Toujours éloigné des courts après sa grave blessure au tendon d’Achille, Holger Rune entre dans une phase décisive de sa rééducation. Invité du podcast Served d’Andy Roddick, le Danois a longuement détaillé son quotidien, ses progrès et les dernières étapes qu’il doit encore franchir pour retrouver le circuit.
Après avoir récemment pu s’entraîner avec plusieurs des meilleurs joueurs du monde, dont Jannik Sinner et Lorenzo Musetti, l’ancien n°4 mondial commence désormais à envisager concrètement son retour à la compétition, avec une première date en ligne de mire : la Coupe Davis (18-20 septembre).
Pour la première fois depuis plusieurs mois, l’objectif n’est d’ailleurs plus véritablement de soigner sa blessure. Rune travaille désormais pour retrouver les qualités physiques et tennistiques indispensables pour redevenir compétitif au plus haut niveau.
La Coupe Davis comme première étape ?
Si aucune date n’est encore définitive, Holger Rune et son équipe ont désormais une idée beaucoup plus précise du calendrier envisagé.
Et le scénario privilégié pourrait lui permettre de retrouver la compétition devant son public : « Nous regardons du côté de l’Asie avec l’équipe et nous envisageons peut-être de commencer mon retour avec la Coupe Davis à domicile. Cela pourrait être une possibilité. »
Un retour au Danemark aurait évidemment une dimension particulière : « J’adorerais ça, pour être honnête. Faire mon retour devant tous mes supporters danois serait incroyable. »
Rune pourrait ensuite prendre la direction de l’Asie : « Puis enchaîner avec Tokyo et Shanghai, je l’espère. C’est pour cela que nous nous entraînons et que nous augmentons le volume au cours des prochaines semaines afin d’être prêts. »
Tout dépendra néanmoins de l’état de son corps lorsque l’échéance approchera : « Quand nous nous rapprocherons vraiment de cette période, il faudra voir : est-ce que je suis prêt ou est-ce que je ne le suis pas ? Mais c’est là où nous en sommes actuellement. »
Holger Rune : « La rééducation se passe bien »
Interrogé immédiatement sur l’état de son tendon d’Achille, Holger Rune s’est montré particulièrement rassurant.
« Je me sens très bien. Honnêtement, c’est un long processus, comme nous savions tous que ce serait le cas, mais la rééducation se passe bien. Maintenant, il s’agit moins de rééducation que de se préparer à être de nouveau performant. Il me manque encore les derniers petits détails en matière de performance, mais ça devrait aller dans les prochaines semaines, le mois qui vient. J’espère donc que vous me reverrez bientôt », a-t-il déclaré.
Une nuance importante. Rune n’est donc plus seulement dans une logique de guérison : il doit désormais reconstruire un corps capable de supporter les exigences du circuit professionnel.
Le Danois a récemment déclaré forfait pour Cincinnati et aucune date définitive n’a encore été arrêtée pour son retour. Mais sa montée en puissance est désormais très précisément organisée.
Un set et demi, puis deux, puis trois : Rune augmente progressivement la charge
La semaine dernière, Holger Rune a déjà été capable de disputer un set et demi à l’entraînement.
La prochaine étape sera d’en jouer deux, puis trois la semaine suivante : « La semaine dernière, nous avons joué un set et demi. La semaine prochaine, nous espérons passer à deux sets, puis trois sets la semaine suivante. Les choses vont clairement dans la bonne direction. »
Mais réussir à disputer trois sets une fois ne suffira pas. Rune insiste sur un élément fondamental : il doit être capable de reproduire ces efforts plusieurs jours consécutifs.
« Il s’agit aussi d’être capable de tenir sur une longue période, plusieurs jours d’affilée, avec beaucoup de journées d’entraînement difficiles. Je dois être capable de supporter cela avant de retourner sur le court en compétition. C’est aussi pour cette raison que je n’ai pas encore de tournoi précis pour mon retour », a-t-il ajouté.
Une prudence logique pour un joueur revenant d’une blessure aussi lourde.
« Ce n’est pas une blessure facile » : Rune raconte la difficulté de son retour
Le travail actuel dépasse largement le simple fait de retrouver des sensations avec une raquette.
Rune doit réapprendre certains automatismes dans ses déplacements, retrouver son explosivité et reconstruire son endurance : « C’est un peu différent que de simplement devoir enlever la rouille. Il s’agit davantage de retrouver mes mouvements, les bons automatismes, aussi bien dans l’aspect technique des déplacements que dans le fait de retrouver ce dernier niveau d’explosivité et l’endurance dans mon jeu de jambes. »
Le Danois ne cache pas l’ampleur du travail : « C’est vraiment, vraiment difficile. Ce n’est pas une blessure dont il est facile de revenir. C’est un travail permanent, tous les jours, sur et en dehors du court. »
Ses journées donnent une idée de l’investissement nécessaire.
Rune commence actuellement par environ 1h15 de travail physique avant même sa séance de tennis. Mobilité, rééducation, mécanique de course, sauts et pliométrie sont notamment au programme.
Il enchaîne ensuite avec environ deux heures de tennis avant une nouvelle séance physique plus tard dans la journée, consacrée selon les jours au renforcement des mollets et des jambes, au cardio, au haut du corps ou à du travail spécifique au tennis.
Des entraînements avec Musetti, Cobolli… et Jannik Sinner
Pour savoir réellement où il en est, Holger Rune a également commencé à se confronter à des joueurs actuellement en pleine compétition. Le Danois a notamment frappé avec Lorenzo Musetti, Flavio Cobolli et Alexandre Müller. Il révèle également s’être entraîné avec Jannik Sinner quelques semaines plus tôt.
Et ces séances lui ont permis de mesurer immédiatement la différence entre être capable de jouer au tennis et être prêt à affronter les meilleurs joueurs du monde : « Avec ces joueurs, comme Musetti, et j’ai également frappé une fois avec Jannik, j’avais l’impression de devoir accélérer énormément mon jeu de jambes pour réussir à me placer sur la balle. »
Sa réaction après ces séances est particulièrement révélatrice : « Chaque fois que je frappais avec ces joueurs, je me disais : « OK, wow, j’ai encore du travail à faire au niveau de mes déplacements. » »
Holger Rune a également expliqué pourquoi les séances avec des joueurs de ce niveau constituent un test aussi important pendant sa rééducation.
La différence ne vient pas uniquement de la puissance : « Ils prennent simplement la balle plus tôt. Ils frappent plus profond, avec davantage de précision. Vous êtes constamment sous pression, beaucoup plus souvent que lorsque vous frappez avec des partenaires d’entraînement, avec tout le respect que je leur dois. »
Une intensité qui oblige Rune à pousser ses déplacements beaucoup plus loin et permet ainsi à son équipe de mesurer précisément ce qui lui manque encore : « C’est simplement une balle différente. Une balle plus intense, avec plus d’effet et davantage de qualité en général. Et c’est la raison pour laquelle ces joueurs sont actuellement au sommet. »
« Mon tendon d’Achille va bien »
Après de longs mois de rééducation, le principal intéressé veut surtout retenir les signaux positifs : « Physiquement, je tiens bien. Mon tendon d’Achille va bien. Je commence à voir la lumière au bout du tunnel maintenant. »
La perspective d’un retour devient donc de plus en plus concrète pour Holger Rune. Mais ses séances avec Jannik Sinner, Lorenzo Musetti et d’autres joueurs du circuit lui ont aussi rappelé l’extrême exigence nécessaire pour retrouver immédiatement le très haut niveau.
Plutôt que de précipiter les choses, le Danois et son équipe veulent désormais augmenter progressivement la charge jusqu’à ce que son corps soit capable d’enchaîner les efforts.
Avec un objectif qui commence à se dessiner : retrouver la compétition en Coupe Davis devant son public, avant de poursuivre, si son tendon répond favorablement, avec Tokyo et le Masters 1000 de Shanghai.