L’affaire Marketa Vondrousova continue de faire couler beaucoup d’encre. Suspendue jusqu’en juin 2030 après avoir refusé un contrôle antidopage effectué à son domicile en décembre 2025, l’ancienne championne de Wimbledon avait multiplié les prises de parole pour défendre sa version des faits.
Après un premier communiqué de l’ITIA puis une longue interview accordée au média tchèque iSport, le tribunal indépendant a finalement publié l’intégralité de sa décision. Un document de 58 pages qui apporte un éclairage inédit sur cette affaire et révèle plusieurs éléments jusqu’ici inconnus du grand public.
Le tribunal dévoile les premiers messages de Vondrousova
Parmi les nouveautés figure la publication d’échanges WhatsApp envoyés par Marketa Vondrousova quelques minutes après l’arrivée de la contrôleuse antidopage.
À 20h05, alors qu’une femme vient de sonner à son interphone, la Tchèque écrit à son compagnon Andrew Paulson : « Il y a une connasse du contrôle antidopage qui sonne chez moi ».
Quelques instants plus tard, après le départ de la contrôleuse, elle informe simplement son agent : « Elle est partie ».
Avant d’ajouter : « C’est complètement n’importe quoi ».
Ces messages, intégrés au dossier de la procédure, ont été utilisés par le tribunal pour reconstituer précisément le déroulement de la soirée du 3 décembre 2025.
Le tribunal estime qu’elle savait qu’il s’agissait bien d’un contrôle antidopage
Depuis plusieurs mois, Vondrousova explique avoir réagi sous le coup de la peur face à une inconnue venue sonner tard le soir à son domicile. Le tribunal ne remet pas en cause le fait qu’elle ait pu ressentir de l’anxiété. En revanche, il estime que les preuves démontrent qu’elle avait parfaitement compris qu’il s’agissait d’un contrôle antidopage.
Les juges s’appuient notamment sur ses messages privés, mais aussi sur sa publication Instagram mise en ligne quelques heures après les faits. Dans celle-ci, la Tchèque dénonçait déjà un contrôle réalisé en dehors de son créneau quotidien de localisation.
Pour le tribunal, cette publication montre que son principal désaccord concernait le fait d’être contrôlée en dehors de cette plage horaire, et non l’identité de la contrôleuse.
Une mauvaise compréhension des règles ?
Le jugement apporte également une précision importante. Selon les juges, Marketa Vondrousova aurait refusé le contrôle parce qu’elle était convaincue qu’un prélèvement ne pouvait avoir lieu que durant son créneau quotidien d’une heure communiqué à l’ITIA.
Or, le Code mondial antidopage autorise des contrôles inopinés à tout moment de la journée, en dehors de cette plage horaire, afin de préserver leur caractère imprévisible. Le tribunal conclut donc que la joueuse s’est trompée dans son interprétation du règlement.
Des erreurs de procédure bien reconnues mais jugées sans conséquence…
Le document confirme toutefois plusieurs éléments avancés depuis des mois par la Tchèque.
Le tribunal reconnaît notamment que la contrôleuse :
- n’a pas demandé à vérifier l’identité de Vondrousova avec un passeport ou une carte d’identité ;
- s’est contentée de la reconnaître grâce à des photos consultées sur Internet ;
- a utilisé un ancien formulaire de refus, sur lequel il était encore indiqué que la sanction maximale était de deux ans, alors que le règlement prévoyait déjà quatre ans.
Ces erreurs sont officiellement reconnues dans la décision. Pour autant, le tribunal considère qu’elles ne rendent pas le contrôle irrégulier. Selon lui, ces manquements n’étaient pas suffisamment graves pour justifier un refus de se soumettre au prélèvement.
🚨 VONDROUSOVA 🇨🇿 LIVRE SA VERSION COMPLÈTE DES FAITS APRÈS SA LOURDE SUSPENSION
Deux jours après sa suspension de quatre ans, Markéta Vondrousova a accordé une longue interview au média tchèque iSport. L’ancienne championne de Wimbledon y affirme que le public ne connaît «… pic.twitter.com/9s0L2WSbtf
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) June 24, 2026
Les expertises psychiatriques rejetées
Afin d’expliquer sa réaction, Vondrousova avait produit plusieurs expertises médicales faisant état d’une réaction aiguë au stress et d’un trouble anxieux généralisé. Le tribunal admet que la joueuse souffrait effectivement d’anxiété.
En revanche, il estime que les différents rapports médicaux ne démontrent pas que son état psychologique l’empêchait de comprendre la situation ou de fournir un échantillon.
Les juges concluent qu’elle était toujours en mesure de prendre une décision rationnelle au moment des faits et que ces éléments ne constituent pas une « justification convaincante » au sens du règlement antidopage.
Le contrôle négatif quelques jours plus tard ne change rien
Le jugement confirme également les déclarations de la Tchèque concernant la suite des événements. Dès le lendemain de l’incident, Marketa Vondrousova affirme avoir contacté l’agence antidopage tchèque afin de demander à être testée le plus rapidement possible.
Quelques jours plus tard, un nouveau contrôle officiel est effectivement réalisé et s’avère négatif. La joueuse rappelle également n’avoir jamais été contrôlée positive au cours de sa carrière.
Toutefois, le tribunal considère que ces éléments, bien qu’établis, ne peuvent effacer le refus initial. Le règlement prévoit en effet qu’un refus de contrôle est sanctionné de la même manière qu’un contrôle positif afin d’éviter qu’un sportif puisse échapper aux sanctions en refusant simplement un prélèvement.
Une suspension de quatre ans toujours contestée
Suspendue jusqu’au 21 juin 2030, Marketa Vondrousova continue de clamer son innocence et assure n’avoir jamais cherché à dissimuler une quelconque prise de produit interdit. Son avocat a confirmé étudier les motivations écrites du tribunal avant de décider d’un éventuel recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
En attendant, cette décision de 58 pages apporte un éclairage inédit sur l’une des affaires les plus marquantes de ces dernières années dans le tennis mondial, tout en laissant subsister de nombreuses interrogations sur l’équilibre entre l’efficacité des contrôles antidopage et la protection des droits des sportifs.