Novak Djokovic a une idée bien arrêtée sur l’avenir du tennis, et il ne s’en cache pas. Interrogé par le créateur de contenu Nick Knows Ball sur une prise de position qu’il défendrait « quelle que soit la haine que ça pourrait lui attirer », le Serbe n’a pas hésité une seconde.
« Garder les matchs dans une fenêtre de deux heures »
À la question posée en anglais, une opinion tennis sur laquelle il ne changerait pas d’avis, peu importe les critiques, Djokovic a répondu : « Nous devrions changer le format du score, ne plus jouer les sets jusqu’à six jeux mais jusqu’à quatre. Éventuellement sans avantage au-delà de 40-40. Garder le format en cinq sets. Maintenir les matchs dans une fenêtre de deux heures. C’est ce qu’il y a de mieux pour tout le monde. »
Une proposition qui bouscule les repères du tennis traditionnel : des sets plus courts, la suppression des avantages, mais un format en cinq manches préservé, une manière de conjuguer intensité et rapidité sans pour autant renoncer à la dramaturgie d’un match long.
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Un débat qui dépasse Djokovic
Si la sortie du Serbe fait réagir par sa spontanéité et le poids de son statut sur le circuit, elle rejoint une réflexion déjà entamée ailleurs dans le monde du tennis. Invité du podcast Dans les Yeux sur Univers Tennis en juin dernier, Fabrice Santoro avait livré une analyse très proche, quoique formulée différemment.
L’ancien n°17 mondial partait du même constat : les habitudes de consommation ont profondément changé, y compris chez les plus jeunes générations : « Aujourd’hui, je ne suis pas sûr que la génération des 15, 25 ou 30 ans ait envie de passer trois, quatre heures, voire cinq heures devant un match de Roland-Garros. Le format du tennis me semble un peu moins adapté à notre époque. »
Santoro avait anticipé l’objection classique des puristes, celle du contre-exemple des grandes finales historiques : « Quelles que soient les décisions, il y aura toujours le contre-exemple de la finale de cinq heures vingt-neuf »
Une référence à l’épique finale de Roland-Garros 2025 entre Alcaraz et Sinner. Mais il persistait : « Raccourcir un peu les sets, ce ne serait pas une mauvaise idée. »
Il illustrait son propos par un parallèle avec d’autres formes de spectacle : « Quand je vais au cinéma, quand je vais voir un concert, même si c’est un très grand film, même si c’est le concert de ma star préférée, je n’ai pas envie que ça dure 5h. »
Et sur la crainte de perdre en intensité dramatique, l’ancien joueur français se montrait rassurant : « Lorsque l’on parle d’un grand match et des grands moments d’un match, c’est toujours à 4-3 balle de break, à 5-4, à 40-A. »
Autrement dit, réduire la durée n’effacerait pas les instants qui font vibrer le public.