Après son sacre historique au Masters 1000 de Rome et son Golden Masters réalisé à seulement 24 ans, Jannik Sinner est arrivé à Roland-Garros avec un statut encore plus imposant. Mais avant même de parler tennis, le n°1 mondial a surtout évoqué le sujet brûlant du moment : la mobilisation des joueurs face aux Grands Chelems.
Présent en conférence de presse ce vendredi à Paris, l’Italien a confirmé participer à la réduction collective des obligations médias, tout en expliquant les raisons profondes de ce mouvement initié par plusieurs têtes d’affiche du circuit.
« C’est une question de respect »
Depuis plusieurs semaines, les meilleurs joueurs du monde réclament une meilleure redistribution des revenus, davantage de poids dans les décisions majeures et de meilleures garanties pour les joueurs moins bien classés. À Roland-Garros, cela s’est traduit par une limitation volontaire des conférences de presse à 15 minutes.
Un choix pleinement assumé par Sinner : « Nous sommes heureux de faire nos obligations. Ce n’est rien contre les journalistes. Mais nous essayons aussi de nous mettre dans une position où nous avons notre mot à dire. »
Le récent vainqueur de Rome estime surtout que les joueurs ne sont pas suffisamment écoutés malgré leurs démarches répétées depuis plus d’un an : « Nous avons attendu plus d’un an pour avoir une petite réponse. Quand les dix meilleurs joueurs écrivent une lettre et qu’il ne se passe rien, ce n’est pas agréable. »
Comme à Rome quelques jours plus tôt, l’Italien a insisté sur le fait que le débat dépasse largement la simple question du prize money : « On parle aussi des pensions, ce qui est un sujet très important. Après le tennis, on espère aussi avoir une retraite. Et on aimerait également avoir un mot à dire dans certaines décisions importantes. »
L’un des éléments les plus marquants de cette mobilisation reste l’unité affichée entre les meilleurs joueurs du monde. Un point que Sinner a particulièrement souligné : « Les joueurs sont très connectés et très unis. C’est quelque chose de positif, parce que sans nous, les tournois ne peuvent pas exister. »
Le champion italien laisse même entendre que ce mouvement pourrait aller plus loin si aucune avancée concrète n’est obtenue dans les prochains mois : « On va voir comment les autres Grands Chelems réagissent après ici, puis on décidera. »
Fatigué mais heureux d’être là
Sur le plan sportif, Sinner arrive à Paris après une période extrêmement intense. Entre Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid et Rome, l’Italien a enchaîné les victoires et les longues semaines sans quasiment souffler.
Après son titre romain, il s’est offert quelques jours chez ses parents afin de récupérer mentalement et physiquement : « C’était une longue période, mais très positive. Je préfère être fatigué parce que je gagne plutôt qu’être frais et perdre tôt dans les tournois. »
Le Transalpin reconnaît néanmoins que l’enchaînement commence à peser : « J’essaie de trouver le bon équilibre à l’entraînement, de comprendre quand il faut pousser et quand il faut récupérer. »
À Rome, plusieurs séquences face à Daniil Medvedev avaient laissé apparaître un Sinner plus éprouvé physiquement qu’à l’habitude.
Mais malgré cela, le n°1 mondial assure qu’il aurait probablement disputé le tournoi italien même s’il ne s’était pas joué à domicile : « Rome était une motivation supplémentaire, mais si je ne jouais pas là-bas, cela aurait fait trois ou quatre semaines sans compétition avant Roland-Garros. J’avais besoin de matchs. »
Paris, le grand objectif
Malgré toute cette agitation autour du circuit, Sinner n’oublie évidemment pas l’essentiel : Roland-Garros.
Finaliste l’an passé, battu au terme d’un immense combat de 5h29 contre Carlos Alcaraz, il retrouve Philippe-Chatrier avec beaucoup d’émotion : « J’ai repensé à ce qu’il s’est passé l’an dernier. Mais ce sont surtout des souvenirs positifs. »
Le n°1 mondial sait néanmoins qu’un Grand Chelem reste une toute autre histoire, même pour un joueur en pleine domination : « En cinq sets, les matchs sont différents. Même si vous commencez mal, vous avez plus de temps pour trouver des solutions. »