Interrogé sur l’évolution du tennis depuis ses débuts lors du Media Day du Masters 1000 de Monte-Carlo auquel nous avons pu assister, Stan Wawrinka (41 ans) estime que le jeu est devenu plus physique, mais que le changement majeur vient surtout des conditions de jeu.
« Je pense que c’est un peu plus physique. Je pense que les conditions, surtout les balles, font que le style de jeu devient assez similaire sur toutes les surfaces et tous les courts. Donc c’est compliqué de varier et de faire quelque chose de différent à cause des balles », a-t-il déclaré.
Le Suisse explique également que le calendrier a évolué, notamment avec les Masters 1000 sur deux semaines, qui rendent la saison beaucoup plus longue pour les joueurs.
Mais pour lui, la plus grande évolution reste très claire : « Pour moi, le plus grand changement, ce sont vraiment les balles. Les balles ont complètement changé le jeu, la manière dont on doit jouer et la manière dont on peut jouer avec. »
Il nuance toutefois en expliquant que, lorsqu’on est encore joueur, il est difficile de mesurer totalement les changements : on voit l’évolution, mais on essaie surtout de s’adapter en permanence.
« J’ai pressé le citron jusqu’à la dernière goutte »
Wawrinka a ensuite évoqué sa dernière saison sur le circuit et la décision d’arrêter sa carrière : « Je suis arrivé à un point où vraiment j’ai pressé le citron jusqu’à la dernière goutte et je me réjouis vraiment d’arrêter. »
Une phrase forte, qui résume parfaitement son état d’esprit. Le Suisse explique qu’il lui reste encore l’énergie pour cette saison, mais plus pour continuer plusieurs années : « Il reste encore ce qu’il faut pour l’année. Mais le moteur, il n’y a plus ce qu’il faut pour continuer à faire tout ce que je fais, surtout si je veux rester à un niveau correct. »
Il évoque aussi la difficulté des voyages après plus de vingt ans sur le circuit, ce qui l’a poussé à faire des choix dans son calendrier cette saison, notamment son absence à Indian Wells et Miami, afin de préserver son corps et son énergie.
Alcaraz, le joueur qu’il rêve d’affronter
Même s’il sait que la fin est proche, Wawrinka insiste sur un point : il reste un compétiteur : « Je suis un compétiteur et tant que je joue ou tant que je rentre sur un tournoi, j’ai envie de gagner le match. J’ai envie de bien faire. Je me mettrai toujours de la pression et c’est pour ça que j’ai réussi à durer et à atteindre le niveau que j’ai atteint au long de ma carrière. »
Avant de prendre sa retraite, Stan Wawrinka a un objectif personnel : affronter Carlos Alcaraz en match officiel : « Tennistiquement, le joueur que je rêverais de jouer, c’est Alcaraz. Donc idéalement, si ça peut être ici, ce serait magique. »
Le Suisse se montre admiratif face à l’Espagnol : « Je trouve ce qu’il fait sur le terrain tellement exceptionnel. Je pense qu’il amène le tennis dans une autre dimension. »
Même s’il sait que l’écart de niveau est important aujourd’hui, cela ne change rien à son envie de jouer contre les meilleurs : « Quand on est compétiteur, on veut jouer les meilleurs et on veut les affronter, même s’il faut perdre facilement. Ce n’est pas ça la question. »
Le Suisse pourrait affronter le n°1 mondial au deuxième tour s’il s’impose contre Sebastian Baez lors de son entrée en lice au Rolex Monte-Carlo Masters.
Finir d’abord, réfléchir ensuite
Enfin, Wawrinka a expliqué qu’il ne voulait pas encore penser à l’après-carrière : « Depuis que j’ai décidé que ce serait ma dernière année, j’ai tout mis de côté par rapport à la suite. J’ai envie de finir l’année avec la tête complètement dans le tennis. »
La suite est déjà dans un coin de sa tête, mais il préfère attendre : « Je sais qu’après, il y aura plein de choses que j’ai envie de faire, il y aura des opportunités, mais pour l’instant je veux finir l’année et ne rien prévoir. D’abord, on va rentrer en Suisse, se reposer, et après on verra. »
Une chose est sûre : s’il continue aujourd’hui, c’est pour une raison simple : « Le plaisir est toujours là, sinon je ne serais pas ici. »
Et c’est peut-être la meilleure manière de résumer la fin de carrière de Stan Wawrinka : un compétiteur, jusqu’au bout.