Linda Noskova après son premier Grand Chelem : « Je ne réalise toujours pas que je suis championne de Wimbledon »

Linda Noskova est revenue sur son premier sacre à Wimbledon après sa victoire contre Karolina Muchova. La Tchèque raconte ses cinq balles de match, le déclic qui a tout changé et son incroyable force mentale.
Linda Noskova s'est imposée en finale de Wimbledon (Wolrd Tennis) Linda Noskova s'est imposée en finale de Wimbledon (Wolrd Tennis)
Linda Noskova s'est imposée en finale de Wimbledon (Wolrd Tennis)

Sacrée à Wimbledon pour la première fois de sa carrière après une finale complètement folle face à Karolina Muchova (6-2, 5-7, 6-3), Linda Noskova est revenue sur les émotions du plus grand jour de sa vie.

La Tchèque a raconté comment elle a réussi à se remobiliser après avoir laissé filer cinq balles de match et dévoilé le déclic qui lui a permis de devenir championne.

« Non, je ne réalise toujours pas. J’ai l’impression que cela fait seulement quelques minutes que j’ai quitté le court. C’est quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie, mais il me faudra certainement quelques jours pour vraiment en prendre conscience », a-t-elle déclaré.

À seulement 21 ans, la Tchèque est devenue la plus jeune championne de Wimbledon depuis Petra Kvitova en 2011.

« Ma main s’est figée sur les balles de match »

Alors qu’elle menait 6-2, 5-2, Noskova a laissé échapper cinq balles de titre avant de voir Karolina Muchova revenir complètement dans la rencontre.

Elle reconnaît avoir été rattrapée par la pression : « C’était très difficile pour moi. À certains moments, ma main s’est complètement figée. Mes jambes n’étaient plus aussi rapides qu’auparavant. »

Pourtant, elle assure avoir essayé de rester focalisée sur le positif : « Sur les dernières balles de match, j’ai surtout essayé de penser aux choses positives. J’ai même l’impression de ne pas avoir vraiment réalisé que j’avais des balles de match. Je continuais simplement à jouer, et c’est finalement ce qui m’a sauvée. »

Le déclic dans les vestiaires : « Je ne prendrai pas le petit trophée »

Après avoir perdu le deuxième set, Noskova s’est isolée quelques instants dans les vestiaires pour tenter de repartir de zéro : « Je me suis simplement dit que le match recommençait depuis le début. »

Elle raconte ensuite avoir eu un moment décisif en passant devant les trophées : « J’étais dans les vestiaires et je me suis aspergée d’eau froide. Puis j’ai regardé les trophées. Je me suis dit : ‘Je ne prendrai pas le petit. Je vais prendre le grand.’ »

Cette image l’a complètement relancée : « J’avais été tellement proche… Cela aurait probablement été le plus grand crève-cœur de ma vie. Alors j’ai tout recommencé depuis le début. »

Selon elle, le premier jeu de la manche décisive a ensuite tout changé : « C’était certainement le moment clé du match. »

Menacée dès le début du troisième set, Noskova estime avoir joué le jeu le plus important de sa carrière : « Je pense que le troisième set n’aurait jamais été le même si j’avais perdu ce premier jeu. »

Après avoir laissé filer cinq jeux consécutifs, elle savait qu’elle devait immédiatement stopper l’hémorragie : « Il était très important de bien commencer cette manche. Karolina s’est procuré plusieurs occasions sur mon service, mais je suis heureuse d’avoir gardé mon calme et d’avoir retrouvé le niveau que j’avais dans le premier set. »

« Je voulais rester loin de tout le bruit »

Malgré l’enjeu énorme de sa première finale en Grand Chelem, Noskova est entrée sur le court sans être paralysée par la pression.

Elle avoue pourtant ne pas vraiment savoir comment elle a réussi ce départ canon : « Je ne sais pas moi-même comment j’ai fait. »

Son seul objectif était de reproduire ce qui avait fonctionné depuis le début de la quinzaine : « J’ai essayé de retrouver les sensations que j’avais eues lors des tours précédents. Je n’avais pas vraiment été nerveuse pendant le tournoi, alors j’ai repris exactement les mêmes routines. »

Mais elle rappelle qu’une finale reste différente de tout le reste : « Une finale reste une finale, quoi qu’on fasse. Il y a toujours énormément de pression. On essaie de rester calme, de faire comme si de rien n’était, mais au fond de soi on sait à quel point ce moment est important. »

Elle estime d’ailleurs avoir parfaitement maîtrisé son match… jusqu’aux cinq balles de titre : « Pendant 99 % de la rencontre, tout s’est passé exactement comme je le voulais. Puis je me suis figée dans ces moments importants. Mais ce troisième set est probablement le plus important de toute ma vie. »

Pendant la finale, les caméras l’ont plusieurs fois montrée la tête sous sa serviette.

Un geste préparé avec son entraîneur : « Mon coach m’avait dit la veille : ‘Si tu as besoin d’un moment, prends-le. Isole-toi quelques instants.’ »

C’est exactement ce qu’elle a essayé de faire lorsque le Centre Court était totalement acquis à Muchova : « Le public faisait énormément de bruit. Après certains jeux perdus, je mettais simplement une serviette sur ma tête pour m’isoler quelques secondes. Je voulais juste rester seule avec moi-même et m’éloigner de tout ce bruit. »

« Si je me concentre uniquement sur moi, je peux gagner ce genre de tournoi »

Après son élimination précoce à Roland-Garros, qu’elle avait elle-même qualifiée de « désastre », Noskova mesure tout le chemin parcouru : « Cela signifie énormément pour moi. Si je me concentre uniquement sur moi, si je prends du plaisir sur le court, si je crois que je peux gagner et que je reste point après point, alors je suis capable de remporter un tournoi comme celui-ci. »

Elle avoue cependant que son niveau reste parfois difficile à prévoir : « Avec mon tennis, je ne sais jamais vraiment à quoi m’attendre. Mais je me suis sentie très bien sur le court pendant ces deux dernières semaines et cela s’est vu. »

« Karolina est une amie… mais aujourd’hui j’avais besoin de garder mes distances »

Affronter une compatriote et amie en finale n’était pas simple : « Ce n’est jamais facile de jouer contre une amie. »

Avant la rencontre, elle a volontairement limité les échanges : « Cette fois, je voulais garder mes distances. Nous nous sommes simplement fait un signe de la main avant le match, et c’était tout. »

Une manière de rester totalement concentrée : « Je pense que cela m’a beaucoup aidée pendant le match. Je connais très bien le jeu de Karolina. C’est une joueuse très difficile à affronter sur toutes les surfaces. Il fallait rester concentrée du premier au dernier point. »

Elle insiste enfin sur le fait que leur amitié n’a rien changé : « Nous sommes toujours amies, heureusement. Cela n’a absolument rien changé sur le court. »

« Personne ne pouvait me préparer à vivre ça »

Enfin, Noskova reconnaît qu’aucune préparation mentale ne pouvait vraiment anticiper un scénario aussi fou : « Cette situation n’était absolument pas dans les scénarios que nous avions imaginés avec mon équipe. Personne ne pouvait me préparer à mener avec autant de balles de match avant de devoir repartir pour un troisième set. »

Elle a alors dû tout gérer seule : « Sur le court, il n’y avait plus que moi. Je me suis dit : ‘Si tu perds, ce sera ta défaite. Si tu gagnes, ce sera ta victoire.’ »

Au moment des balles de match, elle a essayé de simplifier au maximum : « Je me répétais qu’il suffisait simplement de remettre une balle de plus dans le terrain. Mais Karolina est une telle compétitrice qu’on n’est jamais vraiment à l’abri contre elle. »

Avant de rendre hommage à ceux qui l’ont accompagnée jusque-là : « Mon entraîneur m’a énormément aidée, pas seulement avec notre discussion d’hier, mais depuis six ou sept ans que nous travaillons ensemble. J’ai senti le soutien de toute mon équipe. Toutes ces choses réunies m’ont énormément aidée à devenir championne de Wimbledon. »

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