Masters 1000 Monte-Carlo : Il y a 10 ans déjà, la finale d’anthologie entre Gaël Monfils et Rafael Nadal

Il y a 10 ans, le 17 avril 2016, Gaël Monfils et Rafael Nadal se livraient un combat titanesque de 2h46 en finale du Masters 1000 de Monte-Carlo (7-5, 5-7, 6-0). Rétrospective de cette rencontre pour la postérité.
En 2016 à Monte-Carlo, Rafael Nadal et Gaël Monfils s'étaient livrés une bataille de légende - (Reuters) En 2016 à Monte-Carlo, Rafael Nadal et Gaël Monfils s'étaient livrés une bataille de légende - (Reuters)
En 2016 à Monte-Carlo, Rafael Nadal et Gaël Monfils s'étaient livrés une bataille de légende - (Reuters)

Alors qu’il y a quelques jours, Gaël Monfils (39 ans) jouait son tout dernier match au Masters 1000 de Monte-Carlo, d’autres souvenirs émergent. Il y a dix ans, le Parisien jouait sa seule et unique finale sur le Rocher. Un match pour la postérité.

Il est des instants de sport qui ne s’oublient jamais, qui marquent et deviennent même, parfois, des repères temporels pour toute une vie. Le 17 avril 2016, soit il y a une décennie tout pile, Rafael Nadal et Gaël Monfils ont réalisé quelque chose de cet ordre-là, en finale du Rolex Monte-Carlo Masters.

D’un côté du filet, un Espagnol, alors 5e joueur mondial, octuple champion sur le Rocher et roi incontesté sur terre battue, et de l’autre, un Français à la défense hallucinante et dont les facéties tennistiques émerveillent, mais qui n’avait, jusqu’alors, jamais atteint de finale majeure sur cette surface.

Un choc alléchant dans lequel le Majorquin partait donc favori, comme dans la quasi-intégralité des matchs sur terre battue qu’il a joués dans sa carrière, mais qu’il convient de tempérer puisqu’en 2016, Nadal sort de deux saisons (2014 et 2015) où il a été miné par des problèmes physiques répétés.

Sa dernière victoire dans la catégorie des Masters 1000 remontait d’ailleurs à celui de Madrid… en 2014. Une éternité pour un joueur de cette envergure.

Un match d’extra-terriens

Lors du premier acte, Monfils éclabousse de son talent, se permettant de distiller quelques ogives en coup droit et en revers, dont lui seul a le secret. Jusqu’alors décevant depuis le début de sa carrière au moment de la dernière échéance (18 défaites en 23 finales), l’on se dit que l’exploit est, dans ces conditions, jouable.

Nadal fait la course en tête mais est constamment repris, à 3-1 et à 5-3, par un Monfils des grands jours qui ne lâche rien.

Au courage, et aussi à l’aide d’un coup droit dont le lift et les rebonds giclants ont été bien utiles pour faire dérayer le Français, « Rafa » s’adjuge le premier set en réalisant le break au meilleur moment après une double faute ô combien regrettable de Monfils (7-5 après 1h13 de jeu).

Dans le deuxième set, « La Monf » renverse la vapeur. Désormais, c’est au tour du « taureau de Manacor » de courir après le score, parce que Monfils a démarré en fanfare, et qu’une grande partie de ses balles flirte avec les lignes entre quelques points de mutants et certaines délicatesses.

Mais parce que l’Espagnol a de la ressource et que ce match ne serait pas ce qu’il est s’il n’y avait pas eu de rebondissements, Nadal recolle, avant de subir le sort même qu’il avait infligé à Monfils une heure en breakant à l’aube d’un jeu décisif.

Une déflagration pour finir 

Tout est absolument relancé (5-7) et le spectacle est total malgré une faiblesse des deux hommes derrière leurs secondes au service (41% de points remportés pour Monfils, 30% pour Nadal), expliquant aussi, au-delà de la surface, le nombre de breaks durant cette finale (13).

Monfils est allé puiser loin, très loin, pour être capable de défendre comme il l’a fait durant deux sets. Défendre avec une couverture de terrain que les superlatifs peineraient à qualifier. Il est allé aussi très loin pour faire vaciller Nadal à base de fulgurances du fond du court. Et cela lui a coûté très cher.

Dans la troisième et dernière manche, Monfils n’est plus dans le coup, et Nadal y est bien. Lessivé après 2h15 d’une bataille hors du temps, le 16e joueur mondial capitule dès la perte de son engagement en début de set. Il multiplie les fautes directes (51 sur l’ensemble du match), se privant de tout espoir pour venir à bout d’un tel extraterrestre.

Au terme d’un set express, Nadal boucle l’affaire sur un passing gagnant en bout de course venu d’ailleurs, crucifiant Monfils sur place. Après 2h46 de jeu, Rafael Nadal s’adjuge un neuvième sacre sur le Rocher (7-5, 5-7, 6-0), le premier depuis 2012, et un 28e Masters 1000, égalant alors le record de Novak Djokovic dans cette catégorie.

« C’était sympa, cette finale. C’était, je pense, mon meilleur match au niveau tennis pendant deux sets », glissait Gaël Monfils à l’aube de sa dernière participation en Principauté, lors du Media Day. Il ne devait pas être loin de la vérité.
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