Le scénario restera forcément l’un des plus marquants de cet US Open. Alors qu’elle semblait avoir totalement pris le contrôle de son huitième de finale contre Qinwen Zheng en menant 5-0 dans la première manche, Iga Swiatek a vu la rencontre lui échapper.
Sept jeux consécutifs perdus, puis une deuxième manche également remportée par la Chinoise : la Polonaise a finalement quitté New York sur une défaite 7-5, 6-3.
Quelques minutes plus tard en conférence de presse, Swiatek a cependant refusé d’interpréter cette remontée comme un effondrement mental. Pour elle, l’explication se trouve avant tout dans son tennis.
« J’ai commencé à rater beaucoup trop de coups »
Swiatek assure ne pas s’être crispée à l’approche du gain de la première manche.
« Honnêtement, non. C’est certain que j’ai commencé à rater beaucoup trop de coups, elle a commencé à jouer et je l’ai laissée revenir dans le match. »
La Polonaise affirme que son niveau de concentration n’avait pourtant pas changé.
« Honnêtement, ma concentration était la même que d’habitude. Je voulais jouer comme d’habitude. J’ai simplement commencé à faire trop de fautes, j’ai voulu m’adapter, mais rien ne fonctionnait vraiment à ce moment-là. »
Même lorsque Zheng a commencé à réduire l’écart, Swiatek pensait encore pouvoir conclure.
« Je savais que j’allais avoir une autre occasion et je voulais la saisir, mais je les ai toutes ratées. »
Swiatek écarte la piste mentale
Perdre une manche après avoir mené 5-0 pourrait facilement être interprété comme une conséquence de la tension ou de la difficulté à conclure.
Swiatek ne partage pas cette analyse. Elle explique même qu’elle a généralement la capacité de faire abstraction du score lorsqu’elle possède une importante avance.
« Je ne me dis jamais que je vais avoir beaucoup de temps. C’est pour ça que, généralement, je suis capable de conclure les sets avec des scores assez nets, parce que je suis plutôt bonne pour imaginer que le score n’est pas celui-là et continuer à pousser, à rester intense tout le temps. »
Cette fois, le problème se situait ailleurs.
« Aujourd’hui, je ne dirais pas que ça avait quoi que ce soit à voir avec le mental. C’est davantage que j’ai commencé à faire des fautes sur des balles faciles et que Qinwen a arrêté d’en faire. Elle a mieux joué les balles. »
« Vous pensez que c’est quelque chose de fou ? »
Interrogée une nouvelle fois sur la manière dont elle allait devoir digérer la perte d’un set après avoir mené 5-0, Swiatek s’est montrée particulièrement détachée.
« Ce n’est qu’un match. Je vais essayer de jouer de la même manière que d’habitude. »
Avant de relativiser très nettement la portée de ce scénario.
« Qu’est-ce que vous voulez dire ? Vous pensez que c’est quelque chose de fou ? On peut perdre un set à partir de n’importe quel score, donc il n’y a rien de spécial là-dedans. C’est simplement ce qui s’est passé, et c’est tout. »
Si Swiatek ne cherche donc pas d’explication mentale, elle est beaucoup plus précise lorsqu’elle décrit ses problèmes techniques. La sextuple championne en Grand Chelem explique avoir progressivement perdu son timing.
« Je frappais simplement mal les balles. Je n’avais pas vraiment l’impression d’avoir l’espace nécessaire pour retrouver de meilleures sensations. »
Elle décrit notamment de nombreux contacts imparfaits avec la balle.
« J’ai beaucoup frappé avec le cadre. Je ne frappais pas la balle au bon endroit. Ce n’est pas si facile d’ajuster les choses les plus basiques de votre jeu quand elles ne fonctionnent pas. »
Malgré ses tentatives pour retrouver un rythme plus naturel, aucune solution durable n’a émergé.
« J’ai essayé de me concentrer sur un rythme fluide et tout ça, mais je n’avais pas non plus un bon timing. Je ne frappais pas correctement. C’est difficile de surmonter ça quand ça arrive. »
Swiatek reconnaît qu’elle aurait éventuellement pu réduire les risques, mais estime que le niveau de Zheng ne lui offrait pas réellement cette possibilité.
« Peut-être que j’aurais pu jouer de manière plus sûre ou quelque chose comme ça, mais je n’avais pas non plus l’impression que Qinwen me laissait l’espace pour le faire. Si j’avais été plus solide qu’elle, j’aurais gagné ce match, mais je ne l’ai pas été et j’ai fait trop de fautes. »
« Je sens que j’ai tourné la page » après les difficultés de Roland-Garros
Cette défaite intervient au terme d’une saison compliquée pour Swiatek dans les tournois du Grand Chelem, mais la Polonaise estime néanmoins avoir progressé sur un autre aspect : la gestion de la tension qu’elle avait notamment évoquée à Roland-Garros.
« Oui, je sens que j’ai tourné la page. C’est certain que ce n’est pas aussi facile pour moi de jouer ici que sur une surface un peu plus lente, où la balle rebondit un peu plus haut. »
Elle reconnaît qu’elle aurait dû produire un meilleur tennis à New York, tout en jugeant son état d’esprit plus satisfaisant qu’auparavant.
« Je sens quand même que j’aurais pu jouer un peu mieux, donc c’est regrettable. Mais je pense que cette partie de la saison a clairement été meilleure dans la manière de gérer ça. »
Swiatek ne compte pas non plus transformer cette défaite en remise en question profonde.
« Honnêtement, tous les US Open à part 2022 ont été comme ça. On connaît beaucoup de défaites et, évidemment, ce n’est pas la meilleure chose à dire, mais au tennis, on est davantage habitué à perdre qu’à gagner. »
Pour la Polonaise, il n’est donc pas question de parler de reconstruction.
« Je n’ai pas l’impression d’avoir besoin de rebondir après quelque chose. Je dois simplement me concentrer sur le travail avant les prochains tournois. Il y aura d’autres occasions de jouer du bon tennis et je vais me concentrer sur le fait de progresser et de développer mon jeu. C’est tout. »
Enfin, Swiatek a confirmé avoir ressenti une fatigue au quadriceps, raison de son temps mort médical, mais elle a catégoriquement écarté cette gêne comme explication de sa défaite.
« J’ai déjà été plus fraîche, mais mon quadriceps est simplement assez fatigué. Ça n’a eu aucune influence sur le match. Je voulais juste lui donner un petit coup de pouce. Ça n’a rien influencé. »
Ne te decourage pas, tu vas revenir au premier plan