Arthur Fils (21 ans, 25e) est-il en train de de se révéler comme l’un des joueurs sur qui il faudra compter pour l’édition 2026 de Roland-Garros (24 mai – 7 juin) ? Cette question, posée il y a quelques semaines, aurait pendant longtemps eu des allures chauvines inconsidérées. Mais aujourd’hui, à un mois du début de la compétition Porte d’Auteuil, elle apparaît comme crédible, si ce n’est logique.
Mais alors, comment le Français a-t-il renversé la vapeur hiérarchique en l’espace de quelques tournois et d’une préparation bien pensée ? On a passé en revue les raisons du retour éclatant du Francilien sur le circuit, lesquelles l’amèneront, peut-être, à réaliser de (très) grandes choses sur la terre battue parisienne.
Un retour réfléchi, une préparation de qualité et une programmation optimale
Pour mieux comprendre la portée de ce retour tout feu tout flamme, il faut se souvenir : le 29 mai dernier, Fils quittait Roland-Garros au troisième tour après une fracture de fatigue au dos, l’éloignant des courts pendant près de neuf mois. Une convalescence frustrante alors même que le Bondouflois flirtait alors avec le top 10 mondial. Mais, en grand champion, le joueur français a décidé de ne pas se laisser abattre et de se refaire la cerise. Il a par ailleurs perdu, sur cette période, environ sept kilos pour affiner sa préparation.
Il a également ajusté certains points techniques dans son jeu avec l’objectif de pousser un peu plus loin son tennis en préservant son dos. C’est au service qu’il a le plus essayé de s’adapter, avec des irrégularités mais toujours une vision bien claire de ses intentions, avant de revenir à la compétition en février, plus affûté que jamais.
Depuis, le Français s’est concocté une programmation pleine de maturité : il a notamment fait l’impasse sur le Masters 1000 de Monte-Carlo, lequel n’est pas rendu obligatoire par l’ATP, pour ne pas trop en demander, trop vite, à son corps. Et cela a porté ses fruits. Si ce schmilblick lui a permis d’engranger de la confiance, il lui a surtout permis de gagner, et même à très haute altitude.
« Je suis bien de retour »
En l’absence, certes, de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, Arthur Fils s’est adjugé le titre sur le tournoi suivant, à l’ATP 500 de Barcelone, l’un des plus prestigieux de la catégorie, au terme d’une semaine extrêmement convaincante. « Être de retour à ce niveau, dans le cercle des vainqueurs, ça signifie beaucoup et c’est un sentiment génial. Ça veut dire que je suis de retour. Je suis bien de retour. Ça fait un an et demi que je n’avais pas gagné de titre », lançait d’ailleurs le principal intéressé en conférence de presse au sortir de son sacre.
🗣️🇫🇷 Arthur Fils : « Gagner à Barcelone m’a vraiment fait du bien. Je n’ai jamais gagné un match à Madrid, mais je pense que cette année, JE VAIS EN GAGNER QUELQUES-UNS. 💪 Je joue bien sur terre. Je vais faire de mon mieux pour aller loin. »https://t.co/zKso6msTB3
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) April 24, 2026
Si le fait de remporter Barcelone n’est pas un gage de sacre à Paris – sur les dix dernières éditions, seules deux d’entre elles ont vu un joueur enchaîner (Rafael Nadal en 2017 et 2018) -, il s’agit néanmoins d’un vrai motif d’espoir.
Carlos Alcaraz ne sera pas de la partie
Élément non négligeable, le double tenant du titre (2024 et 2025) à Roland-Garros, Carlos Alcaraz ne sera pas présent en raison d’une blessure au poignet droit. Il s’agit d’un coup dur pour ce dernier, mais cela fait évidemment les affaires d’Arthur Fils. Et pour cause : en dehors de l’Espagnol, on ne voit actuellement que Jannik Sinner, Alexander Zverev et Novak Djokovic vraiment au-dessus du Français. Mais à Paris, on le sait, la magie est capable d’opérer.