Ben Shelton arrive à New York avec une confiance forcément renforcée par son magnifique parcours à Montréal. L’Américain y a remporté le deuxième Masters 1000 de sa carrière sans perdre le moindre set, affichant une régularité et une solidité mentale qui l’ont particulièrement satisfait.
« Ça faisait vraiment du bien. Pour moi, la régularité que j’ai montrée tout au long de la semaine, à quel point j’étais concentré mentalement et le fait de traverser le tournoi sans perdre un set… J’étais surtout très heureux du niveau de tennis que je produisais », a expliqué Shelton.
Le 9e mondial a également apprécié de pouvoir mettre en application le travail réalisé lors de sa préparation : « J’ai pu revoir certaines choses que je faisais, mettre en œuvre tellement d’aspects sur lesquels j’avais travaillé pendant ma période d’entraînement et être capable de les exécuter à un niveau aussi élevé pendant dix jours d’affilée, c’était vraiment une sensation incroyable ».
Mais après cette semaine parfaite au Canada, Shelton a été éliminé dès son premier match à Cincinnati. Une défaite qu’il ne souhaite pas laisser perturber sa préparation pour l’US Open, son tournoi préféré de la saison : « C’est quelque chose que j’ai appris et que j’ai amélioré au fil des années : être capable de trouver un équilibre entre les deux » a-t-il expliqué lorsqu’il a été interrogé sur la manière de gérer l’excitation avant un tournoi aussi important.
« L’US Open est mon tournoi préféré de l’année »
Ben Shelton nourrit forcément de grandes ambitions à New York, où il évoluera devant son public. L’Américain avait atteint les demi-finales de l’US Open en 2023, avant de connaître des éditions beaucoup plus frustrante, avec notamment des éliminations au troisième tour : « C’est un tournoi pour lequel j’ai beaucoup d’émotions. Je suis vraiment passionné à l’idée de jouer ici. C’est mon tournoi préféré de l’année », a-t-il déclaré.
Pour autant, Shelton refuse de se mettre une pression supplémentaire en pensant déjà aux derniers tours. Malgré l’absence de Jannik Sinner dans le tableau, il estime que la concurrence reste extrêmement relevée, avec notamment Carlos Alcaraz, Novak Djokovic, Alexander Zverev et plusieurs joueurs américains capables de réaliser un grand parcours : « Je suis concentré sur mon premier tour, mon premier match. Je ne pense pas trop loin. Je ne regarde pas le tableau, à part pour savoir qui je joue au premier tour », a expliqué l’Américain.
Il refuse également de minimiser le niveau du tableau en raison de certaines absences. « Je pense que ce serait irrespectueux de penser : ‘Il n’y a pas Sinner, donc c’est une énorme opportunité.’ Il y a des joueurs qui ont remporté des Grands Chelems cette année, comme Zverev, et évidemment Novak est dans le tableau. Il y a aussi des joueurs qui ont gagné de gros titres et qui sont en grande forme ».
Shelton veut rester dans le moment
Le récent vainqueur de Montréal insiste donc sur l’importance de rester dans le présent. Pour lui, la clé de son succès au Canada résidait justement dans sa capacité à accepter ce qu’il avait sur le jour et à ne pas chercher à en faire davantage : « Il faut savoir ce que l’on a et ce que l’on n’a pas le jour même. Il faut travailler avec soi-même de cette manière, sans essayer de forcer ou d’être quelqu’un que l’on n’est pas à ce moment-là », détaille-t-il.
Cette approche lui avait permis de rester particulièrement constant à Montréal : « Si je joue bien, je ne cherche pas toujours à en faire plus. J’essaie de rester à 80 % et d’être capable de résoudre les problèmes au fur et à mesure. Je pense que garder mon esprit dans le match pendant toute sa durée est vraiment, vraiment important ».
Une philosophie qu’il compte appliquer à New York, même si le défi sera encore plus important avec des matchs au meilleur des cinq sets et la nécessité d’enchaîner les rencontres.
« Une fois sur le court, il n’y a que moi et le joueur en face »
Enfin, Shelton a expliqué comment il utilise les souvenirs de ses précédentes performances à New York pour préparer le tournoi. Il ne souhaite pas les laisser perturber sa concentration pendant les matchs, mais considère qu’ils peuvent être utiles en amont : « Quand je suis sur le court, je ne sais pas si je pense à ce genre de choses. Parce que je pense que cela me sortirait du moment », reconnaît-il.
En revanche, avant le tournoi, il aime se rappeler les bons moments vécus à l’US Open et le niveau de tennis qu’il a déjà été capable de produire : « Je ne suis pas quelqu’un qui regarde constamment ses propres highlights, mais de temps en temps, je pense que c’est bien de revenir en arrière et de regarder certaines choses que vous avez accomplies dans un tournoi précis ».
Une fois la rencontre commencée, en revanche, tout disparaît : « Une fois que je suis sur le court, c’est simplement moi et le gars de l’autre côté du filet ».