Alexandra Eala savoure sa victoire contre Iga Swiatek à Wimbledon : « Je suis fière de la façon dont je me suis battue »

Après sa victoire contre Iga Swiatek au troisième tour de Wimbledon, Alexandra Eala est revenue sur son exploit, son lien avec les Philippines et son rêve de devenir une source d’inspiration.
Iga Swiatek s'est imposée contre Iga Swiatek au troisième tour de Wimbledon (Shi Tang/Getty Images) Iga Swiatek s'est imposée contre Iga Swiatek au troisième tour de Wimbledon (Shi Tang/Getty Images)
Iga Swiatek s'est imposée contre Iga Swiatek au troisième tour de Wimbledon (Shi Tang/Getty Images)

Alexandra Eala a signé l’une des plus grandes victoires de sa carrière en éliminant Iga Swiatek, tenante du titre, au troisième tour de Wimbledon. La Philippine de 21 ans, qualifiée pour les huitièmes de finale du Grand Chelem londonien pour la première fois, a livré une conférence de presse marquée par l’émotion, la fierté et un message très fort pour la nouvelle génération.

La 32e mondiale a fait preuve d’un immense courage dans les moments importants pour s’imposer en deux sets et poursuivre son aventure londonienne.

« Je suis fière de la façon dont je me suis battue »

Encore submergée par l’émotion après la rencontre, Eala a eu du mal à résumer ce qu’elle venait d’accomplir en conférence de presse : « J’essaie encore de rassembler mes pensées. Il y a beaucoup d’émotions, c’était une bataille très intense. Je suis vraiment fière de la façon dont je me suis battue et de la manière dont j’ai tenu mon rang sur le court. »

La Philippine refuse toutefois de se satisfaire trop longtemps de cet exploit : « C’est important pour moi de célébrer les victoires comme celle-ci, de les apprécier. Mais plus le prochain match approche, plus mon corps le ressent et plus j’arrive à me reconcentrer. »

Selon elle, cette capacité à revenir rapidement dans le tournoi fait partie de son identité : « Je pense que cette capacité à me reconcentrer vient aussi de mon caractère. »

« Wimbledon a toujours été mon tournoi préféré »

Cette victoire a eu une saveur particulière pour Alexandra Eala, qui disputait l’un des matchs les plus importants de sa carrière sur le Centre Court.

Un court qu’elle considère comme un rêve : « Wimbledon a toujours été mon tournoi préféré. J’ai toujours aimé la tradition autour du tournoi, son élégance, le code vestimentaire tout en blanc, la verdure et les courts en gazon. »

La joueuse de 21 ans assure avoir toujours ressenti un lien particulier avec le Grand Chelem londonien : « Wimbledon a toujours eu une place très spéciale dans mon cœur. Pouvoir jouer sur le Centre Court, sur la plus grande scène du tennis, c’est incroyable. »

Elle estime aussi avoir mieux géré cette expérience grâce à ce qu’elle avait vécu l’an passé : « J’étais dans une situation similaire l’année dernière et j’ai pu apprendre de cette expérience. Je suis arrivée sur ce match avec un meilleur état d’esprit. »

Après sa défaite, Iga Swiatek a expliqué avoir été déstabilisée par les services plus lents d’Eala.

La Philippine y voit une forme de confirmation tactique : « Je n’ai jamais été la plus grande serveuse comparée à beaucoup de joueuses du circuit. Donc je fais de mon mieux pour utiliser mon service comme un avantage. »

Elle estime avoir su exploiter ses qualités autrement : « J’ai beaucoup d’autres forces. Mon service s’est beaucoup amélioré, mais chaque joueuse est différente. Si Iga a dit que ça l’avait gênée, alors j’imagine que j’ai bien fait mon travail. »

Le poids du soutien philippin

Eala a également livré l’un des passages les plus forts de sa conférence de presse lorsqu’elle a été interrogée sur son rôle de modèle pour les jeunes filles aux Philippines.

Très émue, elle a d’abord reconnu la portée de cette responsabilité : « Ce serait l’honneur de ma vie de pouvoir inspirer les autres. »

Mais elle refuse que son parcours devienne un modèle à copier : « Je ne veux pas qu’elles me regardent en se disant : “Je veux devenir la prochaine Alex Eala.” Je veux qu’elles me regardent et qu’elles se disent : “Je veux devenir la première moi-même.” »

La Philippine insiste sur l’importance de tracer son propre chemin : « Je crois en l’authenticité. Je crois en mes valeurs. Cette plateforme me pousse aussi à devenir la meilleure version de moi-même. »

Comme Manny Pacquiao avant elle, Alexandra Eala commence à devenir un véritable phénomène populaire aux Philippines.

Elle assure toutefois voir son parcours comme une aventure personnelle, construite avec son équipe et sa famille : « Je suis très reconnaissante du soutien que je reçois, mais c’est aussi un parcours personnel. Mon équipe, ma famille et moi sommes ceux qui passons des heures sur les courts, qui nous levons tôt et rentrons tard. »

Selon elle, le soutien extérieur est une conséquence du travail quotidien : « L’impact que je peux avoir sur les autres et l’inspiration que je peux apporter sont le résultat de cette éthique de travail. »

Elle décrit également la ferveur des supporters philippins : « Nous sommes très fiers d’où nous venons et nous avons un grand sens de la communauté. Quand quelque chose de positif arrive à un Philippin quelque part dans le monde, nous partageons cette joie ensemble. »

Eala a cité plusieurs grandes figures du sport philippin qui l’ont inspirée.

En premier lieu, Manny Pacquiao : « Aux Philippines, le héros national du sport, c’est Manny Pacquiao. Quand il combattait, c’était presque comme un jour férié. Les gens se réunissaient pour regarder ses combats. »

Elle a aussi mentionné Hidilyn Diaz, première championne olympique de l’histoire du pays, ainsi que Carlos Yulo et EJ Obiena : « Les Philippins ont une immense éthique de travail. Nous travaillons très dur et, quand cela compte, nous savons répondre présents. »

Une joueuse agressive qui assume son style

Tactiquement, Eala estime que son identité de jeu s’accorde bien avec le gazon : « Je suis une joueuse très agressive. J’essaie de saisir toutes les opportunités. Sur gazon, il faut avancer et être courageuse. Quand je vois une occasion, j’y vais. »

Une approche qui a fait la différence contre Swiatek, notamment dans un premier set extrêmement serré : « Dans le tie-break, je pensais seulement point après point. Si vous pensez trop au score, vous commencez à vous effondrer. »

Face à une joueuse du calibre de Swiatek, elle savait que tout pouvait basculer : « Iga est une joueuse incroyable. On ne sait jamais vraiment ce qui peut arriver. Quand je voyais une opportunité, j’y allais. C’était surtout de l’instinct. »

Si son jeu semble parfaitement adapté à Wimbledon, Alexandra Eala n’a pourtant pas grandi sur gazon.

Son souvenir d’enfance est bien différent : « J’ai grandi sur un court qui était peint par-dessus un terrain de basket. Ou peut-être que le terrain de basket était peint sur le court de tennis. Il y avait les paniers, donc je ne pouvais même pas reculer beaucoup, sinon je les heurtais. »

La Philippine n’a réellement commencé à jouer sur gazon qu’en juniors : « Je jouais deux semaines par an sur gazon. Ma première vraie saison sur gazon, c’était l’année dernière. »

Place aux huitièmes de finale

Alexandra Eala affrontera désormais Jasmine Paolini pour une place en quarts de finale.

Une adversaire qu’elle respecte énormément : « C’est une très grande joueuse et une grande combattante. Le match à Dubai n’avait pas été facile et celui-ci ne le sera pas non plus. »

Mais après avoir fait tomber la tenante du titre, la Philippine sait qu’elle a désormais les armes pour continuer à rêver. À condition, comme elle l’a répété, de rester fidèle à elle-même.

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