Avant de devenir le joueur le plus titré de l’histoire du tennis, Novak Djokovic a grandi dans un pays marqué par les conflits, les sanctions économiques et une profonde instabilité.
Invité de CBS quelques semaines après Wimbledon, le Serbe s’est livré sur cette période fondatrice de sa vie. Il est revenu sur les sacrifices immenses consentis par ses parents pour lui permettre de poursuivre son rêve, mais aussi sur la promesse qu’il s’est faite étant enfant : leur rendre un jour tout ce qu’ils lui avaient donné.
« Personne ne jouait au tennis dans ma famille »
Quand Novak Djokovic découvre le tennis à l’âge de quatre ans, rien ne le prédestine pourtant à suivre cette voie.
Sa famille est tournée vers un tout autre sport : « Je viens d’une famille de skieurs professionnels. Personne, dans toute ma famille, n’avait joué au tennis auparavant. »
À cette époque, la Serbie ne possède pas non plus de véritable tradition tennistique.
Mais le jeune Novak tombe immédiatement amoureux de ce sport : « J’ai commencé à jouer, je suis tombé amoureux du tennis et j’ai demandé à mon père de m’acheter une raquette. C’est comme ça que toute cette histoire d’amour avec le tennis a commencé. »
Grandir au milieu de la guerre
Très vite, l’entretien prend une tournure beaucoup plus personnelle.
Djokovic explique que le tennis est devenu un véritable refuge dans une enfance marquée par les conflits qui ont touché l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 : « Je relie tout cela à mon enfance, à mon éducation. Nous vivions dans un pays en guerre. »
Il évoque une période extrêmement difficile : « Il y avait les guerres, l’embargo, les sanctions, la crise économique, la crise sociale… Des crises de toutes sortes. »
Des années qui ont profondément façonné son caractère.
Dans ce contexte particulièrement compliqué, le choix du tennis représentait un véritable défi financier.
Djokovic en est parfaitement conscient aujourd’hui : « J’ai choisi le sport le plus cher. »
Malgré tout, ses parents ont décidé de tout faire pour soutenir son rêve. Une décision qui n’a pas été sans conséquences pour le reste de la famille.
« Mes frères n’ont pas eu les mêmes moyens que moi »
Novak Djokovic a également évoqué un sujet rarement abordé : les sacrifices consentis par ses deux jeunes frères.
Ses parents ont fait le choix de concentrer leurs ressources sur lui : « Mes deux jeunes frères voulaient aussi jouer au tennis. »
Mais ils n’ont pas bénéficié des mêmes opportunités : « Ils n’ont pas reçu le même soutien matériel que celui que je recevais. »
Une situation qui faisait souffrir toute la famille : « Mes parents s’en voulaient, mais à cette époque ils ont dû faire un choix. »
La promesse qui a changé sa vie
Face à ces sacrifices, Novak Djokovic s’est fixé un objectif très tôt.
Une promesse qu’il n’a jamais oubliée : « Je me suis promis de rendre à mes parents et à mes frères tout ce qu’ils avaient fait pour moi. »
Il poursuit : « Je voulais leur offrir la meilleure vie possible. »
Cette motivation est rapidement devenue l’un des moteurs de toute sa carrière. Chaque victoire représentait une manière de remercier sa famille.
Aujourd’hui, Novak Djokovic, joueur le plus titré de l’histoire en Grand Chelem, regarde son parcours avec beaucoup d’émotion.
Plus qu’une incroyable carrière sportive, il y voit l’aboutissement d’un engagement pris lorsqu’il n’était encore qu’un enfant.