Patrick Mouratoglou : « Les gens ne regardent plus de tennis »

Patrick Mouratoglou s’inquiète pour l’avenir du tennis et estime que la fanbase ne se renouvelle pas. Il explique pourquoi il a créé l’UTS pour « sauver » le tennis à long terme.
Patrick Mouratoglou estime que le tennis est en danger (Johnny Fidelin/Icon Sport via Getty Images) Patrick Mouratoglou estime que le tennis est en danger (Johnny Fidelin/Icon Sport via Getty Images)
Patrick Mouratoglou estime que le tennis est en danger (Johnny Fidelin/Icon Sport via Getty Images)

À l’occasion de l’UTS organisé dans les arènes de Nîmes, Patrick Mouratoglou a accordé un entretien à Eurosport dans lequel il évoque l’avenir du tennis, qu’il juge menacé à long terme si le sport ne parvient pas à séduire une nouvelle génération de fans.

Pour le coach français, le problème n’est pas l’état actuel du tennis, mais son avenir.

« Le tennis, c’est le monde d’hier »

Patrick Mouratoglou estime que le tennis n’est plus adapté aux modes de consommation actuels, notamment chez les jeunes : « Le tennis, c’est le monde d’hier. Ça a été créé avant 1900, le format n’a jamais été modifié depuis, ou alors à la marge. Les modes de consommation ont totalement changé. Les réseaux sociaux, les plateformes de streaming, les jeux vidéo… les moins de 30 ans ne consomment plus comme avant. »

Il explique même que ce changement touche aussi les joueurs professionnels : « Même les joueurs. Les joueurs professionnels, je veux dire. Quand je leur pose la question, 100% me disent qu’ils ne regardent plus les matches. Trop long. Ils regardent des highlights. Le produit n’est pas adapté. Il est adapté à nous, à moi. Pas aux moins de 30 ans. »

Dans cette logique, il explique que la création de l’UTS avait pour objectif d’aller chercher un nouveau public : « Ça faisait un moment que j’y pensais. Je voulais absolument aller chercher une nouvelle fanbase, plus jeune, pour le tennis, en plus de celle qui existe. »

« La fanbase ne se renouvelle pas »

Mouratoglou rappelle ensuite que, selon lui, le tennis se porte bien aujourd’hui, mais que le vrai problème est ailleurs : « Certains, très traditionalistes, sont opposés à l’UTS, mais il n’y a pas de raison. On ne fait pas de tort au tennis, bien au contraire. Surtout, on construit l’avenir. Les jeunes ne regardent pas le tennis, toutes les études l’ont montré. C’est indispensable de les faire adhérer à ce sport si on veut que, dans 30 ou 40 ans, le tennis soit toujours aussi populaire qu’il l’est. »

Il précise d’ailleurs qu’il n’a jamais dit que le tennis allait mal économiquement : « J’en profite pour rappeler que je n’ai jamais dit que le tennis se portait mal. Le tennis se porte extrêmement bien. Il y a une affluence très importante dans les stades, les droits tv sont énormes, le business du tennis va très bien. Simplement, la fanbase est de plus en plus vieille et elle ne se renouvelle pas. C’est ça, le problème. »

« Dans 30 ans, il n’y a plus de tennis »

Enfin, il se projette sur le long terme et alerte sur l’avenir du sport : « Le tennis est ultra populaire auprès de gens de ma génération qui, en gros, ont découvert le tennis dans les années 70-80. La fanbase est énorme, âgée, mais elle a des moyens. Donc les sponsors sont là, les droits TV aussi. Tout va bien. »

Mais selon lui, la situation pourrait devenir critique à long terme : « Maintenant, si on se projette dans 20, 30 ou 40 ans, la fanbase, il n’y en a plus. Donc il n’y a plus de tennis. Conserver ce qu’on a, qui est fabuleux, mais aussi penser à l’avenir, c’est ça que je dis. L’ATP, les Grands Chelems, sont dans l’instant présent. Ils font leur travail extrêmement bien, parce qu’ils sont très profitables. Mais personne n’a pensé à l’avenir du tennis. »

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