Le circuit ATP pourrait connaître l’une des transformations les plus importantes de son calendrier depuis plusieurs années. Selon une enquête du média américain The Athletic, l’ATP et le fonds d’investissement sportif saoudien SURJ travaillent actuellement à racheter plusieurs licences de tournois afin de restructurer profondément la saison.
L’objectif déclaré : réduire la longueur du calendrier, aujourd’hui étalé sur près de 11 mois, et créer de la place pour un nouveau tournoi majeur en Arabie saoudite à partir de 2028.
Cette stratégie passerait notamment par le rachat ou la relocalisation de plusieurs tournois existants afin de concentrer l’attention sur un nombre plus restreint d’événements majeurs.
Plusieurs tournois déjà rachetés par l’ATP
Toujours selon The Athletic, l’ATP aurait déjà repris les licences de plusieurs tournois de catégorie 250, financées directement par le circuit.
Parmi eux figurent :
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le Chengdu Open
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le Hong Kong Open
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le Moselle Open à Metz
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la Kremlin Cup à Moscou (qui n’a plus été disputée depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022)
Ces tournois, tous classés ATP 250, constituent la catégorie la plus basse du circuit principal.
Milan va récupérer un tournoi sur gazon
Dans le même temps, l’ATP a également validé la vente du tournoi ATP 250 de Bruxelles, à la fédération italienne de tennis.
Cette vente est conditionnée à plusieurs changements majeurs :
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le tournoi sera déplacé dans le calendrier
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la surface passera du dur au gazon
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l’événement sera relocalisé à Milan
Ce tournoi deviendrait ainsi le premier tournoi ATP sur gazon organisé en Italie, avec une mise en place prévue à partir de 2028.
L’Arabie saoudite au cœur du projet
Le projet s’inscrit dans la stratégie plus large de l’Arabie saoudite pour s’imposer dans le tennis mondial.
Selon The Athletic, le fonds SURJ, branche sportive du fonds souverain saoudien PIF, finance désormais plusieurs opérations de rachat de tournois. Les négociations concerneraient notamment :
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le tournoi ATP 250 de Buenos Aires
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le tournoi ATP 500 d’Acapulco
Ces tournois pourraient disparaître ou être déplacés afin de libérer de la place dans le calendrier pour le nouveau Masters 1000 organisé en Arabie saoudite, prévu autour du mois de février.
Le coût total de ces rachats pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars, certaines licences étant estimées entre 15 et 20 millions de dollars pour les ATP 250 et 35 à 45 millions pour les ATP 500.
Un calendrier plus lisible et une saison plus courte ?
Derrière cette stratégie, une ambition de rendre le calendrier du tennis plus lisible pour les fans et moins éprouvant pour les joueurs.
Aujourd’hui, la saison s’étale sur presque toute l’année et oblige les joueurs à voyager constamment à travers le monde.
Le projet envisagé par l’ATP viserait donc à structurer la saison autour :
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des quatre tournois du Grand Chelem
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de dix Masters 1000, dont plusieurs disputés sur deux semaines
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d’un nombre plus limité de tournois ATP 500 et ATP 250
L’idée est de permettre aux meilleurs joueurs de se concentrer davantage sur les plus grands événements.
Un tournant pour le tennis mondial
Cette réforme serait surtout la nouvelle étape de la montée en puissance de l’Arabie saoudite dans le tennis professionnel.
Depuis plusieurs années, le pays multiplie les investissements dans le sport. En 2024, son fonds souverain avait proposé plus d’un milliard de dollars d’investissement dans le tennis.
Une partie de cet argent finance déjà :
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les sponsors des classements ATP et WTA
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les Finales WTA organisées à Riyad
Mais l’objectif saoudien reste clair : organiser des tournois majeurs sur le circuit principal.
Si ces négociations aboutissent, le calendrier ATP pourrait être profondément transformé à partir de 2028, avec un circuit plus compact… et une influence saoudienne encore plus forte sur le tennis mondial.
Pour en savoir plus sur les réformes et décisions dans les coulisses du tennis mondial, notre dernier vidéo est disponible à ce sujet :