« Il peut encore gagner un Grand Chelem » : Daniil Medvedev soutient Stefanos Tsitsipas

Après son succès autoritaire contre Marin Cilic au premier tour de Wimbledon, Daniil Medvedev est revenu sur son adaptation au gazon, son analyse du jeu sur cette surface, Stefanos Tsitsipas et l’affaire Marketa Vondrousova.
Daniil Medvedev s'est exprimé après le premier tour de Wimbledon (Rene Nijhuis/MB Media/Getty Images) Daniil Medvedev s'est exprimé après le premier tour de Wimbledon (Rene Nijhuis/MB Media/Getty Images)
Daniil Medvedev s'est exprimé après le premier tour de Wimbledon (Rene Nijhuis/MB Media/Getty Images)

Très solide pour son entrée en lice à Wimbledon, Daniil Medvedev n’a laissé aucune chance à Marin Cilic. Vainqueur 6-1, 6-2, 6-4 du finaliste de l’édition 2017, le n°9 mondial a ensuite livré une longue analyse de son jeu sur gazon, une surface qu’il continue pourtant de considérer comme la plus difficile à apprivoiser.

« Je déteste changer de surface »

Même après de nombreuses années sur le circuit, Medvedev ne cache pas que la transition entre Roland-Garros et Wimbledon reste l’une des périodes les plus compliquées de la saison : « Pour être honnête, je déteste changer de surface. »

Le Russe explique d’ailleurs pourquoi il dispute presque toujours un tournoi préparatoire avant Wimbledon : « C’est pour cette raison que j’essaie toujours de jouer un premier tournoi sur gazon. Je sais que ce premier tournoi est très difficile pour moi et que j’ai besoin de temps pour m’adapter. En général, je joue beaucoup mieux lors du deuxième tournoi ou directement à Wimbledon. »

Selon lui, l’essentiel du travail est d’abord physique : « On travaille énormément sur le plan physique parce que les déplacements sont complètement différents et que les muscles sollicités ne sont pas les mêmes. Il faut être très prudent pour éviter les blessures. »

Pour Medvedev, il n’existe toutefois aucun raccourci : « Le premier jour sur gazon, on a l’impression qu’il est impossible de bien jouer au tennis deux semaines plus tard. Puis, jour après jour, on se sent de mieux en mieux. »

La clé reste simple : « Pour moi, tout repose sur la répétition. Plus on joue, plus on s’adapte. »

« Sur gazon, on peut très bien jouer… et perdre »

Le champion de l’US Open 2021 estime que le gazon possède une particularité qui le distingue de toutes les autres surfaces : « Le service est important partout, mais encore plus sur gazon. Quand on perd son engagement, on peut très vite perdre le set. »

Mais ce qui rend cette surface unique est ailleurs : « Sur gazon, on peut jouer un très bon match et perdre. »

Il développe sa réflexion : « Sur les autres surfaces, si vous êtes meilleur que votre adversaire dans la plupart des secteurs du jeu, vous avez de grandes chances de gagner. Sur gazon, un joueur peut être inférieur dans beaucoup de domaines, mais s’il sert très bien et qu’il emmène les sets au tie-break, il peut vous battre. »

« Je ne suis pas un grand glisseur »

Interrogé sur les déplacements, Medvedev reconnaît ne pas être l’un des meilleurs joueurs sur gazon dans ce domaine.

Le Russe cite même un exemple : « Quand je vois Jannik Sinner glisser, on a l’impression qu’il ne va jamais se blesser. »

À l’inverse, il sait que ce type de déplacement serait beaucoup plus risqué pour lui : « Si je glissais comme ça sur gazon, je pourrais peut-être le faire deux fois… mais je me blesserais à coup sûr. »

Il estime néanmoins avoir très bien bougé contre Cilic : « Aujourd’hui, j’ai vraiment bien bougé et je pense que cela m’a donné un avantage pendant le match. »

« Wimbledon est un endroit unique »

Double demi-finaliste du tournoi, Medvedev garde un attachement particulier au Grand Chelem londonien.

Il se souvient notamment de sa première participation chez les juniors : « C’était incroyable. J’avais perdu en qualifications à Roland-Garros puis j’avais intégré le tableau principal juniors ici. Découvrir Wimbledon pour la première fois était irréel. »

Même aujourd’hui, il apprécie toujours autant l’atmosphère très particulière des lieux : « J’aime le fait que le site reste fermé au public jusqu’au début du tournoi. C’est le seul Grand Chelem où les joueurs peuvent vraiment se promener tranquillement sur les courts. »

Sans oublier le décor : « Les fleurs, les jardins, le gazon parfaitement entretenu… tout est magnifique. »

« Tsitsipas peut encore gagner un Grand Chelem »

Invité à réagir aux changements opérés récemment par Stefanos Tsitsipas dans son équipe, Medvedev refuse de l’enterrer : « Une fois qu’on a atteint ce niveau, on a toujours cette capacité. »

Le Russe reste persuadé que son rival grec peut retrouver son meilleur tennis : « Je ne serais pas surpris que, dans deux semaines, dans un an ou dans cinq ans, il gagne un Grand Chelem ou retrouve les demi-finales. »

Selon lui, son talent est toujours intact : « Il possède un excellent service, un énorme coup droit, une très bonne volée… Je ne serais absolument pas surpris qu’il retrouve soudainement son meilleur niveau. »

Son regard sur l’affaire Vondrousova

Enfin, Medvedev a également été interrogé sur la suspension de quatre ans infligée à Markéta Vondroušová.

S’il refuse de commenter le fond du dossier, il rappelle la difficulté que représentent les contrôles antidopage : « Chaque affaire est différente. Elles doivent toutes être étudiées individuellement. »

Il conserve toutefois une position nuancée : « Je pense que si quelqu’un voulait vraiment se doper, il trouverait probablement un moyen. J’ai aussi le sentiment que beaucoup de joueurs sanctionnés n’ont pas forcément cherché à tricher. »

Sans connaître les détails du dossier Vondrousova, il comprend que certaines situations puissent être très stressantes : « Quand quelqu’un sonne chez vous pour un contrôle, c’est toujours un moment de stress. On vérifie l’heure de localisation, on se demande qui est derrière la porte… »

Avant de conclure : « Les contrôles antidopage ne sont jamais faciles à vivre. C’est tout ce que je peux dire. »

Après cette démonstration convaincante face à Marin Cilic, Daniil Medvedev retrouvera désormais le jeune Espagnol Daniel Mérida au deuxième tour, avec l’objectif de confirmer des sensations déjà très prometteuses sur le gazon londonien.

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