Carlos Alcaraz n’a pas oublié son incroyable quart de finale contre Ben Shelton à l’US Open. Après 4h28 de combat, l’Espagnol avait quitté le court à 3h34 du matin, au terme du match terminé le plus tard de l’histoire du tournoi.
Une soirée particulière pour Alcaraz, qui disputait à New York son premier tournoi depuis plus de cinq mois après une blessure au poignet. Mais si le joueur de 23 ans a savouré le simple fait de pouvoir à nouveau disputer un tel combat, il aimerait que le tennis se penche sur ses horaires.
« Je pense que c’est trop »
Interrogé par BBC Sport avant la Laver Cup à Londres, Alcaraz s’est montré clair concernant les matchs qui se prolongent jusqu’au milieu de la nuit.
« Je pense que c’est trop. »
L’Espagnol prend notamment l’exemple de son duel face à Shelton. Malgré l’heure particulièrement tardive, une partie du public était restée jusqu’au bout. Mais Alcaraz estime que l’ambiance aurait été encore différente avec une programmation plus raisonnable.
« Pour le dernier match, les gens sont restés, mais si ce match avait été joué plus tôt, le court aurait pu être plein. »
Il avance même une piste concrète pour éviter ces fins de rencontres au cœur de la nuit.
« J’aimerais modifier un peu la programmation, avec une fin maximale à 23h, ou quelque chose comme ça, ce serait mieux. »
Le cas d’Alcaraz n’avait d’ailleurs rien d’isolé à New York. Selon la BBC, le futur champion Alexander Zverev avait lui-même terminé après 1h du matin lors de trois de ses cinq premiers matchs.
Son quart contre Shelton était « un cadeau »
Paradoxalement, Alcaraz conserve pourtant un souvenir particulièrement positif de cette nuit new-yorkaise.
L’Espagnol revenait d’une longue absence causée par son poignet. Il avait manqué Roland-Garros et Wimbledon et ne savait encore qu’une semaine avant l’US Open s’il serait capable de participer.
Dans ce contexte, pouvoir tenir 4h28 face à Shelton représentait déjà énormément.
« Le quart de finale était génial, c’était un cadeau pour moi. »
Malgré la défaite et l’heure, les images d’Alcaraz quittant l’Arthur-Ashe Stadium avec un immense sourire avaient marqué les esprits.
Il en explique désormais la raison :
« J’ai souffert, mais j’ai pris du plaisir et c’est pour ça que j’ai souri en quittant le court, parce que cette sensation m’avait manqué. »
Plus que le résultat, ce match lui avait donc permis de retrouver ce qu’il n’avait plus connu depuis plusieurs mois : l’intensité d’un grand rendez-vous.
« Sinner me manque »
Cette longue absence a également éloigné Alcaraz de celui qui est devenu son principal rival ces dernières saisons : Jannik Sinner.
Après s’être partagé les huit titres du Grand Chelem disputés en 2024 et 2025, les deux hommes n’ont pu s’affronter qu’une seule fois cette saison en raison de leurs blessures respectives. Sinner avait remporté leur finale à Monte-Carlo.
Alcaraz révèle avoir envoyé quelques messages à l’Italien lorsqu’il enchaînait les victoires en début de saison.
« Je lui ai envoyé quelques messages, pas énormément, mais quelques fois lorsqu’il gagnait tout, principalement au début de l’année. »
Et l’Espagnol ne cache pas que cette rivalité lui manque.
« Il me manque. Ça me manque de le voir sur le circuit, de jouer contre lui. Il me pousse à devenir un meilleur joueur. »
Alcaraz estime également que le retour de leurs confrontations serait bénéfique au tennis dans son ensemble.
« Les gens attendront ces matchs, donc je pense que ce sera mieux. »
Un retour à la compétition qui passe par la Laver Cup
Avant de potentiellement retrouver Sinner, Alcaraz poursuit cette semaine son retour à Londres lors de la Laver Cup, du 25 au 27 septembre.
Il représentera la Team Europe, dirigée par Yannick Noah, dans une compétition dont il apprécie particulièrement le format collectif.
« Quand vous avez vos coéquipiers, les meilleurs joueurs du monde, à vos côtés, c’est une sensation étrange, mais magnifique. »
Et malgré l’absence de points ATP, Alcaraz assure que l’intensité est bien réelle :
« Nous jouons comme si notre vie en dépendait. C’est aussi pour ça que la Laver Cup est si agréable à regarder. »