Roger Federer alerte sur les blessures et le calendrier : « Nous n’avons jamais été censés jouer 80 matchs par an »

À 45 ans, Roger Federer porte un regard particulièrement attentif sur les exigences physiques du tennis moderne. Interrogé sur les nombreuses blessures qui touchent le circuit et sur le calendrier, le Suisse estime que les joueurs doivent apprendre à protéger leur corps, quitte à renoncer à certains tournois.
Roger Federer a retrouvé l'US Open en 2026 (Darren Carroll/USTA via Getty Images) Roger Federer a retrouvé l'US Open en 2026 (Darren Carroll/USTA via Getty Images)
Roger Federer a retrouvé l'US Open en 2026 (Darren Carroll/USTA via Getty Images)

Le grand Roger Federer sait mieux que quiconque ce que représente une très longue carrière au plus haut niveau. Après avoir disputé plus de 1 500 matchs sur le circuit professionnel, le Suisse a lui-même dû composer avec les blessures, jusqu’à ce que ses problèmes au genou précipitent la fin de sa carrière.

À l’occasion de son retour à l’US Open pour une exhibition, l’ancien n°1 mondial a été interrogé sur la multiplication des blessures et les contraintes imposées aux joueurs par le calendrier.

Un sujet sur lequel Federer défend une idée centrale : un joueur doit aussi savoir s’arrêter avant que son corps ne l’y oblige.

Federer : « Il faut écouter son corps »

Pour le Suisse, les joueurs ne doivent pas se laisser entraîner dans une course permanente consistant à disputer le plus de tournois possible.

Son premier conseil est extrêmement clair : « Je pense qu’il faut écouter son corps. »

Une évidence en apparence, mais qui peut devenir beaucoup plus difficile à appliquer lorsqu’un joueur doit défendre des points, maintenir son classement ou respecter les obligations du circuit.

Federer considère justement qu’il faut parfois être capable de prendre une décision difficile à court terme pour préserver sa carrière : « Si votre corps vous dit que vous avez besoin de repos, alors vous devez prendre du repos. »

L’homme aux 20 titres du Grand Chelem insiste surtout sur la nécessité de ne pas raisonner uniquement à l’échelle de quelques semaines.

Une carrière peut durer quinze ou vingt ans. Et pour Federer, cette perspective doit peser dans les décisions prises par les joueurs : « Vous devez penser à votre carrière sur le long terme. Vous ne pouvez pas seulement penser au prochain tournoi, au prochain mois ou aux prochains six mois. »

Le Suisse estime ainsi que vouloir absolument tout jouer peut finir par se retourner contre un joueur : « Il faut parfois être capable de dire : “Je ne vais pas jouer ce tournoi parce que j’ai besoin de récupérer.” »

Un raisonnement que Federer a lui-même progressivement adopté au fil de sa carrière, notamment lorsqu’il a commencé à construire son calendrier autour des événements qu’il considérait comme prioritaires.

Federer insiste sur l’importance de bien construire son calendrier

Pour l’ancien n°1 mondial, la gestion d’une saison ne doit donc pas uniquement consister à regarder quels tournois sont disponibles.

Le calendrier doit être pensé en fonction du joueur lui-même : « Il faut construire le calendrier qui fonctionne pour vous. »

Federer rappelle que tous les joueurs sont différents. Certains peuvent enchaîner davantage de semaines, quand d’autres ont besoin de périodes de récupération plus importantes. Et cette gestion ne concerne pas seulement les blessures. La fatigue mentale occupe également une place majeure dans la réflexion du Suisse.

Au-delà de l’usure physique, Federer met ainsi en avant un autre danger : l’épuisement mental provoqué par l’enchaînement permanent des voyages, entraînements et compétitions.

Le circuit laisse très peu de véritables coupures aux joueurs. Entre la préparation physique, les tournois et les déplacements internationaux, une saison dépasse largement les seules semaines passées en compétition.

Pour Federer, il est donc essentiel de conserver des périodes permettant de sortir du tennis : « Il faut aussi avoir du temps loin du tennis. »

Cette capacité à couper peut, selon lui, avoir une influence directe sur la longévité d’une carrière : « Vous voulez rester frais mentalement. Vous ne voulez pas arriver au point où vous êtes complètement épuisé. »

« Nous n’avons jamais été censés jouer 80 matchs par an »

Federer relativise également l’idée selon laquelle un joueur devrait nécessairement disputer un nombre considérable de rencontres chaque saison : « Nous n’avons jamais été censés jouer 80 matchs par an. »

L’objectif ne doit donc pas être d’accumuler les rencontres coûte que coûte, mais de trouver un équilibre permettant d’être performant lors des périodes les plus importantes.

Le Suisse estime surtout qu’il appartient au joueur et à son équipe d’assumer leurs choix : « Vous devez prendre vos propres décisions. Vous avez une équipe autour de vous, vous devez discuter avec elle et trouver ce qui est le mieux pour vous. »

À travers son expérience, Federer défend finalement une gestion beaucoup plus individualisée d’une carrière.

Ne pas attendre qu’une blessure importante apparaisse. Accepter de manquer un tournoi lorsque cela devient nécessaire. Préserver des périodes sans tennis.

Et surtout ne pas laisser le classement ou le calendrier dicter l’intégralité des décisions : « À la fin, c’est votre corps et c’est votre carrière. »

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