Stefanos Tsitsipas attendait une victoire de cette ampleur depuis très longtemps. En dominant Arthur Fils au premier tour de l’US Open, le Grec a signé sa première victoire contre un membre du top 20 en Grand Chelem depuis l’Open d’Australie 2023.
Et il lui a fallu aller la chercher. Mené 6-4, 5-2 par un Fils qui restait sur un titre au Masters 1000 de Cincinnati, Tsitsipas est parvenu à complètement renverser la rencontre pour s’imposer en quatre manches.
Une victoire dont la portée dépasse largement une simple qualification pour le deuxième tour.
Tsitsipas : « C’est une victoire importante pour ma confiance »
Le Grec savait parfaitement à quoi s’attendre face à Arthur Fils : « C’était un match très exigeant psychologiquement. Je le savais dès le début. Il restait sur un très bon parcours à Cincinnati, donc je savais que j’affrontais un Arthur Fils en forme. »
Tsitsipas s’était donc préparé à souffrir : « Mon objectif dès le début du match était d’essayer de rester le plus longtemps possible sur le court. Mentalement, j’étais prêt pour une grosse bataille. »
Et après plusieurs mois particulièrement compliqués, sa capacité à répondre présent dans les moments difficiles lui procure une immense satisfaction : « Je suis extrêmement fier de moi et de la manière dont je me suis battu. Il y a eu beaucoup de moments difficiles aujourd’hui. »
Surtout, Tsitsipas estime ne plus avoir évolué de cette manière depuis longtemps : « Je n’avais pas joué comme ça depuis un moment. C’est rafraîchissant de me voir à nouveau combattre de cette manière. »
« Je n’ai pas battu de grands joueurs depuis longtemps »
La réaction du Grec après la balle de match témoignait de l’importance de cette victoire. Tsitsipas ne l’a d’ailleurs pas caché quelques minutes plus tard : « C’est très facile de manquer de confiance, surtout quand vous n’avez pas battu de grands joueurs depuis longtemps. C’est pour cela que je suis vraiment très heureux aujourd’hui. C’est une victoire importante pour ma confiance. »
Une phrase qui prend encore davantage de sens au regard de ses résultats récents en Grand Chelem. Cette victoire face au n°11 mondial est sa première contre un membre du top 20 dans un Majeur depuis l’Open d’Australie 2023.
Elle lui permet surtout de constater que le joueur capable de se battre pour les plus grands titres n’a peut-être pas disparu : « C’est l’un de ces moments sur lesquels vous pouvez vous retourner et vous dire : ‘Vous savez quoi ? J’ai toujours le niveau que je recherche, j’ai toujours les coups et la qualité est toujours là.’ »
Tsitsipas reconnaît avoir manqué de ce type de matchs ces derniers mois : « Je n’ai pas eu beaucoup de parcours profonds dans les tournois cette année, autant que je l’aurais souhaité. Donc des victoires comme celle-ci apportent énormément à mon développement personnel en tant que joueur. Elles donnent de la confiance et du sens à tous les sacrifices que j’ai faits. »
Mené 6-4, 5-2 : « Rien ne pouvait vraiment être pire »
Tout aurait pourtant pu se terminer beaucoup plus rapidement. Arthur Fils menait 6-4, 5-2 et semblait se diriger vers une victoire maîtrisée.
Que s’est alors dit Tsitsipas ? « À ce moment-là, rien ne pouvait vraiment être pire, pour être honnête. »
Pas de plan miraculeux pour autant. Le Grec assure avoir simplement tenté de rester dans le présent : « Ce serait mentir de dire que je m’attendais à obtenir le break. J’essayais simplement de jouer point après point et de ne pas trop penser à ce que pourrait être le résultat. »
Puis une ouverture est apparue : « J’ai commencé à prendre la balle plus tôt, à attaquer un peu plus. Il s’est retrouvé sur la défensive à plusieurs reprises et ce break a en quelque sorte changé toute la dynamique du match. »
À partir de là, la confiance est revenue : « Quand ce break est arrivé, je me suis dit : ‘J’ai toutes les raisons de croire que j’ai maintenant une chance.’ »
Cette victoire possède également une dimension particulière lorsqu’elle est comparée à la situation dans laquelle se trouvait Tsitsipas exactement un an plus tôt.
Après son élimination au précédent US Open, le Grec avait été particulièrement touché physiquement : « L’année dernière, je n’ai pas été capable de marcher correctement pendant deux jours après ma défaite. C’était quelque chose que je n’avais jamais vraiment vécu auparavant en tant que joueur. »
Une période qui avait fait naître de sérieux doutes : « Je me souviens avoir dit à mon équipe : ‘Je ne sais pas combien de temps cela va continuer.’ C’étaient des moments difficiles. Je suis resté fort, j’ai continué à y croire. Je savais au fond de moi que j’aurais à nouveau mon moment. Ce match m’avait fait énormément de mal, pas seulement mentalement mais également physiquement. J’ai eu beaucoup de doutes pendant plusieurs semaines après ça. »
Tsitsipas sur son changement d’équipe : « Il y avait beaucoup de chaos autour de moi »
Pour retrouver de la sérénité, Stefanos Tsitsipas a également décidé de profondément modifier son environnement au cours de l’été : « Personnellement, j’avais le sentiment d’en avoir besoin. J’avais besoin d’une voix différente. J’avais besoin de quelqu’un qui apporte un peu plus de calme dans mon univers tennistique. »
Le constat sur son ancien fonctionnement est particulièrement fort : « Il y avait beaucoup de chaos autour de moi et beaucoup de bruit. Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre et réaliser que je ne pouvais tout simplement plus gérer cela. »
Le Grec reconnaît également avoir parfois perdu le contrôle de lui-même dans cet environnement : « Je me suis aussi perdu plusieurs fois dans ce processus, avec un mauvais langage. Personnellement, je ne suis pas quelqu’un qui parle comme ça aux personnes qui me sont proches. J’ai clairement des regrets à ce sujet. »
Puis Tsitsipas livre une réflexion encore plus personnelle : « J’ai également compris que lorsque vous avez des personnes qui font parfois ressortir le pire de vous plutôt que votre meilleure version, ce sont des choses qu’il faut corriger. »
Son père Apostolos, qui a longtemps occupé une place centrale dans son équipe, est directement concerné par cette nouvelle organisation : « Même si j’aime la personne avec laquelle je travaillais, mon père, et que nous avons une relation incroyable en dehors du court de tennis, ce genre de dynamique ne sert plus autant mes objectifs. J’avais vraiment besoin de ce changement. »