Alex De Minaur a sans doute vécu l’une des conférences de presse les plus difficiles de sa carrière. Battu par Flavio Cobolli en huitièmes de finale de Wimbledon (7-5, 7-6, 6-3), l’Australien est apparu profondément touché après avoir laissé passer une occasion en or de rallier les quarts de finale.
Le n°6 mondial a reconnu que cette nouvelle désillusion en Grand Chelem commençait sérieusement à entamer sa confiance.
« Ça me brise intérieurement »
De Minaur n’a pas caché sa souffrance après une nouvelle défaite dans un rendez-vous qu’il considérait comme une véritable opportunité.
« Ça me brise intérieurement. C’est la réalité. J’investis énormément de temps dans mon tennis, d’innombrables années de travail, pour vivre des moments comme celui-ci. Et ne pas être capable de répondre présent, c’est vraiment déchirant. C’est très difficile », a-t-il déclaré.
L’Australien estime que ce scénario se répète beaucoup trop souvent dans les grands tournois : « J’ai l’impression que ce genre de déceptions continue de se répéter. Ce n’est pas facile à encaisser. »
Pour le joueur de 27 ans, ces échecs à répétition finissent par laisser des traces psychologiques : « Il y a des moments dans une carrière où l’on sent que des opportunités se présentent, que l’on peut franchir un cap, atteindre un autre niveau et devenir une meilleure version de soi-même. »
Mais ces occasions manquées alimentent désormais ses interrogations : « Quand on échoue sans cesse, on commence à douter de soi. On se demande si l’on sera un jour capable de franchir ce cap et de passer au niveau supérieur. »
De Minaur reconnaît être partagé entre son exigence personnelle et une analyse qu’il juge réaliste de sa situation : « C’est sans doute un mélange entre le fait d’être très exigeant envers moi-même et le fait d’être réaliste. Même si je suis dans une excellente position, j’en veux toujours plus, et ne pas réussir à aller plus loin est un combat que je mène chaque jour. Celle-ci est simplement une déception de plus à ajouter à la liste. »
« Les rêves que j’avais commencent à s’estomper »
L’ancien demi-finaliste de Wimbledon a ensuite prononcé les mots les plus marquants de sa conférence de presse.
Il reconnaît que les objectifs qui le faisaient avancer depuis le début de sa carrière lui semblent désormais plus difficiles à atteindre : « Les objectifs, les convictions et les rêves que l’on a commencent peu à peu à s’estomper. Ils semblent aujourd’hui un peu plus éloignés qu’ils ne l’étaient auparavant. »
Une déclaration particulièrement forte, qu’il poursuit avec beaucoup de franchise : « J’ai le sentiment qu’il y a quelques années, j’étais beaucoup plus proche de les atteindre. Aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression de m’en éloigner petit à petit. »
« Je me mets cette pression tout seul »
Pour autant, Alex De Minaur refuse de chercher des excuses. Selon lui, le problème vient avant tout de sa gestion émotionnelle lors des plus grands rendez-vous : « Tout dépend de moi et de la manière dont je gère certaines situations. »
Il estime même que son équipe a parfaitement préparé le tournoi : « Nous avons très bien travaillé avant le début du tournoi, mais le problème, c’est que j’aborde ce type de match comme si j’avais le poids du monde entier sur les épaules. C’est ça, le vrai problème. Je me mets cette pression tout seul. »
L’Australien sait désormais sur quoi il devra progresser s’il veut un jour franchir ce cap en Grand Chelem : « Je dois apprendre à mieux la gérer, sinon je ne pourrai jamais atteindre les objectifs et les rêves que je me suis fixés. »