selon lui, un type de profil qui manque au circuit de nos jours, à savoir un joueur complet, toujours capable de se montrer dangereux face aux meilleurs du monde.
« Je trouvais [Juan Martín] Del Potro vraiment, vraiment très bon. Je ne l’aurais jamais choisi comme adversaire, car c’était le genre de joueur qui, quand il était en forme, te posait de réels problèmes. Il servait très bien, il avait un coup droit très puissant, c’était un bon compétiteur, il couvrait bien le court. »
Nadal regrette ainsi les problèmes physiques que Del Potro a rencontrés au cours de sa carrière, sans lesquels, estime-t-il, le natif de Tandil aurait atteint les sommets du tennis mondial.
« Puis, il s’est blessé au poignet. Il restait un bon joueur, mais il a commencé à abuser du slice, ce qui a nui à son jeu et, je pense, l’a également affecté mentalement, ce qui est normal. Il a cessé de croire en lui. »
« Je l’ai dit à maintes reprises, et j’en ai beaucoup discuté avec Rafael : si Del Potro ne s’était pas blessé, il aurait fait partie des ‘habitués’. Il aurait été l’un de ceux, comme [Andy] Murray, à propos desquels on se serait dit : ‘Bon, celui-là peut me battre' », a conclu Toni Nadal sur le sujet.